Groenland : paysages, navigation et conseils pratiques pour préparer son voyage

Par Le Figaro Nautisme

Ces derniers jours, le Groenland est revenu au centre de l’actualité internationale. En cause, de nouvelles déclarations de Donald Trump, ravivant l’idée d’un intérêt stratégique américain pour cette immense île arctique, territoire autonome rattaché au Danemark. Si ces prises de position ont surtout suscité des réactions politiques et diplomatiques, elles rappellent une réalité souvent méconnue du grand public : le Groenland est bien plus qu’un vaste désert glacé posé entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Car le Groenland est avant tout une terre de paysages vertigineux, de cultures vivantes et de mers foisonnantes, l’un des derniers grands territoires où la nature impose encore sa démesure.

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Paysages du Groenland : fjords, glaciers et immensités arctiques

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Au Groenland, la notion de frontière entre la terre et la mer est presque abstraite. La côte, extrêmement découpée, déroule une succession de fjords profonds, de caps rocheux, d’îlots et de baies où l’océan s’enfonce parfois sur des dizaines de kilomètres à l’intérieur des terres. Les montagnes surgissent directement de l’eau, souvent coiffées de neige même en été, tandis que les glaciers descendent lentement vers la mer, sculptant le paysage depuis des millénaires. Dans les régions du sud et de l’ouest, la toundra se teinte de vert dès que la saison le permet. Mousses, lichens et fleurs arctiques contrastent avec la minéralité des reliefs et la blancheur persistante des sommets. Plus au nord, la glace reprend le dessus, omniprésente, donnant au paysage une dimension presque irréelle. La lumière arctique joue un rôle central, transformant sans cesse les couleurs, les volumes et les perspectives, que l’on soit à terre ou à bord d’un bateau.

Vie et culture inuit au Groenland, un territoire tourné vers la mer

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Avec environ 56 000 habitants répartis presque exclusivement le long des côtes, le Groenland est un territoire résolument tourné vers la mer. À Nuuk, comme dans les petites localités disséminées sur des milliers de kilomètres de littoral, l’océan structure le quotidien. Il est à la fois une source de nourriture, un axe de déplacement et un lien vital entre les communautés. La navigation fait partie intégrante de la culture locale, au même titre que la pêche et la chasse. Les embarcations, petites ou plus importantes, assurent encore aujourd’hui une grande partie des échanges entre les villages. Cette relation étroite à l’environnement marin se retrouve dans les traditions, l’artisanat, les récits et la manière d’habiter le territoire. Voyager au Groenland, c’est aussi observer cette culture de l’adaptation, forgée par des siècles de vie dans un milieu exigeant.

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Navigation au Groenland : entre immensité et précision

D’un point de vue maritime, le Groenland est un terrain d’exploration fascinant, mais exigeant. La navigation côtière permet d’accéder à des fjords spectaculaires, d’approcher les fronts glaciaires et de longer des zones totalement inhabitées, parfois sur plusieurs jours sans croiser la moindre infrastructure. Les profondeurs sont souvent importantes jusque près des côtes, et les abris naturels nombreux, ce qui rend la navigation particulièrement intéressante pour qui sait lire le terrain.
La glace reste toutefois un élément central à prendre en compte. Les icebergs, issus des grands glaciers, dérivent parfois loin de leur zone de formation et peuvent se retrouver jusque dans des fjords apparemment dégagés. En début d’été notamment, la vigilance est permanente. À cela s’ajoutent des conditions météorologiques changeantes, avec des épisodes de brouillard, des vents parfois violents et des courants sensibles dans les passages resserrés.
Naviguer au Groenland demande anticipation, expérience et humilité. Mais c’est aussi l’un des rares endroits au monde où la mer offre un accès aussi direct à des paysages d’une telle ampleur, dans un sentiment de liberté presque absolu.

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Faune marine du Groenland : baleines, phoques et écosystèmes arctiques

Les eaux qui bordent le Groenland figurent parmi les plus riches et les plus vivantes de l’Atlantique Nord et de l’Arctique. Cette abondance s’explique par la rencontre entre courants froids, apports glaciaires et remontées de nutriments, qui créent des conditions idéales pour le développement du plancton, base de toute la chaîne alimentaire. C’est ce phénomène discret, mais fondamental, qui attire une faune marine exceptionnellement variée le long des côtes groenlandaises.
Les grandes espèces de cétacés sont les plus emblématiques. Baleines à bosse, rorquals communs et petits rorquals fréquentent régulièrement les fjords et les zones côtières durant la belle saison, profitant de la richesse alimentaire des eaux peu profondes. Plus au nord et dans certaines zones spécifiques, on peut également observer des narvals et des bélugas, espèces étroitement associées aux environnements arctiques. La côte ouest, et notamment la baie de Disko, est l’un des secteurs les plus réputés pour ces observations, accessibles aussi bien depuis la terre que lors de navigations côtières.
Les phoques occupent eux aussi une place centrale dans cet écosystème. Phoques annelés, phoques barbus ou phoques du Groenland utilisent la banquise, les icebergs et les rivages comme zones de repos et de reproduction. Leur présence constante rappelle le lien étroit entre la glace et la vie marine, même dans des conditions qui paraissent extrêmes. Autour des colonies, les oiseaux marins sont omniprésents, nichant sur les falaises côtières et se nourrissant dans les eaux riches des fjords.
Sous la surface, les eaux groenlandaises abritent également une grande diversité de poissons et d’invertébrés, essentiels à l’équilibre de l’écosystème et à l’activité humaine. La pêche, qu’elle soit artisanale ou plus structurée, repose directement sur cette richesse biologique, qui façonne depuis toujours l’alimentation et le mode de vie des populations côtières.
Observer cette faune, depuis un bateau ou depuis le rivage, ne relève pas du spectacle organisé, mais d’une rencontre presque quotidienne avec le vivant.

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Voyager au Groenland : accès, formalités et organisation du séjour

Le Groenland est accessible principalement par avion, avec un transit quasi systématique par Copenhague. Des vols réguliers desservent notamment Kangerlussuaq et Nuuk. Une fois sur place, les déplacements se font surtout par avion régional ou par bateau, les routes reliant très peu de villes entre elles.
Pour les voyageurs européens, aucun visa n’est requis pour un séjour touristique de courte durée. Un passeport en cours de validité est obligatoire, le Groenland n’appartenant pas à l’espace Schengen. Une assurance voyage couvrant les zones isolées est vivement recommandée, tout comme une préparation sérieuse du séjour, tant les distances, la météo et l’isolement peuvent rapidement compliquer les déplacements.

Pourquoi le Groenland est une destination de voyage à part

Le Groenland n’est pas une destination que l’on improvise, ni un voyage que l’on consomme rapidement. C’est un territoire qui se mérite, qui se découvre lentement, souvent par la mer, et qui impose de revoir son rapport au temps et à l’espace. Entre fjords monumentaux, navigation au milieu des glaces, cultures maritimes bien vivantes et paysages terrestres hors normes, il offre une expérience de voyage parmi les plus fortes qu’il soit possible de vivre aujourd’hui.

Et avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.