Plages en Sardaigne : réservations, quotas, amendes, les règles à connaître avant de partir

Règlementation

En Sardaigne, certaines des plus belles plages ne se visitent plus totalement à l’improviste. Face à la pression touristique, plusieurs communes et parcs naturels imposent désormais des réservations, des jauges quotidiennes, des contributions environnementales et des restrictions spécifiques pour les bateaux. Pour les vacanciers comme pour les plaisanciers, mieux vaut connaître les règles avant de rejoindre les criques les plus célèbres de l’île.

En Sardaigne, certaines des plus belles plages ne se visitent plus totalement à l’improviste. Face à la pression touristique, plusieurs communes et parcs naturels imposent désormais des réservations, des jauges quotidiennes, des contributions environnementales et des restrictions spécifiques pour les bateaux. Pour les vacanciers comme pour les plaisanciers, mieux vaut connaître les règles avant de rejoindre les criques les plus célèbres de l’île.

La Sardaigne encadre de plus en plus l’accès à ses plages

La Sardaigne reste l’une des grandes cartes postales de Méditerranée, avec ses eaux claires, ses criques minérales et ses longues plages de sable clair. Mais derrière cette image de paradis accessible, les règles se multiplient. La fréquentation de certaines plages est désormais strictement limitée, non pour décourager les visiteurs, mais pour préserver des sites fragiles, souvent soumis à l’érosion, au piétinement des dunes, aux prélèvements de sable et à l’afflux massif de bateaux en été.

Le changement est important pour les voyageurs. Dans plusieurs secteurs très demandés, arriver tôt ne suffit plus. Il faut réserver en ligne, présenter un QR Code, respecter un créneau, parfois payer une contribution, et se conformer à des règles locales qui varient d’une plage à l’autre. Les plaisanciers sont eux aussi concernés, car certaines calas ne se rejoignent pas librement par la mer et les zones protégées imposent des restrictions de navigation, de mouillage ou de débarquement.

La Pelosa, l’exemple le plus strict

À Stintino, la plage de La Pelosa fait partie des sites les plus encadrés de Sardaigne. L’accès y est limité à 1 500 personnes par jour entre le 15 mai et le 15 octobre. La réservation est obligatoire, le contrôle s’effectue avec un QR Code, et le tarif d’accès est fixé à 3,50 € par personne, avec une exemption pour les enfants de moins de 12 ans.

La règle la plus connue reste celle du tapis sous la serviette. Il est interdit de poser directement son drap de bain sur le sable, afin d’éviter que les grains ne restent accrochés au tissu et ne soient emportés à la fin de la journée. Cette mesure peut sembler surprenante, mais elle répond à un vrai problème d’érosion. Une serviette, une bouteille de sable, quelques coquillages dans un sac : répétés des milliers de fois, ces gestes finissent par abîmer durablement le littoral.

À La Pelosa, la plage fonctionne donc presque comme un site naturel contrôlé. Le ticket ne se résume pas à un droit d’entrée : il oblige à anticiper, à respecter les accès prévus, à garder son justificatif et à suivre les consignes sur place.

Cala Brandinchi, Lu Impostu et Tuerredda : la réservation devient la norme

Le système s’étend à d’autres plages très fréquentées. À San Teodoro, Cala Brandinchi et Lu Impostu sont soumises à réservation obligatoire du 1er juin au 30 septembre. Là aussi, l’accès passe par une plateforme officielle et un QR Code. Ces plages attirent énormément de monde, notamment en raison de leurs eaux peu profondes et de leur réputation auprès des familles. La réservation devient donc un outil de régulation autant qu’un moyen de protéger les milieux naturels.

Au sud de l’île, Tuerredda suit la même logique. La plage est limitée à 1 100 personnes par jour, avec réservation obligatoire en saison. L’accès est contrôlé entre 8 h et 18 h, et le tarif annoncé pour 2026 est de 3 € par personne. Pour les vacanciers, cela change clairement l’organisation d’une journée : il ne faut pas seulement prévoir le trajet et le stationnement, mais aussi vérifier les disponibilités en ligne avant de prendre la route.

Rena Bianca, à Santa Teresa Gallura, fait également partie des plages à accès contingenté. La réservation y a été mise en place pour limiter la pression sur le sable, les dunes et l’environnement immédiat. Dans ce type de site, le ticket donne accès à la plage libre, mais pas forcément aux transats, aux parasols ou aux services proposés par les concessions privées. C’est un point important à retenir, car le billet d’entrée et la location de matériel restent généralement 2 choses différentes.

Côte de Baunei : quotas, QR Code et temps de présence contrôlé

Sur la côte orientale, la commune de Baunei a renforcé l’encadrement de plusieurs criques du golfe d’Orosei. Cala Goloritzé, l’une des plus célèbres, impose une réservation obligatoire d’avril à octobre, avec une jauge de 250 personnes au même moment. Le tarif est de 7 € par personne, gratuit pour les enfants de moins de 6 ans, et la réservation peut se faire en ligne ou via l’application dédiée.

L’accès terrestre à Cala Goloritzé demande aussi une vraie préparation. Le sentier ouvre à 7 h 30, la descente n’est plus possible après 14 h, et il faut prévoir de bonnes chaussures ainsi que suffisamment d’eau. Ce n’est pas une plage que l’on rejoint comme une plage urbaine. La réglementation concerne donc à la fois la protection du site et la sécurité des visiteurs.

Pour les plages de Cala Mariolu, Cala Biriala ou Cala dei Gabbiani, la régulation concerne aussi les arrivées par la mer. Depuis 2025, lorsqu’un visiteur débarque de manière autonome ou avec un bateau loué, un ticket de débarquement et un QR Code peuvent être nécessaires. Les transporteurs et excursions organisées gèrent souvent ces formalités directement, mais les plaisanciers qui naviguent seuls doivent vérifier les règles avant de s’approcher. Dans certaines criques, le temps passé sur la plage peut aussi être limité afin d’éviter l’engorgement.

