Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2026 : bulletin météo du dimanche 8 novembre

Cyril Wuest
Par Cyril Wuest
Carte de la course Route du Rhum Destination Guadeloupe

Ce dimanche 8 novembre, la Route du Rhum tient son premier vainqueur : Tom Laperche s’impose à Pointe-à-Pitre après une traversée record. Derrière, plusieurs catégories restent très disputées. Chez les Class40, les faibles écarts et la succession de vents forts puis de zones de calme promettent une course particulièrement indécise sur la route de la Guadeloupe.

En bref

• Tom Laperche remporte la course en Ultim en 6 jours, 13 heures, 27 minutes et 40 secondes, améliorant le record de plus de six heures.
• Benoît Sineau a été récupéré sain et sauf par Jules Bonnier après le déclenchement de sa balise de détresse.
• Les poursuivants se rapprochent en Ocean Fifty, tandis que Sam Goodchild et Boris Herrmann se tiennent en moins de six milles en IMOCA.
• En Class40, Guillaume Pirouelle ne compte que 3,7 milles d’avance sur Achille Nebout.
• Après une amélioration dimanche, une grande partie des Class40 pourrait retrouver un front orageux actif lundi, avant de nouveaux vents faibles.

Retrouvez toute l’actualité de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe dans notre dossier spécial.

 

Situation météo ce dimanche 8 novembre
Situation météo ce dimanche 8 novembre

Classement et dernières infos

Tom Laperche a transformé sa traversée maîtrisée en victoire record. Le skipper de SVR-Lazartigue a franchi la ligne à Pointe-à-Pitre dimanche à 3 h 31, heure de Paris, après avoir conservé les commandes depuis le cap Fréhel. Son temps officiel de 6 jours, 13 heures, 27 minutes et 40 secondes améliore de plus de six heures la référence établie en 2022 par Charles Caudrelier. Au pointage de 7 h, Thomas Coville et Louis Burton restaient respectivement à 165 et 228 milles de l’arrivée.

La nuit a aussi apporté un soulagement : Benoît Sineau, skipper d’Ekinox-Rhétores, a été récupéré sain et sauf par Jules Bonnier à bord de Plastic Odyssey après le déclenchement de sa balise de détresse.

En Ocean Fifty, Basile Bourgnon conserve la tête, mais Pierre Quiroga et Thibaut Vauchel-Camus reviennent à une cinquantaine de milles, séparés de seulement cinq dixièmes. En IMOCA, Corentin Horeau mène sur MACSF ; Sam Goodchild et Boris Herrmann se tiennent en moins de six milles.

En Class40, Guillaume Pirouelle précède Achille Nebout de 3,7 milles et Robin Follin de 8,1 milles. En Vintage, Damien Seguin mène les multicoques devant Éric Péron ; Kieran Le Borgne domine les monocoques devant Patrick Isoard et Tanguy Caradec. Avec de tels écarts, les prochaines transitions météo pourraient peser lourd.

 

Dimanche 8 novembre : amélioration progressive, mais des situations très différentes en Class40

Après la victoire de Tom Laperche, les derniers Ultim rejoindront progressivement l’archipel antillais en s’extirpant de la dépression tropicale. Le vent passera du nord-ouest à l’ouest, puis au sud-ouest, tout en faiblissant. L’approche restera toutefois instable, avec un risque orageux persistant : les derniers milles demanderont encore de l’attention.

Les Ocean Fifty et les premiers IMOCA traverseront cette dépression dans une mer progressivement moins forte que samedi. Les vagues diminueront d’environ 3,5 à 2,5 mètres, mais les conditions de vent varieront sensiblement selon le parcours des bateaux. À l’avant du système, les skippers resteront exposés à des vents soutenus, des rafales dépassant 30 nœuds, de fortes pluies et des grains orageux. En fin de journée, ils devraient retrouver un vent d’ouest-nord-ouest à la sortie de la dépression, sur leur route vers la Guadeloupe.

Chez les Class40, la flotte étalée rencontrera trois ambiances bien distinctes. Les premiers buteront sur une dorsale anticyclonique, une zone de hautes pressions où le vent faiblit et change progressivement de direction. Avec une dizaine de nœuds de vent et des vagues s’atténuant vers 2 à 2,5 mètres, l’enjeu sera de conserver suffisamment de vitesse pour franchir cette transition sans trop ralentir. Dans cette bataille serrée, la manière de négocier les changements de vent pourrait faire évoluer les écarts.

