Naviguer autour de Malte au printemps : itinéraire de 7 jours entre criques turquoise et cités fortifiées

Par Le Figaro Nautisme

Au cœur de la Méditerranée centrale, Malte offre un terrain de jeu étonnant pour une croisière d’une semaine. L’archipel réunit dans un espace réduit des falaises sèches, des anses lumineuses, des villages tournés vers la mer et un patrimoine historique hors norme, de La Valette aux temples préhistoriques en passant par la Citadelle de Gozo. En 7 jours, il est possible d’alterner baignades dans des eaux très claires, escales culturelles, mouillages spectaculaires et navigation courte, ce qui en fait une destination particulièrement séduisante pour un programme dense sans devenir épuisant.

Une semaine de mer dans un archipel taillé pour les escales courtes

C’est l’un des grands atouts maltais. Les distances restent modestes entre les principaux points d’intérêt, ce qui permet de construire un itinéraire rythmé sans passer ses journées à tirer des bords au large. Entre l’île principale, Gozo et Comino, la croisière prend vite une dimension très visuelle. On passe d’un front de bastions monumental à une crique presque minérale, puis à un petit port de pêche avant de rejoindre un plateau rocheux ou une vieille ville perchée. Sur le plan du voyage, l’accès est également facile grâce à l’aéroport international de Malte, tandis que les liaisons vers Gozo sont fréquentes, soit depuis Ċirkewwa, soit en ferry rapide depuis le Grand Harbour. 
Pour profiter de ce programme, la période allant du printemps à l’automne reste la plus favorable. Le climat méditerranéen porte la croisière, avec beaucoup de lumière et une mer souvent engageante, même si Malte reste un secteur où le vent mérite toujours d’être surveillé avec attention. Les données climatiques nationales montrent d’ailleurs la place importante des flux de nord-ouest dans l’archipel, ce qui rappelle qu’ici la beauté des eaux ne dispense jamais d’une vraie lecture météo avant d’appareiller.

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Jour 1, entrée en matière dans le Grand Harbour

Difficile de rêver meilleure ouverture qu’une arrivée par le Grand Harbour. Peu de plans d’eau en Méditerranée donnent une impression aussi immédiate de puissance historique. La Valette, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’élève au-dessus de 2 ports naturels majeurs, avec ses remparts, ses bastions et sa silhouette de ville forteresse née après le Grand Siège de 1565. Depuis le bateau, le décor suffit déjà à installer le ton du voyage. Une fois à quai, il faut prendre le temps de monter vers les jardins d’Upper Barrakka ou de longer les quais vers les Trois Cités pour sentir ce lien permanent entre la pierre et la mer. 
Cette première journée peut rester volontairement courte en navigation. L’idée n’est pas de collectionner les milles tout de suite, mais de prendre Malte par son meilleur visage, celui d’une île qui a longtemps regardé l’horizon comme une ligne stratégique avant de devenir une escale de plaisance très recherchée. En soirée, la lumière sur les murailles de La Valette donne déjà l’impression d’avoir ouvert le voyage par un chapitre d’histoire à ciel ouvert.

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Jour 2, cap sur la côte sud et Marsaxlokk

Le lendemain, la descente vers la côte sud permet de changer complètement d’ambiance. Direction Marsaxlokk, dont l’image la plus célèbre reste celle de ses luzzu colorés, ces bateaux traditionnels qui rappellent que le sud de l’île garde un rapport très direct à la pêche et à la vie maritime. L’escale a quelque chose de plus quotidien, moins monumental que La Valette, mais justement très agréable après la solennité du Grand Harbour. On y trouve un décor vivant, une baie bien dessinée et une atmosphère qui fait entrer le voyage dans un rythme plus méditerranéen. 
Dans cette zone, il serait dommage de ne pas consacrer quelques heures à la Blue Grotto. La côte, découpée et lumineuse, rappelle que Malte n’est pas seulement un archipel d’histoire, mais aussi de reliefs marins. Selon les conditions, la balade vers les grottes apporte une vraie respiration dans l’itinéraire, avec un registre plus minéral, presque théâtral, avant de revenir dîner dans l’ambiance plus douce de Marsaxlokk.

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Jour 3, cap au nord vers Comino et le bleu presque irréel du lagon

Le 3e jour, la logique veut que l’on remonte vers Comino. C’est souvent l’image carte postale de Malte, mais vue depuis un bateau, elle retrouve une cohérence bien plus forte que lors d’une simple excursion à la journée. Entre la Blue Lagoon, la Crystal Lagoon, les petites anses et les cavités marines, l’île concentre en peu d’espace ce que la croisière sait offrir de plus séduisant, une succession de bains, de roches blondes, d’eaux transparentes et de pauses sans urgence. 
Il faut toutefois intégrer une évolution importante des dernières saisons. L’accès terrestre à la Blue Lagoon fait désormais l’objet d’un système de réservation avec créneaux horaires, mis en place pour limiter la fréquentation et protéger le site. Pour les navigateurs, cela ne change pas l’intérêt nautique du secteur, mais cela modifie l’organisation si l’on souhaite débarquer et profiter de l’île à pied. C’est un détail pratique à connaître avant de bâtir sa journée.

