Vitesse limitée au large du Cap Croisette : ce que les plaisanciers doivent savoir
Le Cap Croisette, entre l’île Maire, les Goudes et le large de Marseille, concentre une navigation dense, surtout lorsque les conditions sont favorables. Plaisanciers, navires motorisés, véhicules nautiques à moteur, petites unités et passages vers les Calanques s’y croisent dans un espace exposé, où la vitesse peut rapidement devenir un facteur de risque.
C’est précisément pour répondre à cette réalité que la préfecture maritime de la Méditerranée a pris un arrêté spécifique. Le texte vise à encadrer la vitesse dans une zone située au large du Cap Croisette, au-delà de la bande des 300 mètres, afin de réduire les risques liés à la densité du trafic maritime et de renforcer la sécurité de la navigation.
La règle principale tient en une phrase : les navires et engins immatriculés motorisés ou à moteur, y compris les véhicules nautiques à moteur, ne doivent pas dépasser 10 nœuds dans le périmètre défini par l’arrêté.
Cette limitation ne remplace pas la réglementation déjà existante dans la bande littorale des 300 mètres. Dans cette bande, la vitesse reste limitée à 5 nœuds. En pratique, un plaisancier qui longe le secteur doit donc bien distinguer 2 espaces : près du rivage, la limite demeure à 5 nœuds ; plus au large, dans la zone nouvellement réglementée, la limite est portée à 10 nœuds.
La zone concernée est délimitée par un arc de cercle de 1500 mètres de rayon centré, hors bande des 300 mètres. Pour les plaisanciers, l’enjeu n’est pas seulement de connaître la limite chiffrée, mais aussi d’anticiper son itinéraire. Le secteur peut être traversé rapidement par habitude, notamment en sortie ou en retour de navigation depuis Marseille, mais la nouvelle règle impose de lever le pied bien avant les zones les plus resserrées.
L’arrêté précise également que cette limitation s’applique sans remettre en cause les règles du RIPAM, le règlement international pour prévenir les abordages en mer. Autrement dit, respecter les 10 nœuds ne dispense pas de veiller, d’anticiper les trajectoires, de tenir compte des priorités et d’adapter sa vitesse aux conditions réelles.
C’est un point essentiel pour les plaisanciers. La vitesse maximale autorisée n’est pas une vitesse recommandée en toutes circonstances. En cas de trafic dense, de visibilité réduite, de mer formée ou de présence d’autres usagers, il reste indispensable de ralentir davantage si la situation l’exige.
Le non-respect de cette limitation expose les contrevenants à des poursuites et aux peines prévues par le code des transports, le code pénal et les textes relatifs au permis de conduire les bateaux de plaisance à moteur. Les contrôles peuvent être effectués par les officiers et agents habilités en matière de police de la navigation. Pour les plaisanciers, mieux vaut donc intégrer cette règle dans la préparation de navigation, au même titre que la météo, les zones réglementées, les mouillages autorisés ou les restrictions locales.
Cette limitation de vitesse ne transforme pas la navigation au Cap Croisette, mais elle impose une conduite plus maîtrisée dans un secteur très fréquenté. Elle répond à une logique simple : rendre la cohabitation plus sûre entre les différents usagers de la mer, limiter les comportements à risque et préserver un plan d’eau où les trajectoires peuvent vite se croiser. Pour naviguer dans le secteur, le bon réflexe consiste désormais à retenir 2 seuils : 5 nœuds dans les 300 mètres et 10 nœuds dans la zone réglementée au large. Une règle facile à appliquer, mais importante à respecter, surtout dans l’un des passages les plus sensibles de la rade marseillaise.
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