Au milieu de la flotte, l’amélioration se confirmera également au fil de la journée. Le vent de nord-nord-ouest faiblira entre 10 et 20 nœuds avant de passer à l’est. La mer s’apaisera progressivement, avec des vagues passant de 3 mètres en matinée à environ 2 mètres dans l’après-midi.

L’arrière du peloton restera, en revanche, exposé au vent de nord-ouest associé à la dépression des Açores. Le passage le plus soutenu est attendu en matinée et jusqu’en début d’après-midi : 25 à 35 nœuds de vent moyen, des rafales de 35 à 45 nœuds et des vagues de 3 à 4 mètres. Préserver le bateau restera donc une priorité pour ces concurrents.

L’amélioration se dessinera en fin d’après-midi et s’accentuera en soirée, à mesure que la dépression s’éloignera vers la péninsule Ibérique. Le vent faiblira entre 15 et 25 nœuds et les vagues reviendront progressivement autour de 3 mètres. Ce dimanche marquera ainsi une sortie graduelle du gros temps, sans que toute la flotte en bénéficie au même moment.

 

Lundi 9 novembre : un répit de courte durée pour une grande partie des Class40

Les Ocean Fifty et les premiers IMOCA devraient sortir de l’influence de la dépression tropicale. Ils retrouveront des vents faibles vers l’arc antillais, malgré une timide reprise des alizés à proximité de la Guadeloupe. Le risque orageux persistera et les variations du vent imposeront de rester concentré jusqu’à l’arrivée.

Quelques centaines de milles derrière, les poursuivants resteront encore sous l’influence de la dépression, qui commencera à s’éloigner vers l’est. Ils évolueront dans un vent d’ouest-nord-ouest, avec une atmosphère instable, des grains orageux et un risque de fortes rafales soudaines.

Pour une grande partie des Class40, l’accalmie de la dorsale pourrait être brève. Après avoir quitté l’influence de la dépression des Açores, ces bateaux pourraient être rattrapés par le front orageux actif associé à la dépression tropicale. De fortes pluies et des rafales de 30 à 40 nœuds sont envisagées dans un vent d’est-nord-est, avec des vagues de 2 à 3 mètres venant de l’est.

Les skippers devront donc enchaîner des situations très différentes : chercher de la vitesse dans les vents faibles, puis adapter leur navigation au retour de conditions plus musclées. Cette succession concentrera une bonne partie du suspense chez les Class40, où les premiers restent très proches. Leurs choix de course pèseront sur leur progression, tout en devant tenir compte de la préservation des bateaux.

À l’arrière, les concurrents devraient rester davantage dans la dorsale anticyclonique. Ils seraient ainsi moins exposés à cette nouvelle dégradation, mais au prix d’une progression ralentie par des vents faibles et irréguliers. La flotte pourrait donc continuer à évoluer à des rythmes très différents.

 

Mardi 10 novembre : le retour des alizés près de la Guadeloupe, de nouveaux ralentissements au large

Les Ocean Fifty et les premiers IMOCA devraient arriver vers la Guadeloupe alors que les vents d’est, les alizés habituels de ces régions, se reconstitueront progressivement. Cette reprise serait surtout sensible par le sud de l’arc antillais. Plus au nord, une zone de vents très faibles pourrait encore freiner les bateaux, avec un risque orageux toujours présent. Les conditions d’approche resteront donc contrastées selon leur position.

La dépression tropicale devrait, de son côté, s’éloigner rapidement vers l’est, en direction du Cap-Vert. Dans son sillage, une grande partie des IMOCA encore au large et les premiers Class40 pourraient profiter d’un vent de nord-nord-est sur le flanc est de la dorsale anticyclonique.

Mais cette possibilité de progresser avec davantage de vent pourrait être temporaire. Après les conditions soutenues liées au passage de la dépression, les premiers Class40 devront composer avec une dorsale bien installée. Le vent pourrait alors retomber autour de 5 à 10 nœuds, tandis que les vagues, encore proches de 2 mètres, s’atténueraient progressivement vers 1,5 mètre. La difficulté changera de nature : après avoir contenu la puissance du vent et de la mer, il faudra réussir à avancer dans peu d’air.

Plus en arrière, les marins conserveront encore du vent de nord entre la dorsale et la dépression, avant un affaiblissement attendu dès la fin de journée.

C’est cette alternance entre vents soutenus et ralentissements qui rend la suite particulièrement ouverte en Class40. Franchir les zones de transition, profiter du vent encore disponible et préserver son bateau : les choix des prochains jours pourraient redistribuer les places bien avant l’approche de la Guadeloupe.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.