Route du Rhum - Destination Guadeloupe : Tom Laperche aux portes de la victoire, une arrivée attendue cette nuit en Guadeloupe

© Gauthier Lebec
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme
Carte de la course Route du Rhum Destination Guadeloupe

Après une traversée de l’Atlantique menée de main de maître, Tom Laperche touche au but. Le skipper de SVR-Lazartigue est attendu en fin de journée, heure locale, sur la ligne d’arrivée de la Route du Rhum à Pointe-à-Pitre. Mais avant de savourer une première victoire, le navigateur devra négocier le délicat tour de la Guadeloupe. Pendant ce temps, les Class40 affrontent des conditions particulièrement éprouvantes au large des Açores.

Tom Laperche à quelques heures d'une première victoire

Le dénouement approche pour Tom Laperche. Après avoir dominé la course depuis le cap Fréhel, le skipper de SVR-Lazartigue devrait franchir la ligne d’arrivée de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe dans la nuit de samedi à dimanche, heure de Paris. Une victoire qui aurait une saveur particulière pour le navigateur, engagé pour la première fois dans cette transatlantique en solitaire.

Mais à quelques milles du bonheur, pas question de relâcher la vigilance. Le tour de la Guadeloupe, ultime difficulté du parcours, peut encore réserver de mauvaises surprises. Entre les variations de vent au voisinage des côtes, les manœuvres délicates et les zones de pêche, la moindre erreur pourrait coûter cher. « On n’est pas là pour faire des bêtises ! », rappelait Tom Laperche lors de sa dernière vacation, expliquant surveiller attentivement les virements de bord à venir, les effets du relief sur le vent et les trajectoires à adopter pour franchir les dernières marques du parcours.

Conscient des risques, il a également pris soin de se reposer durant sa dernière nuit en mer. Sur un maxi-trimaran lancé à grande vitesse, la lucidité reste indispensable pour enchaîner les manœuvres avec précision. Avec une avance confortable sur ses poursuivants, Tom Laperche ne semble plus menacé sur le plan sportif, mais doit encore boucler les derniers milles sans incident. Un autre enjeu pourrait accompagner son arrivée : le record de l’épreuve, détenu par Charles Caudrelier en 6 jours et 19 heures, demeure en ligne de mire.

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Derrière SVR-Lazartigue, les positions se consolident

Si tous les regards se tournent vers la Guadeloupe, la bataille se poursuit dans les autres catégories. Chez les Ultim, Thomas Coville, à bord de Sodebo Ultim 3, occupe la deuxième place et conserve une trentaine de milles d’avance sur Louis Burton, troisième sur Armand Thiery. Un écart encore relativement serré à l’échelle de ces géants des mers, même si les deux navigateurs ne semblent plus en mesure d’inquiéter Tom Laperche.

Dans les autres flottes, plusieurs skippers continuent d’imposer leur rythme. Basile Bourgnon, sur Edenred, mène les Ocean Fifty, tandis que Corentin Horeau, à bord de MACSF, domine les IMOCA. Damien Seguin, sur Arkéa Handicap International, conserve également la tête de sa catégorie. Chez les Vintage Mono, Kieran Le Borgne (Armor Lux – Le Finistère Assurance) accentue son avance devant Tanguy Caradec (Eurvad) et Sidney Gavignet (Le Cigare Rouge).


Class40 : une bataille épuisante au cœur de la dépression

À plusieurs milliers de kilomètres de l’arrivée, l’ambiance est radicalement différente pour les Class40. Une dépression particulièrement tenace, installée au nord des Açores, malmène une grande partie de la flotte et impose aux solitaires un véritable combat contre les éléments. Au classement de 15 heures, Achille Nebout (Amarris) a repris les commandes avec seulement une dizaine de milles d’avance sur Guillaume Pirouelle (Sogestran – Seafrigo), un écart infime dans des conditions aussi instables.

