Escales aux Grenadines : 5 mouillages de rêve pour oublier la grisaille en février

Alors que l’hiver s'installe durablement sur l'Hexagone, l’archipel des Grenadines déploie son dégradé de bleu turquoise comme une invitation au voyage. Entre lagons cristallins, sable blanc et brise tropicale, voguer dans ce chapelet d'îles au sud des Petites Antilles est l’antidote ultime à la mélancolie de février. Découvrez notre sélection exclusive de cinq mouillages paradisiaques pour une déconnexion totale sous le soleil des Caraïbes.

Situées dans l'est des Caraïbes, au sud de l'arc antillais, les Grenadines partagent leur territoire entre deux États : Saint-Vincent-et-les-Grenadines au nord, et la Grenade au sud. Une position géographique idéale, balayée en permanence par les alizés du nord-est, qui en fait l'un des terrains de jeu préférés des navigateurs du monde entier. Mais il serait réducteur de cantonner ces îles à la seule communauté voilière. En février, le calendrier joue en faveur du voyageur averti. La saison sèche bat son plein, les alizés soufflent régulièrement entre 15 et 20 nœuds, la houle reste clémente, et les pluies tropicales se font rares. Mieux encore : la haute saison touristique du monde atlantique n'a pas encore envahi les pontons et les plages. C'est le moment idéal pour profiter des mouillages dans leur expression la plus authentique.

 

1. Tobago Cays — Le sanctuaire corallien de l'archipel

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S'il n'existait qu'une seule raison de venir aux Grenadines, ce serait celle-ci. Les Tobago Cays, cinq îlots déserts nichés derrière le récif corallien en fer à cheval dit « Horseshoe Reef », constituent l'un des mouillages les plus spectaculaires de toute la Caraïbe. Classé parc marin en 1987, cet espace protégé abrite une faune sous-marine d'une richesse rare : tortues imbriquées et caouannes y évoluent avec une indifférence royale, ignorant superbement les masques et tubas qui leur font escorte. Par vent d'alizé, l'ancre se pose dans des fonds de sable blanc immaculé, à deux ou trois mètres de profondeur. Les eaux, d'un vert d'eau qui vire au bleu cobalt en s'éloignant du rivage, atteignent une visibilité de 30 mètres. À l'aube, avant l'arrivée des premiers day-trippers venus des îles voisines, les Tobago Cays offrent un silence absolu, rythmé seulement par le clapot et le chant des frégates. En février, le mouillage reste raisonnablement fréquenté, sans jamais atteindre la saturation de juillet. À terre, l'expérience est tout aussi saisissante. Les plages de sable fin sont d'un blanc presque irréel, bordées de quelques palmiers qui semblent avoir été plantés là par un décorateur de cinéma. Le ranger du parc, souvent amarré à proximité sur son annexe, veille au grain, défense formelle de ramasser coquillages ou coraux, de jeter l'ancre sur les formations récifales, ou de nourrir les tortues. Une discipline conservationniste qui préserve intact ce que beaucoup considèrent comme le joyau des Caraïbes orientales.
À savoir : Mouillage payant (environ 10 USD/nuit), collecté par le parc marin. Prévoir de l'eau douce et des provisions, aucune infrastructure à terre. Les tortues fréquentent la zone toute l'année.

