Tour de Sicile au printemps : la grande boucle en bateau qui réveille les envies d’évasion

En avril et en mai, la Sicile prend une saveur particulière pour les plaisanciers. Les journées s’allongent, la lumière devient plus franche, les visites à terre sont plus agréables qu’au cœur de l’été et l’île retrouve ce mélange très séduisant de villes vivantes, de caps sauvages, d’îles volcaniques et de grands sites historiques. Pour faire le tour de la Sicile en bateau, c’est sans doute l’une des périodes les plus intéressantes, parce que la navigation garde tout son attrait et que les escales donnent vraiment envie de descendre à terre.

Partir de Palermo pour entrer tout de suite dans le vrai visage de l’île

Le point de départ le plus naturel pour une grande boucle reste Palermo. La ville permet de commencer fort, sans échauffement inutile. On y trouve immédiatement cette Sicile dense, bruyante, gourmande et monumentale qui donne de l’épaisseur au voyage dès les premières heures. À terre, il y a de quoi remplir 1 vraie journée, voire davantage, entre les marchés, les palais, les églises et l’ensemble arabo normand qui relie Palermo à Monreale et Cefalù, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour un équipage, c’est une excellente entrée en matière, parce qu’on ne démarre pas dans une simple logique de transit. On démarre déjà dans le voyage. 
Au printemps, ce départ a un autre avantage. La ville se visite plus facilement qu’en pleine saison, et l’on profite mieux de ses quartiers historiques à pied. Cela compte dans un tour de Sicile, car l’île ne se découvre pas seulement depuis le cockpit. L’une de ses forces est justement de proposer des escales qui valent vraiment le débarquement.

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Longer la côte nord jusqu’à Cefalù, puis filer vers la façade tyrrhénienne

En quittant Palermo vers l’est, la progression devient plus douce. Cefalù arrive comme une escale évidente, à la fois belle, compacte et facile à vivre. C’est le genre d’arrêt qui fonctionne très bien dans un tour de l’île, parce qu’il demande peu de logistique à terre et offre pourtant une vraie récompense, avec son centre ancien, sa cathédrale et la Rocca pour ceux qui veulent prendre un peu de hauteur. Après l’énergie urbaine de Palermo, la ville apporte une respiration plus simple, sans faire retomber l’intérêt du voyage. La cathédrale de Cefalù fait elle aussi partie du bien inscrit par l’UNESCO dans l’ensemble arabo normand de Sicile. 
La suite de la côte nord s’inscrit alors beaucoup plus clairement dans une logique de plaisance. On longe le nord de l’île avec, en ligne de mire, la grande séquence suivante du voyage. C’est le moment où l’on commence à préparer le basculement vers les Éoliennes, qui donnent à ce tour de Sicile une dimension bien plus spectaculaire qu’une simple circumnavigation côtière.

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Faire escale à Capo d’Orlando ou Milazzo avant le saut vers les Éoliennes

Avant de quitter la Sicile continentale pour les îles du nord est, Capo d’Orlando constitue une base particulièrement logique. La marina met en avant sa situation à 14 milles nautiques des Éoliennes et se présente comme un point de départ naturel pour explorer l’archipel. Dans la pratique, c’est exactement le type d’escale utile dans une boucle autour de la Sicile. On peut y faire une pause technique, souffler avant la séquence insulaire et attendre le bon moment pour traverser. 
Cette étape est importante dans la construction du voyage, car elle évite de traiter les Éoliennes comme un simple crochet. Quand on fait le tour de la Sicile en bateau, l’archipel mérite mieux qu’un aller-retour expédié. Il faut lui laisser un peu de place, justement parce qu’il change complètement le ton de la navigation.

 

Les Éoliennes, la parenthèse volcanique qui transforme la boucle

À partir de là, le voyage prend un relief tout particulier. Les Éoliennes, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, forment l’une des séquences les plus fortes de tout le tour. Leur intérêt ne tient pas seulement à leur beauté. Il tient aussi au contraste qu’elles apportent. Après les villes et les fronts de mer siciliens, on entre dans un archipel de caractère, volcanique, plus abrupt, plus vertical, avec 7 îles dont aucune ne raconte exactement la même chose. 
Pour un plaisancier, c’est souvent la partie du voyage dont on se souvient le plus longtemps. Lipari permet une vraie escale animée, Vulcano impose immédiatement son décor, Salina a un rythme différent, Panarea une autre allure, et Stromboli garde une présence unique en Méditerranée. L’intérêt, ici, n’est pas seulement de naviguer entre les îles. Il est aussi de descendre à terre, de marcher dans les villages, de dîner face aux ports et de profiter de ce sentiment d’être dans un monde à part, sans quitter pour autant la logique du tour de Sicile.

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Revenir sur la côte est par Taormine, Catane et l’Etna

Après la séquence éolienne, le retour sur la côte est fonctionne très bien par Taormine puis Catane. C’est une transition logique, parce qu’elle ramène vers une Sicile plus urbaine, plus monumentale et plus terrestre. Taormine reste l’une des haltes les plus séduisantes de l’île pour une raison simple. En quelques heures à terre, on cumule théâtre grec, vues spectaculaires et ambiance de vieille ville très agréable à parcourir. C’est une escale qui se comprend immédiatement et qui donne un vrai relief touristique à la côte orientale. 
Catane, elle, ajoute une autre force au parcours. La ville vit sous l’influence directe de l’Etna, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour un équipage, cette étape est particulièrement intéressante parce qu’elle permet de casser le rythme purement maritime. On peut naviguer le matin, puis consacrer du temps à une excursion vers les pentes du volcan. C’est l’un des grands atouts du tour de Sicile. Très peu de voyages en bateau offrent la possibilité d’enchaîner aussi naturellement un littoral méditerranéen et l’approche d’un volcan aussi actif et emblématique.

