Mer du Nord et Baltique : 2025, année la plus chaude jamais mesurée
Un record absolu en mer du Nord depuis 1969
Ce chiffre de 11,6 °C dépasse l’ensemble des valeurs enregistrées sur plus de 5 décennies d’observations continues. Pour le BSH, le constat est sans ambiguïté : cette hausse s’inscrit dans une tendance de fond, directement liée à l’augmentation des températures atmosphériques et à l’accumulation de chaleur dans les océans. La mer du Nord, relativement peu profonde, réagit rapidement aux anomalies climatiques, ce qui en fait un indicateur particulièrement sensible de l’évolution globale du climat.
Les scientifiques soulignent que cette élévation durable des températures influence déjà les équilibres marins : modification des courants locaux, stress thermique pour certaines espèces, déplacements de populations de poissons vers des latitudes plus septentrionales et perturbations des cycles biologiques.
La mer Baltique frôle elle aussi un sommet historique
La situation n’est guère différente plus à l’est. En mer Baltique, la température moyenne annuelle a atteint 9,7 °C en 2025, soit 1,1 °C de plus que la moyenne calculée sur la période 1997-2021. D’après le BSH, il s’agit de la 2e année la plus chaude jamais mesurée depuis le début des relevés en 1990, juste derrière 2020.
Bassin semi-fermé, à faible renouvellement des eaux, la Baltique est particulièrement vulnérable au réchauffement. L’augmentation des températures y accentue les phénomènes d’eutrophisation, réduit la teneur en oxygène dans certaines zones profondes et fragilise des écosystèmes déjà sous pression.
Des conséquences durables, même sans nouvelles émissions
Lors de la publication de ces chiffres, le président du BSH, Helge Heegewaldt, a rappelé une réalité souvent sous-estimée : même un arrêt immédiat des émissions mondiales de gaz à effet de serre ne stopperait pas instantanément les effets du réchauffement. Le niveau de la mer continuerait probablement à s’élever pendant des siècles, conséquence directe de l’inertie thermique des océans et de la fonte progressive des glaces continentales.
Ce constat renforce l’urgence d’agir à la fois sur la réduction des émissions et sur l’adaptation des zones côtières, particulièrement exposées en Europe du Nord.
Un phénomène global confirmé par la science internationale
Le réchauffement observé en mer du Nord et en mer Baltique s’inscrit dans une dynamique mondiale. Selon le GIEC, le taux de réchauffement des océans a plus que doublé depuis 1993. Les mers absorbent aujourd’hui l’essentiel de l’excès de chaleur lié aux activités humaines, jouant un rôle de tampon climatique, mais au prix de transformations profondes et durables.
À l’échelle planétaire, cette accumulation de chaleur marine contribue à l’intensification des tempêtes, à l’élévation du niveau de la mer et à la déstabilisation des écosystèmes côtiers. Les records enregistrés en 2025 dans les mers européennes ne sont donc pas des anomalies isolées, mais les symptômes visibles d’un changement climatique désormais bien installé.
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