Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2026 : en IMOCA, une nouvelle génération de skippers prête à bousculer les favoris
Ils sont les bateaux du Vendée Globe, ces monocoques de 60 pieds capables de traverser les océans à des vitesses impressionnantes. Sur la Route du Rhum, les IMOCA occupent une place à part. Plus petits que les gigantesques trimarans Ultim, mais tout aussi fascinants par leur technologie et leurs performances, ils offrent régulièrement des affrontements particulièrement serrés. Pour l’édition 2026, 22 IMOCA sont attendus sur la ligne de départ. Un plateau où se côtoient des navigateurs habitués aux grandes courses au large, des figures montantes et plusieurs skippers internationaux. Avec des bateaux de générations différentes et un niveau de concurrence particulièrement élevé, difficile de désigner un vainqueur avant même le coup de canon.
Retrouvez toute l’actualité de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe dans notre dossier spécial, ainsi que notre analyse météo quotidienne avec METEO CONSULT Marine.
Deux noms reviennent régulièrement lorsqu’il s’agit d’évoquer les principaux prétendants à la victoire : Sam Goodchild et Jérémie Beyou. Tous deux disposent de solides arguments pour espérer rejoindre le palmarès de la Route du Rhum dans la catégorie IMOCA. À bord de MACIF Santé Prévoyance, Sam Goodchild s’est imposé comme l’un des marins les plus performants du circuit. Vainqueur de la Course des Caps en 2025 et de la 1000 Race, le navigateur franco-britannique a également décroché une deuxième place sur la Vendée Arctique. Sa régularité et sa capacité à maintenir un rythme élevé sur les grandes courses font de lui un sérieux candidat à la victoire. En septembre, il a encore confirmé sa forme en remportant les 48 heures du Défi Azimut.
Face à lui, Jérémie Beyou compte bien faire parler son expérience. Le skipper de Charal, triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, connaît parfaitement les exigences de la navigation en solitaire. Après sa victoire sur la Transat Café L'Or en 2025, son équipe a entrepris d'importantes modifications sur son IMOCA, notamment au niveau de la carène, afin d'en améliorer les performances.
Mais la hiérarchie pourrait rapidement être bousculée. Sur une transatlantique aussi intense que la Route du Rhum, la moindre erreur de trajectoire, un problème technique ou un changement de conditions météorologiques peuvent suffire à faire perdre plusieurs places.
Derrière les favoris, une nouvelle génération de navigateurs entend bien se mêler à la lutte pour les premières places. Parmi eux, l'Italien Ambrogio Beccaria apparaît comme l'un des concurrents les plus dangereux.
Deuxième de la Route du Rhum 2022 en Class40, il revient cette fois à bord d'Allagrande Mapei, un IMOCA précédemment mené par Thomas Ruyant. Depuis son arrivée dans la classe en 2025, le navigateur italien a rapidement trouvé ses marques. Sa victoire sur la Vendée Arctique, suivie d'une deuxième place aux 48 heures du Défi Azimut, confirme qu'il possède les moyens de rivaliser avec les meilleurs.
La relève française sera également particulièrement attendue. À seulement 25 ans, Violette Dorange poursuit son ascension dans la course au large. Après avoir marqué les esprits lors du Vendée Globe 2024-2025, la navigatrice prendra le départ de la Route du Rhum à bord d'Initiatives-Cœur. Sa troisième place sur la Vendée Arctique a montré qu'elle pouvait désormais viser bien davantage qu'une simple participation.
Élodie Bonafous, à bord d'Association Petits Princes – Quéguiner, fait elle aussi partie des navigatrices à surveiller. Quatrième de la Vendée Arctique, elle dispose d'un bateau compétitif et d'une expérience qui ne cesse de s'enrichir. Dans une classe longtemps dominée par des figures masculines, ces nouvelles concurrentes participent à une évolution importante du circuit.
Corentin Horeau, engagé sur MACSF, l'ancien IMOCA de Yoann Richomme, pourrait également créer la surprise. Tout comme Francesca Clapcich, à bord de 11th Hour Racing. La navigatrice italo-américaine, deuxième de la Transat Café L'Or 2025, occupe d'ailleurs la tête du championnat IMOCA Globe Series à l'approche du départ.
La Route du Rhum 2026 ne sera pas seulement une confrontation entre navigateurs. Elle permettra aussi d'observer les progrès réalisés par les architectes et les équipes techniques sur les monocoques de dernière génération. Parmi les nouveautés les plus attendues figure le bateau de Sébastien Simon. Troisième du dernier Vendée Globe, le skipper vendéen prendra le départ à bord de Groupe Dubreuil – Air Caraïbes, un nouvel IMOCA dessiné par l'architecte Guillaume Verdier et construit par le chantier britannique Carrington Boats. Mis à l'eau durant l'été 2026, ce monocoque a été conçu pour répondre aux exigences de la navigation en solitaire, tout en recherchant des gains supplémentaires en vitesse et en fiabilité.
Car depuis plusieurs années, les IMOCA connaissent une véritable révolution technologique. L'apparition des foils, ces appendices qui permettent de soulever partiellement la coque au-dessus de l'eau, a profondément transformé les performances des bateaux. Désormais, les équipes ne cherchent plus seulement à atteindre des vitesses maximales, mais surtout à maintenir ces vitesses dans une grande variété de conditions.
