Vendée Articque : la route du cercle polaire est ouverte

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Les neuf IMOCA engagés dans la Vendée Arctique – Les Sables d'Olonne se sont élancés ce dimanche à 13h02. Dans un souffle de sud hésitant oscillant entre 4 et 7 nœuds, la flotte, très groupée, a quitté les Sables d'Olonne sans brutalité. Une mise en route presque paisible en apparence seulement. Car derrière ce départ en douceur se dessine déjà une épreuve dense et exigeante. Premières options tactiques à la sortie de baie, passages de transitions dès cette nuit, arrivée d'un front lundi matin puis remontée tonique vers les eaux irlandaises : les marins n'auront guère le temps de s'installer dans une routine. Quant à la suite, elle demeure largement ouverte. Si les prévisions convergent encore jusqu'au milieu de semaine, elles divergent ensuite fortement. Une incertitude à l'image de cette épreuve hors normes, qui conduira les marins jusqu'à la latitude du cercle polaire arctique.

Les neuf IMOCA engagés dans la Vendée Arctique – Les Sables d'Olonne se sont élancés ce dimanche à 13h02. Dans un souffle de sud hésitant oscillant entre 4 et 7 nœuds, la flotte, très groupée, a quitté les Sables d'Olonne sans brutalité. Une mise en route presque paisible en apparence seulement. Car derrière ce départ en douceur se dessine déjà une épreuve dense et exigeante. Premières options tactiques à la sortie de baie, passages de transitions dès cette nuit, arrivée d'un front lundi matin puis remontée tonique vers les eaux irlandaises : les marins n'auront guère le temps de s'installer dans une routine. Quant à la suite, elle demeure largement ouverte. Si les prévisions convergent encore jusqu'au milieu de semaine, elles divergent ensuite fortement. Une incertitude à l'image de cette épreuve hors normes, qui conduira les marins jusqu'à la latitude du cercle polaire arctique.

Une douceur trompeuse

Les voiles ont mis du temps à se remplir, les bateaux à trouver leur cadence. Pourtant, personne n'imagine une entrée en matière reposante. Dans ces faibles souffles, les différences se créent rarement sur un coup de génie stratégique. Elles naissent plus souvent d'une risée mieux exploitée, d'un placement plus juste ou d'une manœuvre réalisée au bon moment. « Il y a déjà deux routes qui se dessinent », a expliqué Corentin Horeau (MACSF) avant le départ. « Une plutôt au large, une autre plus près de la côte. C'est un peu du tricotage pour commencer. » Sous ses allures paisibles, cette première journée réclame déjà beaucoup d'attention. Les marins évoluent dans un flux instable tandis que la mer commence progressivement à se former. Dans ces conditions, la flotte ressemble parfois à un groupe de randonneurs devant une bifurcation mal indiquée : tout le monde regarde le même panneau, mais personne n'en lit exactement la même chose. Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner) préfère pour sa part rester pragmatique. « Hier encore, il y avait quelques trous de souris bien identifiés à exploiter. C’est moins vrai aujourd’hui. Sur l'eau, il faudra surtout faire avec ce qu'il y a. Faire avancer le bateau et aller chercher le vent quand il tourne. » Une philosophie qui pourrait bien résumer ce début de course : composer avec ce que propose la météo plutôt que chercher à lui imposer un scénario.

Une course qui hausse rapidement le ton

Le calme observé au départ ne devrait cependant être qu'une parenthèse. Dès demain matin, un premier front viendra redistribuer les cartes avant une montée en puissance progressive sur la route de la mer Celtique.
« Dès cette nuit, le vent va commencer à rentrer. Ensuite, les fichiers montrent les conditions les plus soutenues entre la Manche et l'Irlande. » La séquence s'annonce exigeante. Les changements de rythme devraient s'enchaîner, tout comme les manœuvres et les adaptations du plan de voilure. « Il va y avoir du travail », a résumé Nicolas d'Estais (Café Joyeux). « Jusqu'en Irlande, on ne va clairement pas s'ennuyer. » Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) en est convaincu lui aussi : l'absence de pression au départ ne signifie pas que les marins pourront souffler. « Entre les variations de vent et la houle qui va progressivement se mettre en place, trouver la bonne vitesse du bateau ne sera pas forcément évident. » La difficulté ne viendra pas uniquement de la météo. Dans cette première partie de parcours, les occasions de relâcher l'attention seront rares. « On traverse des zones où il y a énormément de trafic », a rappelé Manu Cousin (Coup de Pouce). « Des cargos, des pêcheurs, les autres IMOCA. Les temps de sommeil seront forcément très courts. » Et déjà, tous les regards se tournent vers l'ouest de l'Irlande, premier véritable juge de paix de cette édition 2026. « C'est probablement là que les choses vont commencer à se corser », a anticipé Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance). « On pourrait avoir entre 25 et 30 nœuds de vent et une mer bien formée. Ce ne sont pas des conditions exceptionnelles pour nos bateaux, mais elles demandent tout de même beaucoup d'attention. »

Là où les cartes se brouillent

Jusqu'à la remontée vers l'Irlande, les grandes lignes demeurent relativement lisibles. Les principaux modèles racontent encore une histoire assez proche. Au-delà, les certitudes commencent à s'effacer. « Les modèles sont très différents », a observé le navigateur britannique, récent vainqueur de la 1000 Race. « Ils changent tous les jours depuis une semaine. » Une situation presque inévitable à ces latitudes, où les dépressions se succèdent rapidement. Pour l'heure, les skippers préfèrent donc concentrer leur attention sur l'horizon immédiat. « Je pense qu’on est tous surtout focalisés sur ce qui se passe jusqu'à l'Irlande », a détaillé Corentin Horeau. « Les fichiers sont plutôt cohérents jusque-là. Après, il faudra reconstruire l'analyse au fur et à mesure, parce que là-haut, les scénarios évoluent vite. » Même constat chez Nicolas d'Estais : « À partir de mercredi, la météo est loin d'être figée. Beaucoup de choses peuvent encore changer. » C'est sans doute là que réside l'une des singularités de cette Vendée Arctique. Les neuf solitaires connaissent leur destination : le cercle polaire arctique et ses 66 degrés nord. En revanche, personne ne sait encore vraiment quel visage prendra la route pour y parvenir. Le départ s'est effectué dans la douceur. Le Grand Nord, lui, n'a pas encore dévoilé son jeu.

 

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.