Les témoignages des navigateurs donnent la mesure de leur fatigue. Guillaume Pirouelle décrit des nuits presque sans sommeil, interrompues par les chocs incessants du bateau dans les vagues. Axel Tréhin (Exalt), lui, cherche avant tout à préserver son monocoque dans une mer devenue difficilement maîtrisable. « C’est très instable avec des claques à plus de 40 nœuds, des grains et il y a cette peur qu’à chaque bas de vague, quelque chose casse », raconte Achille Nebout, qui évoque des conditions particulièrement usantes.

Pour Corentin Douguet (SNSM, Faites un don !), les ennuis techniques s’ajoutent aux difficultés météorologiques. Après une surchauffe du moteur et des dommages sur son J2, le skipper reconnaît avoir brièvement envisagé de rejoindre les Açores, avant de retrouver sa détermination : « Mais on n’abandonne pas une Route du Rhum pour si peu. » La flotte est désormais nettement divisée entre les concurrents qui ont privilégié une route plus au sud et ceux qui affrontent les conditions les plus difficiles au nord. Dans cette situation, préserver le matériel devient aussi important que gagner quelques milles.
 

Une météo inhabituelle qui bouleverse les stratégies

Cette édition de la Route du Rhum restera également marquée par des conditions météorologiques atypiques. Francis Le Goff, directeur de course, souligne le caractère inhabituel de la traversée. Les concurrents ont quitté Saint-Malo sous l’influence d’un anticyclone, avec deux premières journées au portant, une situation peu commune au départ de Bretagne Nord. Autre particularité majeure : l’absence d’alizés bien établis sur les routes habituelles vers les Antilles. Certains navigateurs ont dû remonter vers les côtes américaines et composer avec des trajectoires très éloignées des schémas classiques.

À l’approche des Caraïbes, les difficultés ne disparaissent pas pour autant. Anne-Claire Le Berre (Up Wind By MerConcept), engagée en Ocean Fifty, doit notamment composer avec une dépression tropicale susceptible de perturber sa route. Faut-il rallonger la trajectoire pour éviter les vents les plus violents ou tenter un passage plus direct ? Le choix est loin d’être évident et pourrait peser lourd sur la suite de sa course.

En IMOCA, Manu Cousin (Coup de Pouce) a, de son côté, affronté des rafales atteignant 47 nœuds près des Açores. Dans une mer très dure, il a préféré réduire fortement sa voilure et ralentir pour préserver son bateau. Ces situations illustrent toute la complexité de cette édition : entre vents contraires, dépressions successives et absence d’alizés réguliers, les skippers doivent constamment adapter leur stratégie, parfois au détriment de la vitesse, pour espérer rejoindre la Guadeloupe sans avarie.


Une nuit décisive pour la Route du Rhum

Alors que Tom Laperche s’apprête à conclure une traversée remarquable, la Route du Rhum est encore loin d’avoir livré tous ses verdicts. Pour le skipper de SVR-Lazartigue, les prochaines heures pourraient marquer l’aboutissement d’une première participation exceptionnelle. Une victoire à Pointe-à-Pitre viendrait récompenser une course maîtrisée, aussi bien dans les choix stratégiques que dans la gestion du bateau.

Mais derrière lui, l’Atlantique continue de mettre les autres solitaires à rude épreuve. Pour les Class40 notamment, l’arrivée en Guadeloupe semble encore bien lointaine, alors que les navigateurs doivent composer avec une météo éprouvante et une fatigue grandissante. Deux réalités d’une même course se dessinent ainsi : la perspective d’un triomphe dans les Caraïbes et, au large des Açores, des marins toujours engagés dans une difficile bataille contre les éléments.


Fronts, dépressions, anticyclone des Açores ou alizés : chaque système météo peut bouleverser la hiérarchie. Tout au long de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, les experts de METEO CONSULT analysent les conditions rencontrées par les skippers et expliquent les stratégies qui se dessinent sur l’Atlantique.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.