2. Admiralty Bay, Bequia — L'âme du marin authentique

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Bequia se mérite. Pas au sens d'une difficulté d'accès, la traversée depuis Saint-Vincent dure à peine 1h30 en ferry, mais au sens d'une culture maritime qui demande qu'on l'apprivoise avec respect et patience. Port Elizabeth et son Admiralty Bay constituent la véritable porte d'entrée des Grenadines pour les voiliers qui descendent du nord, et l'escale s'impose naturellement, souvent pour une nuit… qui se transforme en une semaine. Le mouillage s'étend sur la face ouest de l'île, dans une baie bien protégée des alizés. Le front de mer de Port Elizabeth, le « Belmont Walkway », est une promenade à la fois animée et décontractée, jalonnée de petits restaurants, de bars à rhum et d'ateliers de construction navale artisanale. Car Bequia a la particularité d'abriter l'une des dernières communautés de constructeurs de bateaux en bois des Caraïbes. On y fabrique encore, à la main, des sloops en gommier qui participent aux régates régionales. En février, la Bequia Music Fest, qui se tient généralement en fin de mois, transforme l'île en scène musicale à ciel ouvert. Steel bands, reggae, zouk et artistes locaux s'emparent des plages et des bars pour une semaine de fête populaire qui attire autant les insulaires que les navigateurs de passage. Hors festival, Bequia vit à un rythme posé. La plage de la Princesse Margaret, accessible à pied depuis le mouillage, est l'une des plus belles de l'île et l'une des plus tranquilles en semaine.
À savoir : Formalités d'entrée dans les Grenadines à effectuer obligatoirement à Bequia ou Union Island. Plusieurs shipchandlers bien approvisionnés. Les taxis-water (annexes à moteur) assurent la liaison mouillage/terre pour quelques dollars EC.

3. Britannia Bay, Mustique — L'île privée au charme discret

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Le nom évoque immédiatement les rubriques mondaines, princesses britanniques, rock stars et oligarques y ont leurs villas. Mais Mustique, accessible en voilier moyennant les formalités d'entrée auprès de la Mustique Company, réserve aux navigateurs une expérience bien différente de l'image sulfureuse que lui prête parfois la presse. C'est une île d'une beauté discrète, intensément préservée, où le développement a été soigneusement limité pour protéger les paysages naturels. Britannia Bay, côté ouest, offre un mouillage certes surveillé et balisé avec soin, les fonds sont profonds et la tenue médiocre par gros temps mais d'une clarté d'eau stupéfiante. La plage qui borde la baie est l'une des plus photogéniques de l'archipel : sable blanc, cocotiers penchés sur l'eau, et en toile de fond les collines verdoyantes de l'intérieur. Le Basil's Bar, institution locale à la réputation internationale, s'avance sur l'eau depuis plusieurs décennies et accueille voiliers de passage comme yachts de luxe sans la moindre distinction. En février, Mustique accueille son célèbre Music Festival, un événement intime qui voit se produire, sur la scène de Basil's et sur la plage, des artistes de renommée mondiale dans une atmosphère de fête privée mais accessible aux plaisanciers de passage. Pour le reste, l'île se visite à vélo ou en mini-moke, sur des pistes qui serpentent entre les villas et les jardins tropicaux. Mustique n'est pas une île bon marché, les prix au restaurant et au bar le confirment sans ambiguïté, mais l'expérience justifie amplement l'escale.
À savoir : Obligation de s'enregistrer auprès de la Mustique Company à l'arrivée. Frais de port variables selon la taille du bateau. Aucune provision à bord possible sur l'île, prévoir avant l'escale.

4. Palm Island — Le Robinson Crusoé avec le confort en plus

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Il y a une histoire romanesque derrière Palm Island. Dans les années 1960, un aventurier américain du nom de John Caldwell négocia avec le gouvernement de Saint-Vincent le droit d'exploiter une île marécageuse et infestée de moustiques baptisée Prune Island, en échange de travaux d'assainissement et de reboisement. Caldwell planta des milliers de cocotiers, assécha les marais, et créa de ses mains ce qui allait devenir l'un des plus beaux resorts privés des Caraïbes. Son testament naturel est aujourd'hui classé parmi les destinations les plus exclusives de la région. Pour les plaisanciers, le mouillage au large de Palm Island présente une double opportunité : profiter des plages exceptionnelles de l'île, notamment la Casuarina Beach, régulièrement citée parmi les plus belles des Caraïbes orientales, tout en accédant, moyennant quelques dollars, aux infrastructures du resort : douches, piscine, restaurant. Une formule qui séduit les navigateurs en manque de confort après plusieurs jours de mer. L'eau y est d'un turquoise nacré, la plage quasi privée en semaine. La position géographique de Palm Island, à deux encablures d'Union Island, en fait également une base idéale pour explorer la partie sud des Grenadines. Les Tobago Cays sont à une heure de navigation, Mayreau à moins de 30 minutes, et Petit Saint-Vincent, autre resort mythique des Caraïbes, est visible à l'horizon. En février, le mouillage est fréquenté mais jamais saturé, les eaux sont calmes, et les couchers de soleil derrière l'îlot de Petit Martinique prennent des teintes orangées qui défient toute description.
À savoir : Le mouillage est ouvert mais surveillé par le resort. Accès à la plage et aux équipements négociable directement avec la réception. Union Island (Clifton) à 10 min en annexe pour avitaillement et formalités.

