Tour d'horizon des lacs les plus colorés du monde !
Plus au sud, le Lac Eyre (ou Kati Thanda), est le plus grand lac salé d’Australie. À sec la majeure partie du temps, il se transforme en miroir coloré lors des épisodes pluvieux. Les couleurs, allant du blanc au rose pâle, varient en fonction de la saturation saline et de la réfraction de la lumière sur les cristaux de sel.
Quant au Lac Bumbunga, situé près de Lochiel dans le sud de l'Australie, il est connu pour sa capacité à changer de couleur au fil des saisons. Lorsque l’évaporation est à son comble et que les niveaux de sel augmentent, le lac adopte des teintes roses, parfois violacées, accentuées par la lumière rasante du soleil.
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À la frontière avec le Kenya, le Lac Natron présente une couleur allant du rose foncé au rouge vif, résultat d’une forte alcalinité, de températures élevées et de la présence de cyanobactéries. Ces micro-organismes produisent des pigments rouges pour se protéger des UV et contribuent à la teinte spectaculaire du lac. Son extrême salinité en fait un habitat très restreint pour la faune, mais c’est précisément ce qui attire les flamants nains, qui viennent y nicher à l’abri des prédateurs.
La minéralisation intense du lac peut figer les corps d’animaux morts, créant des silhouettes momifiées à l’apparence presque sculpturale, un phénomène qui a alimenté de nombreuses légendes locales.
Le Parc National des Lacs de Plitvice, en Croatie, est l’un des plus anciens d’Europe et figure au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il se compose de 16 lacs en cascade, reliés entre eux par des chutes d’eau et des bassins naturels formés par des barrières de travertin. Ces formations calcaires évoluent constamment, modifiant l’écoulement de l’eau au fil des décennies.
Les couleurs des lacs vont du vert émeraude au bleu turquoise, selon les concentrations de minéraux et l’ensoleillement. Les variations sont également dues à la présence d’algues et de micro-organismes dans l’eau cristalline, issue des sources karstiques des montagnes environnantes.
Bien qu’il ne s’agisse pas d’un lac au sens strict, le Grand Prismatic Spring, dans le parc national de Yellowstone, mérite sa place dans ce classement. Cette immense source chaude thermale est la plus grande des États-Unis. Elle doit ses couleurs éclatantes à des bactéries thermophiles qui vivent dans des bandes concentriques autour de la source, chaque groupe coloré s’adaptant à une température différente.
Au centre, l’eau bleu profond indique la plus grande chaleur, tandis que les zones extérieures présentent des dégradés de vert, jaune, orange et rouge. Un sentier en hauteur permet de saisir l’harmonie de ce cercle coloré qui semble peint à même le sol volcanique.
Perchée à plus de 4 000 mètres d’altitude dans la réserve nationale Eduardo Avaroa, dans le sud de la Bolivie, la Laguna Colorada est un lac salé d’un rouge intense. Cette couleur provient d’algues microscopiques et de sédiments minéraux riches en fer et en bore.
Le lac abrite aussi des colonies de flamants des Andes, qui se nourrissent de ces algues pigmentées, ce qui explique la coloration légèrement rosée de leur plumage. Les contrastes entre la surface rouge, les îlots blancs de borax, les volcans noirs en arrière-plan et le ciel bleu pur créent un paysage parmi les plus spectaculaires de l’Altiplano.
Dans le parc national de Banff, le Lac Moraine est l’un des plus photographiés du Canada. Niché dans la vallée des Dix Pics, ce lac glaciaire est alimenté par les eaux de fonte des glaciers voisins. La couleur bleu turquoise intense de ses eaux provient de la « farine de roche », une poudre fine produite par l’érosion glaciaire, qui reste en suspension dans l’eau et reflète la lumière.
Le paysage, dominé par des sommets escarpés et des forêts denses, est d’autant plus impressionnant au lever ou au coucher du soleil, lorsque les teintes du ciel se mêlent à celles du lac.
Sur l’île de Flores, dans le parc national de Kelimutu, trois lacs occupant des cratères volcaniques présentent des couleurs différentes qui changent au fil du temps. Tiwu Ata Mbupu, le plus occidental, arbore une teinte noire mystérieuse. Les deux autres, Tiwu Nuwa Muri Koo Fai et Tiwu Ata Polo, varient entre le vert, le turquoise et le rouge sombre. Ces changements sont causés par l’activité volcanique sous-jacente, les réactions chimiques entre les gaz émis et les minéraux présents, ainsi que les fluctuations de température.
Ces lacs sont sacrés pour les populations locales, qui y voient les âmes des morts : les jeunes dans un lac, les anciens dans un autre, et les âmes des personnes mauvaises dans le troisième.
Les lacs colorés, par leur diversité et leur beauté singulière, témoignent de la richesse géologique et biologique de notre planète. Ils ne sont pas seulement des curiosités visuelles, mais aussi des laboratoires naturels d'une complexité remarquable. Nombre d'entre eux sont situés dans des écosystèmes sensibles, menacés par le tourisme de masse, les changements climatiques ou l'exploitation des ressources naturelles.
Observer un lac rose ou rouge n’est pas simplement un moment d’émerveillement, c’est une invitation à comprendre les forces de la Terre, à respecter son équilibre et à préserver ses mystères. Car ces paysages extraordinaires ne sont pas éternels : ils peuvent disparaître, s’assécher ou changer à jamais. Leur beauté est un privilège, leur sauvegarde, une responsabilité.
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