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Jour 4, Gozo par Mġarr et la montée vers la Citadelle

Après Comino, rejoindre Gozo est une suite très naturelle. L’arrivée par Mġarr introduit une autre île, moins nerveuse que Malte, plus terrienne dans son rythme, mais tout aussi intéressante pour qui veut mêler navigation et découverte. Depuis le port, il faut monter vers Victoria et la Citadelle, grand repère visuel de Gozo. Son rôle dépasse largement la simple visite patrimoniale. Du haut de ses remparts, on comprend toute la géographie de l’île, ses villages, ses lignes de crête et sa relation constante à la mer. 
Gozo invite à ralentir légèrement le voyage. Là où Malte impressionne, Gozo installe. C’est une île que l’on apprécie aussi pour son équilibre entre patrimoine, villages et littoral. La visite de la Citadelle peut se prolonger par la cathédrale ou par une déambulation dans Victoria, histoire de donner à cette journée une vraie épaisseur terrestre avant de repartir vers les côtes sauvages de l’ouest.

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Jour 5, l’ouest de Gozo, Dwejra, l’Inland Sea et la côte la plus spectaculaire

Le 5e jour est celui des paysages les plus puissants. Dwejra reste l’un des grands chocs visuels de l’archipel. Le site est connu pour son patrimoine géologique, pour Fungus Rock et pour l’Inland Sea, ce bassin intérieur relié à la mer par un tunnel naturel. Même après l’effondrement de l’Azure Window en 2017, le secteur conserve une force spectaculaire qui dépasse largement l’ancienne arche disparue. C’est un morceau de Gozo plus brut, plus exposé, plus dramatique aussi, où la géologie prend presque le dessus sur la carte postale. 
Cette journée fonctionne particulièrement bien dans un itinéraire de 7 jours, parce qu’elle casse la routine du lagon parfait. Ici, la mer n’est plus seulement turquoise. Elle sculpte, elle frappe, elle entoure une côte qui raconte une autre Malte, plus ancienne, plus rude, presque austère par moments. Pour un équipage, c’est souvent l’un des souvenirs qui reste le plus longtemps, justement parce que le lieu offre autre chose qu’une simple pause baignade.

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Jour 6, le nord de Gozo, salines et mémoire ancienne

En poursuivant sur Gozo, le nord de l’île offre un registre différent avec les salines de Xwejni, qui s’étirent sur environ 3 km de côte. Ce paysage géométrique, creusé dans la roche, relie le regard du navigateur à une activité ancienne qui continue d’appartenir à l’identité gozitane. C’est un très beau contrepoint à la navigation, parce qu’on y lit la manière dont les habitants ont travaillé le rivage bien avant l’essor du tourisme moderne. 
Selon le tempo choisi, cette journée peut aussi intégrer Ġgantija, à Xagħra. Le site fait partie des temples mégalithiques classés par l’UNESCO et rappelle que Malte ne se résume jamais à ses fortifications d’époque moderne. Ici, le voyage bascule beaucoup plus loin dans le temps, avec des structures dressées entre environ 3600 et 3200 avant notre ère. Pour une croisière d’une semaine, cette plongée dans la préhistoire donne une profondeur inattendue au parcours.

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Jour 7, retour vers Malte avec une dernière parenthèse entre falaises et vieille ville

Pour la dernière journée, le retour vers Malte peut se faire en gardant du temps pour un arrêt au nord ou pour une escapade dans l’intérieur des terres jusqu’à Mdina. L’ancienne capitale n’est pas un port, bien sûr, mais elle a toute sa place dans un itinéraire nautique maltais tant elle résume l’épaisseur historique de l’archipel. Sa ville close, son relief et son ambiance de pierre blonde offrent un final très différent de la mer ouverte. Après une semaine de criques et de ports, terminer par une cité perchée permet de refermer la boucle avec élégance. 
Ce retour a aussi une vertu simple. Il rappelle que naviguer autour de Malte ne consiste pas seulement à aligner les plus belles couleurs d’eau possible. Ce qui fait la réussite de l’archipel, c’est la densité. En 7 jours, on passe d’un lagon surexposé à une forteresse classée, d’un bassin creusé dans la roche à des salines vieilles de plusieurs siècles, d’un port historique monumental à une île plus rurale et plus lente. Peu de destinations arrivent à mêler avec autant d’efficacité la croisière de crique en crique et le voyage dans l’histoire méditerranéenne.

 

Pourquoi Malte fonctionne si bien en croisière d’une semaine

L’archipel maltais a cette qualité rare de donner beaucoup en peu de temps. Les navigations restent compatibles avec un programme serré, les escales ne se ressemblent pas et le patrimoine n’est jamais un simple décor. Ici, l’histoire est visible depuis le pont, depuis les remparts, depuis les villages tournés vers la mer. Pour un équipage qui cherche 7 jours de navigation sans monotonie, Malte coche presque toutes les cases, de la baignade dans une eau irréelle aux promenades dans des cités fortifiées, avec en prime cette sensation très méditerranéenne d’avoir voyagé davantage que la carte ne le laissait croire.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.