Cette île italienne longtemps secrète est l’une des plus belles idées d’escapade cet été

Au nord de la Sardaigne, une île préservée attire les voyageurs en quête de criques transparentes, de paysages sauvages et d’histoire méditerranéenne. Ancien territoire fermé au public, aujourd’hui parc national, l’Asinara se découvre en bateau, à vélo ou en excursion guidée, entre plages lumineuses, maquis parfumé, villages blancs et célèbres ânes albinos. Une parenthèse rare pour vivre l’Italie autrement cet été.

Une île à part au large de la Sardaigne

Depuis Stintino ou Porto Torres, la traversée suffit déjà à installer le décor. La côte s’éloigne, la mer prend des nuances turquoise, puis l’Asinara apparaît, longue île sauvage posée au nord-ouest de la Sardaigne. Ici, l’été italien prend un visage plus confidentiel, plus naturel, avec cette impression précieuse d’arriver dans un lieu resté à l’écart des itinéraires trop évidents.
L’île fait partie d’un parc national créé en 1997, complété par une aire marine protégée. Cette protection explique la beauté des paysages et la richesse de la faune, mais aussi la manière très particulière de la visiter. On y circule en minibus, en petit train touristique, à vélo, en vélo électrique ou lors d’excursions en bateau. Cette organisation donne à la journée un vrai parfum d’aventure douce, entre découverte nature et escapade méditerranéenne.
En été, l’Asinara séduit justement par ce mélange rare : une mer spectaculaire, des criques de carte postale, une histoire forte et une ambiance qui change des grandes plages sardes les plus connues.

© AdobeStock - daliu

Des criques claires et une mer spectaculaire

La première image que l’on garde de l’Asinara, c’est souvent celle de l’eau. Autour de l’île, la Méditerranée prend des couleurs intenses, avec des fonds limpides et des criques où la baignade devient l’un des grands plaisirs de la journée. Cala Sabina figure parmi les plus beaux arrêts, avec son sable clair et son eau transparente. Cala d’Oliva offre une atmosphère différente, entre ancien village, lumière blanche et accès à la mer.
Les sorties en bateau permettent d’approcher l’île par son versant le plus bleu. Elles offrent de superbes points de vue sur les anses, les falaises basses, les rochers polis par le vent et les zones marines protégées. Pour ceux qui aiment le snorkeling, l’Asinara réserve aussi de très beaux moments, avec une eau claire et des fonds qui invitent à prendre son temps.
La journée se prépare facilement, mais elle se vit surtout comme une immersion. On vient avec de quoi se protéger du soleil, de l’eau, de bonnes chaussures et l’envie de ralentir. L’île se savoure mieux sans chercher à tout faire, en choisissant quelques étapes et en laissant la lumière, la mer et les paysages faire le reste.

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Les ânes blancs, emblème de l’île

L’Asinara est aussi célèbre pour ses ânes blancs, devenus l’un de ses symboles les plus attachants. On peut les apercevoir près des chemins, dans les zones ouvertes ou autour du maquis. Leur robe très claire, liée à une particularité génétique, les rend immédiatement reconnaissables et donne à l’île une identité à part.
Mais la faune ne s’arrête pas à cette image devenue iconique. L’île abrite aussi des oiseaux marins, des rapaces, des mouflons, des chevaux et de nombreux animaux adaptés à ce territoire sec, lumineux et battu par les vents. Le maquis méditerranéen, avec ses lentisques, genévriers et arbustes résistants à la chaleur, accompagne toute la visite.
En plein été, les paysages prennent des teintes dorées qui contrastent magnifiquement avec le bleu de la mer. Cette palette très méditerranéenne donne à l’Asinara une beauté brute, solaire et immédiatement dépaysante.

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Une histoire qui rend la visite encore plus forte

Derrière ses criques et ses paysages sauvages, l’Asinara possède une histoire singulière. Pendant longtemps, l’île est restée fermée au public. Elle a accueilli une station sanitaire, une colonie pénitentiaire, un camp de prisonniers puis une prison de haute sécurité. Ce passé a façonné les lieux et donne aujourd’hui à la visite une profondeur rare.
À Cala Reale, plusieurs bâtiments rappellent cette ancienne organisation insulaire. À Cala d’Oliva, le petit village blanc conserve une atmosphère très particulière, avec ses maisons alignées, ses ruelles lumineuses et les traces de la vie qui s’est déroulée ici pendant des décennies. L’île ne se contente donc pas d’être belle : elle raconte une histoire.
C’est ce qui rend la découverte si marquante. On passe d’une crique éclatante à un ancien bâtiment, d’un chemin de maquis à un village silencieux, d’un paysage de baignade à un lieu de mémoire. L’Asinara offre cette combinaison rare entre plaisir estival et vraie découverte culturelle.

Comment découvrir l’île cet été ?

Pour visiter l’Asinara, deux portes d’entrée reviennent souvent. Depuis Porto Torres, les liaisons permettent de rejoindre Cala Reale, au centre de l’île. Depuis Stintino, les excursions mènent généralement vers Fornelli, dans la partie sud. Le choix dépend surtout du type de journée recherchée. Les familles apprécieront les circuits en petit train touristique ou en minibus, qui permettent de voir les principaux sites avec un rythme confortable. Les voyageurs plus actifs pourront opter pour le vélo électrique, très agréable pour relier plusieurs points d’intérêt tout en profitant des paysages. Les amateurs de mer choisiront plutôt une sortie en bateau, avec baignades, criques et vues superbes depuis le large.
En haute saison, la réservation à l’avance reste le meilleur réflexe. L’île attire de plus en plus de voyageurs curieux, et son caractère protégé limite naturellement les flux. C’est aussi ce qui fait son charme : l’Asinara garde une atmosphère d’île rare, organisée, mais jamais banale.

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Une parenthèse italienne entre mer, nature et mémoire

L’Asinara coche toutes les cases d’une belle escapade estivale : une traversée en bateau, des eaux cristallines, des paysages sauvages, une faune emblématique et des villages chargés d’histoire. Elle offre surtout quelque chose de plus précieux encore : la sensation de découvrir une Sardaigne différente, plus secrète, plus brute, plus intense.
Depuis Stintino, Porto Torres ou Alghero, l’excursion s’intègre parfaitement dans un séjour dans le nord de la Sardaigne. Elle apporte une respiration, une journée à part, loin des plages les plus attendues et des circuits trop classiques.
Cet été, l’Asinara mérite clairement une place dans les carnets de voyage. Pour ses criques, pour ses ânes blancs, pour son histoire, pour cette lumière très particulière qui enveloppe le maquis et la mer. Une île italienne à découvrir lentement, comme une belle surprise méditerranéenne.

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Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock - MASSIMILIANO

 

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Gilles Chiorri
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.
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