L'objectif est notamment de permettre aux bateaux de décoller plus facilement et de prolonger leurs phases de vol, même lorsque le vent devient moins soutenu. Les architectes travaillent également sur la stabilité, la résistance des structures et l'ergonomie des espaces de vie. À bord, chaque déplacement du skipper représente une dépense d'énergie. Sur une course disputée en solitaire, où la fatigue peut rapidement devenir un adversaire supplémentaire, ces détails prennent toute leur importance.
Reste une inconnue : les bateaux les plus récents auront-ils eu suffisamment de temps pour être fiabilisés ? Sur la Route du Rhum, disposer du monocoque le plus moderne ne garantit pas nécessairement la victoire.
Si les regards se tournent naturellement vers les candidats au podium, la flotte IMOCA rassemble également des marins aux parcours très différents. Certains connaissent déjà parfaitement la Route du Rhum, à l'image de Fabrice Amedeo, Arnaud Boissières, Manuel Cousin ou Sébastien Marsset. Leur expérience de la course au large et de la navigation en solitaire pourrait constituer un avantage précieux, notamment si les conditions deviennent difficiles sur l'Atlantique.
Armel Tripon possède lui aussi une histoire particulière avec cette transatlantique. Quatrième en IMOCA en 2014, vainqueur en Multi50 en 2018, puis cinquième en 2022, le navigateur retrouve une épreuve sur laquelle il a déjà démontré sa polyvalence.
À leurs côtés, plusieurs concurrents découvriront la Route du Rhum à bord d'un IMOCA. Davy Beaudart, qui a repris l'ancien Bureau Vallée de Louis Burton, Pierre-Louis Attwell sur Resilient ou encore Nicolas d'Estais sur Café Joyeux aborderont cette traversée avec des ambitions et des moyens différents.
Tous ne disposeront pas de foilers de dernière génération. Certains navigueront sur des monocoques à dérives droites, moins rapides dans certaines conditions, mais qui peuvent se montrer fiables et particulièrement adaptés à des projets disposant de budgets plus modestes. Pour ces skippers, l'enjeu sera avant tout de tirer le meilleur parti de leur bateau et de réussir leur traversée.
Autre évolution marquante de cette édition 2026 : la présence grandissante des navigateurs étrangers aux avant-postes de la classe. Si la France conserve une place centrale dans le monde de la course au large, les équipes internationales s'affirment désormais comme de véritables candidates aux victoires. Francesca Clapcich, Sam Goodchild et Ambrogio Beccaria occupent ainsi les trois premières places du classement provisoire des IMOCA Globe Series à quelques jours du départ.
Cette ouverture internationale témoigne de l'attractivité croissante des monocoques de 60 pieds, dont les grandes courses attirent de nouveaux partenaires et des projets venus de différents pays.
La Route du Rhum constitue une occasion supplémentaire pour ces équipes de se mesurer aux références françaises de la discipline. Et cette concurrence accrue contribue à faire progresser l'ensemble de la flotte.
Pour mesurer les enjeux de cette édition, il suffit de regarder le palmarès de la Route du Rhum en IMOCA. Au fil des décennies, plusieurs figures majeures de la voile ont inscrit leur nom dans l'histoire de la transatlantique. Thomas Coville s'était imposé en 1998, avant qu'Ellen MacArthur ne remporte l'édition 2002. Roland Jourdain reste, à ce jour, le seul navigateur à avoir remporté deux fois la course dans cette catégorie, en 2006 et 2010. François Gabart lui a succédé en 2014, puis Paul Meilhat en 2018.
Cette dernière victoire avait été marquée par un incroyable retournement de situation. Alors qu'il semblait filer vers le succès, le Britannique Alex Thomson s'était échoué près des côtes guadeloupéennes, permettant à Paul Meilhat de s'emparer de la première place. En 2022, les foilers avaient définitivement pris le pouvoir. Thomas Ruyant s'était imposé devant Charlie Dalin et Jérémie Beyou, au terme d'une course particulièrement disputée. Les trois premiers avaient rejoint la Guadeloupe en l'espace de quelques heures.
Quatre ans plus tard, le tenant du titre ne pourra malheureusement pas défendre sa victoire. Malgré la mise à l'eau d'un nouvel IMOCA, Thomas Ruyant a annoncé en septembre 2026 son renoncement, faute d'avoir trouvé un partenaire lui permettant de s'aligner au départ dans de bonnes conditions.
Le dimanche 1er novembre, lorsque les IMOCA franchiront la ligne de départ au large de Saint-Malo, une nouvelle page de l'histoire de la classe s'ouvrira. Entre bateaux récemment mis à l'eau, favoris déterminés et nouveaux talents capables de rivaliser avec les navigateurs les plus expérimentés, les scénarios possibles sont nombreux. Sur les quelque 3 540 milles nautiques qui séparent Saint-Malo de Pointe-à-Pitre, les concurrents devront composer avec les systèmes météorologiques de l'Atlantique, les choix de trajectoire et les exigences physiques d'une traversée disputée à un rythme particulièrement élevé.
Une chose est certaine : avec une flotte aussi compétitive, la Route du Rhum 2026 pourrait bien offrir l'une des batailles les plus passionnantes de ces dernières années en IMOCA. Et pour connaître le nom du successeur de Thomas Ruyant, il faudra attendre les premiers arrivants en Guadeloupe.
Partenaire météo de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, METEO CONSULT met son expertise de la météo marine au service de la course. Ses prévisionnistes suivent l’évolution des conditions sur l’Atlantique pour accompagner les skippers, informer la direction de course et décrypter les grands enjeux météo de la traversée.



