Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2026 : chavirage, démâtage et avaries, une première journée mouvementée

© Loïc Venance / AFP
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme
Carte de la course Route du Rhum Destination Guadeloupe

À peine 24 heures après le départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2026, les premiers incidents se multiplient au sein de la flotte. Entre le chavirage de Francis Joyon, le démâtage de Quentin Le Nabour et les avaries qui contraignent plusieurs skippers à faire demi-tour, cette première journée de course a déjà été particulièrement éprouvante.

Francis Joyon chavire, Quentin Le Nabour perd son mât

La Route du Rhum 2026 n'aura pas tardé à rappeler toute son exigence. Après un départ dans des conditions relativement clémentes dimanche, le rythme s'est nettement accéléré pendant la nuit, mettant les bateaux et les organismes à rude épreuve. Ce lundi 2 novembre, les mauvaises nouvelles se sont succédé, avec plusieurs incidents majeurs qui viennent déjà bouleverser la course de certains concurrents.

L'incident le plus marquant de la journée concerne Francis Joyon. Le navigateur français a chaviré dans l'après-midi à bord de son trimaran ORMA Océans, engagé dans la catégorie Vintage Multi. Selon les premières informations communiquées par son équipe, le skipper n'est pas blessé. Une opération de secours a été déclenchée en coordination avec la direction de course, le CROSS de Jobourg et les autorités britanniques afin de lui porter assistance.

Quelques heures auparavant, c'est Quentin Le Nabour qui avait connu une sérieuse mésaventure. Alors qu'il figurait parmi les cinq premiers Class40, le skipper de Bleu Blanc Planète Location a subi un démâtage. Heureusement indemne, il a rapidement sécurisé son voilier avant de mettre le cap vers le port le plus proche. Un coup dur pour le navigateur, qui réalisait jusqu'alors un excellent début de course et se retrouvait aux avant-postes de sa catégorie.

Anthony Marchand contraint de mettre sa course entre parenthèses

Dans la catégorie Ultim, Anthony Marchand a lui aussi vécu une matinée particulièrement mouvementée. À 7 h 52, alors qu'il naviguait à environ 400 milles au large de la pointe bretonne, le skipper d'Actual Ultim 4 a rencontré une importante avarie sur son safran central. Un élément extérieur s'est accroché à celui-ci, provoquant un blocage critique du système de barre. Le trimaran, qui évoluait jusqu'alors aux avant-postes, a brutalement ralenti avant d'effectuer un demi-tour incontrôlé.

« Ce matin encore, on était dans le match, en 3e position, dans le rythme avec un super début de parcours et des vitesses régulières à plus de 40 nœuds. Puis mon safran s'est accroché à quelque chose : le bateau a brutalement ralenti et fait un 180° », raconte Anthony Marchand. Grâce à une intervention rapide et à une coordination étroite avec son équipe technique à terre, le skipper est parvenu à stabiliser la situation en moins d'une heure. Mais les dégâts nécessitent une réparation impossible à réaliser seul en pleine mer.

Anthony Marchand a donc pris la direction de l'Irlande, à l'opposé de la route des Antilles. Son équipe doit le rejoindre mardi après-midi pour établir un diagnostic et tenter de réparer le système endommagé. « J'ai mis la course entre parenthèses. L'objectif désormais, c'est d'aller retrouver l'équipe, de ne surtout pas perdre ce safran, de mettre le bateau en sécurité, de faire un diagnostic et de voir s'il est possible de reprendre la course », explique le navigateur. Son avenir dans cette Route du Rhum dépendra désormais de l'étendue des dégâts et de la possibilité d'effectuer les réparations nécessaires.

 

© Anne Beauge?, RonanGladu, QAPTUR, ATMCommunication

 

Violette Dorange et Romain Pilliard à Roscoff après leur collision

La veille, peu après le départ, une collision entre l'IMOCA Initiatives-Cœur de Violette Dorange et le trimaran Use It Again de Romain Pilliard, engagé en Vintage Multi, avait déjà perturbé la course des deux navigateurs. Tous deux ont rejoint Roscoff afin de faire évaluer les dommages, qui se révèlent particulièrement importants et compromettent sérieusement la suite de leur aventure.

Sur Initiatives-Cœur, le choc a endommagé le foil tribord, mais également une partie de la structure du bateau, provoquant une voie d'eau. Les équipes techniques sont intervenues pour colmater la brèche et permettre un convoyage vers Lorient, où les réparations devront être effectuées. « Le choc a été violent, dans cet état, impossible de traverser l'Atlantique », reconnaît Violette Dorange, contrainte de revoir ses ambitions après seulement quelques heures de navigation.

