America’s Cup : premier grand test à Cagliari pour La Roche-Posay Racing Team
La Roche-Posay Racing Team entre dans le vif du sujet
La 38e America’s Cup prend forme sur l’eau. Du 21 au 24 mai 2026, La Roche-Posay Racing Team participera à la Louis Vuitton 38th America’s Cup Preliminary Regatta Sardinia, organisée à Cagliari, en Sardaigne. Pour l’équipe française, ce rendez-vous marque la première confrontation officielle du cycle qui mènera les Challengers jusqu’à Naples en 2027. Cette régate préliminaire ne décidera pas du résultat final de l’America’s Cup, mais elle aura déjà une vraie valeur sportive. Sur le plan d’eau de la Baie des Anges, les équipes pourront se jauger, observer leurs adversaires et tester leurs automatismes en conditions réelles. Dans une compétition où chaque détail compte, ce premier rendez-vous donnera de précieuses indications sur le niveau de préparation de chacun.
Pour La Roche-Posay Racing Team, l’enjeu est clair : prendre ses marques, progresser au fil des courses et commencer à installer son collectif face aux autres équipes engagées dans la 38e America’s Cup. Quelques semaines après l’annonce de La Roche-Posay, marque du Groupe L’Oréal, comme Partenaire Titre, cette première sortie officielle aura aussi une forte portée médiatique pour le Challenger français.
Un format spectaculaire avec 8 AC40 au départ
À Cagliari, 8 AC40 seront réunis sur la ligne de départ. Ces monocoques à foils, capables de dépasser les 40 nœuds, sont utilisés comme bateaux de régate et d’entraînement dans le cycle de l’America’s Cup. Plus petits que les AC75, qui seront les bateaux de la compétition principale à Naples, ils restent des machines très exigeantes, pensées pour la vitesse, le vol et la précision. Le format monotype rend cette première confrontation particulièrement intéressante. Les bateaux étant identiques, la différence se fera moins sur la technologie que sur l’exécution : qualité du pilotage, précision des réglages, coordination entre les marins, choix tactiques et capacité à rester lucide dans des phases de course très rapides.
Le programme prévoit jusqu’à 8 courses en flotte, avant une finale en match race entre les 2 meilleures équipes. Chaque AC40 embarquera 4 marins, répartis entre 2 pilotes et 2 régleurs. Ce format court et intense devrait rapidement mettre en lumière les points forts et les marges de progression des différents équipages.
Un équipage renouvelé autour de Quentin Delapierre
Pour cette première régate, La Roche-Posay Racing Team alignera un équipage renouvelé, construit autour de profils très complémentaires. Quentin Delapierre, skipper et pilote de l’équipe, mènera le groupe. Déjà présent dans l’environnement de l’America’s Cup lors du précédent cycle, il connaît aussi l’exigence des bateaux volants grâce à son expérience sur le circuit SailGP. À ses côtés, Jason Saunders apportera son expérience au poste de régleur. Lui aussi engagé lors de la campagne française de 2024 et habitué du SailGP, il connaît les exigences de ces supports rapides, où la coordination entre les marins est aussi importante que la vitesse pure.
Diego Botín et Florian Trittel compléteront l’équipage. Tous deux champions olympiques, ils apportent leur culture du très haut niveau, leur exigence et leur capacité à s’adapter rapidement. Leur arrivée donne au collectif une dimension internationale et renforce le potentiel sportif de l’équipe française. La Roche-Posay Racing Team pourra également compter sur 2 athlètes de réserve : Enzo Balanger, pilote issu de l’Akademy K-Challenge et skipper de l’équipe française Youth en 2024, ainsi que Timothé Lapauw, régleur, titulaire sur SailGP et déjà engagé avec K-Challenge lors du précédent cycle. Leur présence illustre la continuité entre formation, transmission et très haut niveau au sein du projet français.
Avant Cagliari, l’équipe a mené 2 stages de préparation au printemps sous la direction de Philippe Presti, directeur sportif, et de Philippe Mourniac, entraîneur. Ces sessions ont permis de poser les bases du travail à bord et d’intégrer progressivement les nouveaux venus.
Pour Diego Botín et Florian Trittel, ces entraînements ont notamment marqué les premières navigations en AC40. La découverte du bateau ne se limite pas à la prise en main d’un support rapide. Il faut aussi comprendre ses réactions, apprendre à gérer les interfaces, trouver les bons repères de communication et construire des automatismes entre pilotes et régleurs. Le travail a porté sur les départs, les transitions, les manœuvres et la maîtrise du vol. Sur un AC40, tout se joue très vite. Une mauvaise coordination, une trajectoire légèrement imprécise ou un réglage tardif peuvent immédiatement faire perdre de la vitesse. Cette première régate permettra donc de voir comment le collectif réagit lorsque l’entraînement laisse place à la pression de la course.
Philippe Presti, directeur sportif de La Roche-Posay Racing Team, aborde ce rendez-vous avec ambition, mais aussi avec lucidité. L’équipe française arrive avec moins de jours de navigation que certains concurrents, mais avec un groupe talentueux, une bonne énergie et une marge de progression importante. L’objectif sera d’apprendre vite, de réduire les écarts et de montrer une capacité à saisir les bonnes opportunités en course.
Cagliari, un premier révélateur avant Naples 2027
Dans l’America’s Cup, les régates préliminaires ont toujours une place particulière. Elles ne livrent pas toutes les réponses, mais elles donnent une première lecture du niveau des équipes. Elles permettent aussi de repérer les équipages déjà solides, ceux qui doivent encore gagner en régularité et ceux capables de progresser rapidement au contact de la flotte.
À Cagliari, La Roche-Posay Racing Team devra composer avec une opposition relevée et un format qui laisse peu de temps pour corriger les erreurs. Les courses en flotte seront précieuses pour travailler les départs, les croisements, les trajectoires et la gestion du bateau dans le trafic. La finale en match race, réservée aux 2 meilleures équipes, offrira ensuite un exercice plus direct, dans l’esprit historique de l’America’s Cup. Ce rendez-vous s’annonce donc comme une étape importante dans la construction sportive du Challenger français. Le résultat aura son importance, mais les enseignements seront tout aussi précieux. Chaque manche permettra d’affiner les repères, de mieux comprendre le niveau de la concurrence et d’orienter le travail des prochains mois.