5. Saline Bay, Mayreau — L'île hors du temps

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350 habitants. Pas de route principale. Pas d'aéroport. Pas de banque. Mayreau est l'antithèse parfaite de l'agitation contemporaine, et c'est précisément ce qui en fait l'escale la plus touchante des Grenadines. L'île, minuscule, à peine 1,5 km², culmine à une colline depuis laquelle on aperçoit, d'un côté, la baie de Saline, et de l'autre, la plage de Salt Whistle Bay. Une vue que les habitants contemplent depuis des générations avec la même tranquillité souveraine. Saline Bay, côté est, est le mouillage principal, bien protégé par une longue bande de terre, fond de sable parfait à 5-6 mètres. Le village qui la borde est d'une simplicité désarmante : quelques maisons colorées, une petite église catholique perchée sur la colline, deux ou trois bars dont le fameux Dennis's Hideaway, une institution caribéenne gérée depuis des décennies par la famille Dennis, qui sert des grillades de poulet et du rhum punch à des prix qui rappellent qu'on est aux Caraïbes, pas à Saint-Barth. La vraie révélation de Mayreau, c'est la plage de Salt Whistle Bay, accessible par un sentier qui grimpe à travers les cactus et les cocotiers. Cette baie en forme de lune, fermée au nord par un isthme de sable d'une trentaine de mètres de large, ressemble à une aquarelle de paradis tropical. En février, elle est quasi déserte en semaine. La combinaison des deux mouillages, en une seule journée, constitue sans doute le plus beau itinéraire des Grenadines.
À savoir : Aucun service de carburant sur l'île. Eau potable limitée. Quelques petites épiceries pour l'essentiel. La montée au village vaut l'effort, une vingtaine de minutes à pied depuis le mouillage, avec une vue panoramique exceptionnelle au sommet.

 

Comment s'y rendre et organiser son séjour

Les Grenadines s'atteignent en avion via Barbade, Sainte-Lucie ou l'aéroport international de Canouan, puis en ferry ou charter aérien vers les différentes îles. La grande majorité des voyageurs qui viennent pour naviguer louent un voilier en charter à Bequia ou à Rodney Bay (Sainte-Lucie), à une journée de mer vers le sud. Les bases de location proposent généralement des itinéraires d'une semaine incluant les cinq escales présentées ici,  un circuit qui a fait ses preuves et qui constitue une introduction idéale à l'archipel.
Pour ceux qui préfèrent découvrir les Grenadines sans voilier, des options existent : les ferries inter-îles permettent de rejoindre Bequia, Mustique, Canouan, Mayreau et Union Island depuis Saint-Vincent, et les petits hôtels et guesthouses de chaque île accueillent les voyageurs terrestres avec la même chaleur caribéenne. Les sorties en day-trip vers les Tobago Cays depuis Union Island sont organisées quotidiennement par des opérateurs locaux. Reste une certitude : qu'on y vienne sur un catamaran de 14 mètres ou sur un ferry rouillé, qu'on dorme à bord ou dans une pension de famille, les Grenadines ont le pouvoir rare de faire oublier définitivement que quelque part, au nord, il neige en ce mois de février.
 

Et avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.