Trombes marines ces jours-ci : sont-elles dangereuses ?
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Une trombe marine a été filmée au large du Havre ce vendredi et de nouveaux orages, susceptibles de générer ce genre de phénomène, éclateront à partir de mercredi soir. La trombe marine apparaît sous la forme d’un tourbillon de vent, de la même manière qu’une tornade terrestre. Ce tourbillon s’étend de la base d’un nuage convectif jusqu’à la surface de la mer. Il prend alors la forme d’un entonnoir que les météorologues nomment «trombe» lorsque le phénomène arrive à maturité. En balayant l’eau, la trombe marine entraîne à sa base une excroissance bouillonnante, appelée «buisson» et constituée d’une nuée de gouttelettes se déversant au-dessus de la mer. Le marin qui oserait s’aventurer trop près du phénomène, ou serait surpris par malchance par cette formation très soudaine, pourrait être «avalé» par le tourbillon. Les rafales de vent tourbillonnaire peuvent atteindre 120 à 130 km/h, ce qui est bien loin des 400 km/h que peuvent atteindre les tornades terrestres. De plus, le déplacement d’une trombe est plutôt lent (50 à 70 km/h), laissant généralement un temps de fuite raisonnable aux embarcations !
De la mer…à la terre
La durée de vie d’une trombe est courte, d’une dizaine de minutes à une demi-heure, parfois moins. Souvent, elle fait presque du sur-place sur l’eau, mais il arrive parfois qu’elle finisse par atterrir sur une plage comme le prouve cette vidéo impressionnante diffusée par La Chaîne Météo. Généralement, elle se dissipe en quelques minutes, pouvant malgré tout souffler des paillotes ou des infrastructures légères sur la plage. Il n’est pourtant pas rare qu’une trombe, arrivant à pleine puissance, occasionne des dégâts non négligeables sur le littoral : voiliers détruits au port, restaurants de plage soufflés et toitures arrachées. Durant l'automne 2013, une trombe dont la force était proche de celle d’une tornade a détruit la zone portuaire de Tarente (sud de l’Italie) en poursuivant sa course aux abords de la ville. Plus rare, dans leur lancée, certaines trombes évoluent en véritable tornade, poursuivant leur trajectoire dans les terres : cela s’est produit à Montpellier en septembre 2000, ainsi que sur le Pays de Caux pendant l’hiver 2000.
Puissantes ou pas, quelle que soit la force de la trombe, mieux vaut éviter de se trouver à proximité, au moins pour les débris qu'elle projette dans toutes les directions...