La Maddalena et Budelli : attention aux zones protégées

Dans l’archipel de La Maddalena, la réglementation est encore plus sensible, car il s’agit d’un parc national maritime et terrestre. Cala Coticcio et Cala Brigantina, sur Caprera, sont limitées à un très petit nombre de visiteurs par jour et l’accès terrestre se fait uniquement avec un guide agréé, en plus d’une contribution environnementale. Là encore, la règle n’est pas seulement touristique : elle protège des secteurs très fragiles, où la surfréquentation pourrait dégrader rapidement les sols, la végétation et les fonds marins.

Le cas le plus emblématique reste la Spiaggia Rosa, sur l’île de Budelli. Cette plage au sable rosé ne se visite pas librement. Il est interdit d’y marcher, de s’y baigner, d’y débarquer ou d’y mouiller. Elle ne s’observe qu’à distance, depuis la mer ou depuis les points autorisés. Les sanctions peuvent être lourdes, notamment en cas de prélèvement de sable ou de non respect de la zone interdite.

Pour les plaisanciers, l’archipel impose une vigilance particulière. Certaines zones nécessitent une autorisation, d’autres interdisent la navigation, le mouillage, la pêche ou la plongée sans accord préalable. Les vitesses sont également limitées près des côtes. Avant d’entrer dans le parc, il faut donc consulter la carte de zonage, vérifier les règles en vigueur et privilégier les bouées ou zones autorisées plutôt que de mouiller au hasard.

Ce que les plaisanciers doivent vraiment vérifier

En Sardaigne, la règle à retenir est claire : une crique accessible en bateau n’est pas forcément libre d’accès. Certaines plages autorisent seulement l’approche, d’autres permettent la baignade mais pas le débarquement, et plusieurs imposent un ticket lorsque l’on arrive avec un bateau loué ou une embarcation privée.

Les plaisanciers doivent aussi faire attention aux herbiers de posidonie, très protégés en Méditerranée. Mouiller sur ces herbiers peut entraîner une sanction et abîme un habitat essentiel pour la biodiversité. Lorsque le mouillage est autorisé, il doit se faire sur fond sableux, dans les zones permises, en respectant les distances de sécurité avec les baigneurs, les bouées, les couloirs d’accès et les zones interdites.

Dans les parcs et réserves, la pêche de loisir, la plongée, le snorkeling organisé ou même le stationnement du bateau peuvent être soumis à autorisation. Une vérification auprès du parc, de la capitainerie ou de l’organisme local reste indispensable avant d’entrer dans une zone protégée.

Amendes : ce que les vacanciers risquent

Les sanctions ne concernent pas seulement les gros abus. En Sardaigne, le prélèvement de sable, de galets, de coquillages ou de tout élément naturel est interdit sans autorisation. La loi régionale prévoit des amendes importantes, y compris pour de petites quantités emportées comme souvenir. Les contrôles peuvent avoir lieu sur les plages, mais aussi dans les ports et les aéroports.

Sur certaines plages, les règles spécifiques ajoutent d’autres risques. À La Pelosa, poser sa serviette directement sur le sable peut entraîner une amende. À Budelli, pénétrer dans la zone interdite de la Spiaggia Rosa ou prélever des grains de sable expose à des sanctions beaucoup plus lourdes. Dans les zones marines protégées, mouiller sans autorisation, naviguer dans une zone interdite ou débarquer au mauvais endroit peut également coûter cher. Le plus sûr reste donc de considérer ces plages comme des espaces naturels réglementés, et non comme de simples lieux de baignade. La beauté du site ne dispense jamais de vérifier les règles locales.

Comment bien préparer sa journée

Avant de viser une plage connue de Sardaigne, il faut d’abord consulter le site officiel de la commune, du parc ou de la plage concernée. Les plateformes changent selon les lieux, et certains sites non autorisés peuvent proposer de fausses réservations ou des services inutiles. Le QR Code officiel doit être conservé jusqu’à l’entrée et parfois présenté plusieurs fois. Il faut aussi regarder ce que le ticket comprend réellement. Selon les plages, il peut couvrir uniquement l’accès, parfois le stationnement, parfois une contribution environnementale. Il ne donne pas automatiquement droit à un transat, à un parasol, à une place de parking proche ou à un transport maritime.

Pour les plaisanciers, l’anticipation est encore plus importante. Avant de programmer une escale baignade, il faut vérifier si le débarquement est autorisé, si un ticket est nécessaire, si le mouillage est possible et si la zone relève d’un parc naturel. Dans les secteurs les plus protégés, l’arrivée par la mer peut être plus réglementée que l’accès par la terre.

Une contrainte, mais aussi une garantie

Ces règles peuvent donner l’impression d’un littoral moins spontané. Pourtant, elles répondent à une réalité : certaines plages sardes ont atteint un niveau de fréquentation incompatible avec leur fragilité. Réservations, quotas, tickets, tapis obligatoires, zones interdites et contrôles ne sont pas seulement des contraintes administratives. Ils permettent de continuer à profiter de lieux exceptionnels sans les dégrader.

Pour les vacanciers, cela demande de mieux préparer son séjour. Pour les plaisanciers, cela impose de naviguer avec davantage d’attention. Mais c’est aussi le prix à payer pour que La Pelosa, Cala Goloritzé, Tuerredda, Cala Mariolu ou les criques de La Maddalena restent autre chose que de simples décors saturés. En Sardaigne, les plus belles plages se méritent désormais autant qu’elles se réservent.

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Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock -  Martin Valigursky

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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.
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