 

Descendre ensuite vers Syracuse, l’escale la plus complète du parcours

En poursuivant vers le sud, l’arrivée à Syracuse s’impose presque comme une évidence. C’est probablement l’escale la plus équilibrée de toute la boucle. On y trouve une très belle approche, une vieille ville qui se parcourt facilement, une vraie densité historique et une ambiance qui fonctionne tout de suite. Ortigia suffit à elle seule à justifier l’arrêt, avec ses façades claires, ses ruelles et ses places ouvertes sur la mer. Mais Syracuse ne se résume pas à son charme immédiat. Le site est inscrit à l’UNESCO avec la nécropole de Pantalica, ce qui lui donne une profondeur bien plus rare que dans une simple escale de bord. 
C’est aussi l’un des meilleurs endroits du voyage pour prendre son temps. On peut y rester 2 nuits sans avoir l’impression de casser le rythme du tour. Au contraire, c’est souvent là que le voyage devient le plus agréable, parce que tout se fait facilement. On marche, on visite, on dîne à terre et l’on profite de la ville sans devoir organiser une logistique lourde. Pour des plaisanciers, c’est une vraie qualité.

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Ouvrir une parenthèse à terre dans le Val di Noto avant de poursuivre vers le sud

À partir de Syracuse, il devient très logique d’intégrer un détour dans le Val di Noto. C’est là que le tour de Sicile cesse définitivement d’être un simple récit côtier. Les villes baroques du sud-est, parmi lesquelles Noto, Ragusa, Modica ou Scicli, sont-elles aussi classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elles sont nées de la reconstruction qui a suivi le grand séisme de 1693 et constituent l’un des ensembles urbains les plus remarquables de l’île. 
Pour un équipage, ce détour a du sens à ce moment précis du voyage. Après plusieurs séquences très maritimes, il apporte une autre texture au parcours. On ne descend plus seulement pour une promenade en bord de quai, mais pour voir une Sicile plus architecturale, plus intérieure, plus travaillée. C’est ce type d’alternance qui rend la boucle vraiment riche du début à la fin.

 

Longer la côte sud jusqu’à Agrigente pour donner du poids à la boucle

La progression vers l’ouest par la côte sud conduit ensuite vers Agrigente. Cette partie du littoral paraît souvent plus ample, plus ouverte, moins immédiatement spectaculaire que le nord-est. Pourtant, elle réserve l’un des grands moments du voyage à terre. La Vallée des Temples, sur la côte sud de la Sicile, fait partie des sites archéologiques majeurs de Méditerranée et figure-t-elle aussi au patrimoine mondial de l’UNESCO. 
Dans un tour de Sicile en bateau, cette halte change beaucoup de choses. Elle donne du poids au parcours. Elle évite que la façade sud ne soit réduite à une simple portion de transit entre l’est et l’ouest. Et surtout, elle rappelle que la Sicile n’est pas seulement une île de navigation. C’est aussi une terre de civilisations, où l’on peut passer d’une journée de mer à une visite qui rebat complètement les cartes du voyage.

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Remonter vers Trapani et finir en beauté par les Égades

En poursuivant vers le nord-ouest, la boucle retrouve une tonalité plus maritime avec Trapani puis les îles Égades. C’est une très belle façon de terminer le tour, parce que cette zone redonne au voyage une sensation d’espace, d’eau claire et d’escales insulaires, sans répéter la séquence des Éoliennes. Ici, l’ambiance est différente. Le paysage est plus bas, plus lumineux, plus ouvert, et le rapport à la mer reprend le dessus après les grandes parenthèses urbaines et archéologiques du sud. 
Il faut cependant garder un point très concret en tête. L’aire marine protégée des Égades est présentée par ses gestionnaires comme la plus grande réserve marine de Méditerranée, avec 53 992 hectares. Elle a mis en place des champs de bouées dans plusieurs baies afin de protéger les herbiers de posidonie, avec un service organisé notamment de juin à septembre. Même au printemps, cette réalité invite à préparer un minimum l’escale et à ne pas considérer le secteur comme une zone totalement libre d’usage. Pour des plaisanciers, c’est une information pratique importante, car elle change la manière d’aborder les arrêts dans l’archipel.

 

Refermer la boucle vers Palermo, avec la sensation d’avoir vraiment voyagé

Depuis Trapani et les Égades, le retour vers Palermo referme enfin la boucle de manière très naturelle. C’est là que l’on mesure ce que la Sicile apporte de plus qu’un simple tour d’île. En quelques étapes cohérentes, on aura enchaîné une grande ville historique, une petite cité côtière très agréable, une base de départ vers les Éoliennes, un archipel volcanique majeur, la côte orientale avec Taormina et l’Etna, l’élégance de Syracuse, le baroque du Val di Noto, la force antique d’Agrigente puis la lumière plus marine de l’ouest sicilien. 
C’est aussi pour cela que le printemps fonctionne si bien. À cette saison, la Sicile officielle met en avant un climat doux, des journées plus longues, une île plus colorée et des conditions idéales pour découvrir ses sites, ses villages et ses paysages. Pour des plaisanciers, cet équilibre est précieux. On navigue dans une belle lumière, on profite mieux des escales à terre et l’on garde le sentiment d’un voyage très complet, sans basculer dans la saturation de l’été. Le tour de Sicile prend alors tout son sens. Ce n’est pas seulement une grande boucle maritime. C’est un vrai voyage méditerranéen, avec du rythme, du relief et une succession d’escales qui ont chacune une bonne raison d’exister. 
 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.