Route du Rhum - Destination Guadeloupe : donner du sens à la performance !

A l’aveugle, Mieux, Lazare, Reforest’Action, Fondation Stargardt, Initiatives-Cœur, Médecins du Monde pour n’en citer qu’une petite poignée, les messages sont bien visibles sur les pontons des bassins Vauban et Duguay-Trouin. « Nous avons fait naviguer 120 personnes de l’association Lazare avant La Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Le fait d’emmener en mer des gens qui ont connu la rue et qui ont décidé de s’en sortir, c’est un projet gagné avant même d’avoir pris le départ » sourit Tanguy Le Turquais (Lazare) qui accueillait aujourd’hui une trentaine de « colocs » (anciens SDF) sur son IMOCA. Les skippers sont tous d’accord : ces 15 jours de village avant le grand départ le 6 novembre prochain sont d’une importance capitale pour partager avec le grand public, les sociétaires et les partenaires leur envie, quelque part, de bousculer le monde. De grandes causes qui font également écho au sein du gouvernement. Le Secrétaire d’Etat chargé de la Mer, Hervé Berville, a rencontré Mathieu Claveau (Prendre la mer, Agir pour la Forêt), skipper-ingénieur en Class40 qui fait de la gestion durable des forêts sont crédo. Fabrice Amedeo (Nexans – Arts et Fenêtres) a également échangé avec le représentant de l’Etat sur le capteur ADNe qu’il embarque pour mesurer l’impact du changement climatique sur la biodiversité marine.
Bateaux porte-drapeaux
Pionnier du modèle une cause-un bateau, Tanguy de Lamotte avait commencé à soutenir Mécénat Chirurgie Cardiaque en 2004 sur la Mini Transat. Initiatives Cœur commençait alors son voyage à travers les océans entre Route du Rhum et Vendée Globe pour sauver des enfants souffrant de malformations cardiaques (343 enfants sauvés depuis 2008) et perdure plus que jamais avec Samantha Davies depuis 2017 : « Le fait de courir pour une cause donne du sens à mon projet sportif. Nous sommes toujours là pour Mécénat Chirurgie Cardiaque ! Le bateau est nouveau mais pour le reste, rien ne change. Pour cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe, on se fixe l’objectif de sauver 20 enfants ». Le principe de fonds de dotation repose sur un groupement de partenaires soutenant une association commune dont le bateau porte le nom. Ainsi Lazare (Tanguy Le Turquais), LinkedOut (Thomas Ruyant), Médecins du Monde (Morgane Ursault-Poupon), Café Joyeux (Nicolas d’Estais), Solidaires En Peloton – ARSEP (Thibaut Vauchel-Camus), Les P’tits Doudous (Armel Tripon), Mieux (Arthur Le Vaillant), We Explore (Roland Jourdain) entre autres sont autant d’associations et de fondations mises en avant sur les plus grandes courses au large. Les skippers y sont attachés plus que jamais et s’investissent totalement même une fois rentrés à terre. « Je fais partie de ceux qui ont la chance de vivre une passion, mieux, j’ai l’opportunité de pouvoir la partager et de dédier toute l’énergie nécessaire pour des personnes qui n’en ont pas les moyens. Naviguer « utile » est une chance de pouvoir exprimer l’admiration que je porte aux malades dans leur combat de tous les jours » exprime avec force Thibaut Vauchel-Camus. Quant à la navigatrice et députée européenne Catherine Chabaud, elle reprend la mer pour afficher son amour pour l’océan à bord de Formative ESI Business School pour Ocean As Common. Maxime Sorel (V and B – Monbana – Mayenne), et son équipe, ont fait le choix d’habiller leur nouvel IMOCA du souffle du dragon, pour soutenir l’association Vaincre la mucoviscidose. Une décoration que personne ne pourra ignorer au moment départ de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe…
La voile, sport d’inclusion
Dans le sillage de Damien Seguin (Groupe Apicil) porteur d’un message d’espoir, trois autres skippers embarquent sur La Route du Rhum – Destination Guadeloupe malgré leur handicap : le Chinois Jingkun Xu (China Dream-Haikou) en IMOCA, Pierre-Louis Attwell (Vogue avec un Crohn) en Class40 et Fabrice Payen (Ille-et-Vilaine Cap vers l’Inclusion) en Rhum Multi. « En 2010, j’étais le premier skipper avec un handicap à participer à La Route du Rhum. Douze ans après, nous sommes quatre sur la ligne de départ. Je discute souvent avec eux. J’ai ouvert une porte, j’ai essayé de mettre le pied dedans pour ne pas qu’elle se referme. C’est sympa de voir d’autres marins prendre le même chemin » souligne le skipper de Groupe Apicil.