La situation est également préoccupante pour Romain Pilliard. Son trimaran présente des dommages importants au niveau de la structure située entre les bras avant et arrière. Une expertise approfondie est nécessaire avant d'envisager un éventuel retour en course. « Je ne sais pas si je vais pouvoir repartir », confie le navigateur, particulièrement déçu de voir son aventure compromise aussi tôt. Son équipe technique, arrivée à Roscoff après avoir pris la route dans la nuit, travaille désormais à évaluer précisément l'étendue des réparations.

En Class40, Marco Guerra rejoint Port-La-Forêt

Les difficultés ne s'arrêtent pas là. En Class40, Marco Guerra, à bord d'Imagin'Act-Socomec, rencontre depuis le milieu de matinée plusieurs problèmes techniques, notamment au niveau de la quille, de l'électronique et de l'étanchéité du bateau. Des mouvements inhabituels de la quille ont conduit le skipper, en concertation avec son équipe, à privilégier la prudence et à décider d'une escale technique à Port-La-Forêt, où son arrivée est attendue aux alentours de 22 heures ce lundi.

Cette nouvelle avarie vient allonger la liste des incidents enregistrés depuis le départ de Saint-Malo. À ce stade, les catégories Ocean Fifty et Vintage Mono semblent relativement épargnées, contrairement aux autres classes qui ont déjà connu plusieurs revers importants. Pour les équipes techniques mobilisées à terre, les prochaines heures s'annoncent décisives afin de déterminer quels navigateurs pourront reprendre la mer et poursuivre leur traversée de l'Atlantique.

Une course intense où le sommeil devient précieux

Pour les navigateurs qui poursuivent leur route vers la Guadeloupe, cette première journée a également été marquée par des conditions de navigation particulièrement soutenues. Après l'émotion du départ, les skippers ont rapidement retrouvé le rythme exigeant de la course au large en solitaire. Entre les réglages, les manœuvres, la surveillance du bateau et les choix tactiques, les occasions de se reposer sont rares. « C'est maniable mais ça a été un départ très intense, ça fuse et c'est tonique », résume Élodie Bonafous, à bord d'Association Petits Princes Quéguiner.

Du côté des Class40, Robin Follin ne cache pas son enthousiasme. À bord de Solano, le navigateur profite pleinement de ces premières heures à haute vitesse : « Bienvenue sur la Route du Rhum, ça démarre sur les chapeaux de roues avec un bon bord de sanglier à 16, 17, 18, 20 nœuds. On est aux avant-postes, on se régale ! » Derrière l'adrénaline des premières heures, la gestion de la fatigue constitue toutefois déjà un enjeu majeur. « Le jeu, c'est de parvenir à dormir le plus possible », explique Sidney Gavignet. Francesca Clapcich, sur 11th Hour Racing, a notamment profité d'un long bord après les îles Scilly pour s'accorder quelques courtes siestes, indispensables pour tenir dans la durée.

Cap sur les Antilles, malgré les premières difficultés

Malgré les avaries et les incertitudes qui entourent plusieurs concurrents, l'enthousiasme reste intact chez les navigateurs toujours en course. À bord de Le Cigare Rouge, Sidney Gavignet décrit une première nuit froide et particulièrement sombre, mais aussi le plaisir de voir son voilier progresser efficacement sous spi. « En vieux briscard, le Cigare Rouge semble connaître la route, il fait de son mieux dans les vagues, sous spi. Mais nous sommes bien ensemble, Le Cigare et moi. Nous savons que nous allons vers les Antilles », raconte-t-il, heureux de retrouver les sensations de la navigation au large.

La course réserve aussi quelques rencontres inattendues. Nicolas D'Estais, engagé à bord de Café Joyeux, a ainsi accueilli un passager pour le moins surprenant : un pigeon venu se poser sur son bateau, s'invitant temporairement dans cette traversée de l'Atlantique. Une parenthèse insolite au milieu d'une journée particulièrement agitée, alors que les skippers doivent déjà composer avec la fatigue, la vitesse et les premiers problèmes techniques.

Après seulement 24 heures en mer, cette édition 2026 de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe affiche donc un bilan mouvementé. Entre les secours engagés pour Francis Joyon, les réparations envisagées pour plusieurs concurrents et la bataille qui se poursuit aux avant-postes, les prochaines heures pourraient encore redistribuer les cartes. Pour les navigateurs toujours en course, l'objectif reste inchangé : rejoindre Pointe-à-Pitre le plus rapidement possible, avec encore plusieurs milliers de milles à parcourir.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.