Angleterre-Argentine : une demi-finale aux parfums de grand large

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Avant la demi-finale Angleterre-Argentine au Mondial, l’affiche invite aussi à regarder au-delà du terrain. Des ports anglais aux côtes de Patagonie, des falaises de Cornouailles au canal Beagle, ces deux pays racontent chacun une relation puissante avec la mer, l’aventure et les grands horizons.

La demi-finale entre l’Angleterre et l’Argentine promet d’attirer tous les regards. Sur la pelouse, l’affiche a tout d’un grand rendez-vous de Mondial. Mais avant le coup d’envoi, elle offre aussi un beau prétexte pour changer de perspective et regarder ces deux pays depuis l’eau. L’Angleterre porte une immense mémoire maritime, nourrie par ses ports, ses falaises, ses régates, ses îles et ses canaux. L’Argentine, elle, déroule un rapport à l’eau plus vaste, plus sauvage, tourné vers l’Atlantique Sud, les grands fleuves, le delta du Paraná, les lacs andins et les paysages de Patagonie. Deux pays très différents, deux imaginaires puissants, et une même promesse pour les amoureux de nautisme : celle d’un voyage qui commence dès que l’on suit l’horizon.

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L’Angleterre, une histoire maritime qui continue de vivre sur l’eau

En Angleterre, la mer n’est jamais loin. Elle entoure le pays, dessine ses paysages, nourrit son histoire et continue d’occuper une place importante dans les loisirs, le tourisme et l’imaginaire collectif. Des falaises blanches du sud aux ports de Cornouailles, des stations balnéaires aux rivières navigables, l’eau compose une partie essentielle de l’identité anglaise.

Sur la côte sud, le lien avec la mer se lit immédiatement. Brighton, Portsmouth, Southampton, le Dorset ou l’île de Wight offrent une succession de paysages très différents, entre grandes plages, ports de plaisance, falaises, estuaires et traversées courtes. Ici, le nautisme se vit autant dans la tradition que dans le quotidien : une sortie à la voile, un ferry vers l’île de Wight, une balade le long d’une promenade maritime, une régate dans le Solent ou un déjeuner face à la mer.

Le Solent occupe d’ailleurs une place à part dans cette culture nautique. Ce bras de mer, situé entre l’île de Wight et la côte anglaise, est l’un des grands bassins de voile du pays. Cowes, en particulier, évoque immédiatement les régates, les clubs, les voiliers élégants et cette tradition de plaisance très ancrée dans le paysage britannique. On y retrouve une Angleterre maritime à la fois sportive, patrimoniale et très vivante, où la mer reste un terrain de pratique autant qu’un marqueur culturel.

Plus à l’ouest, la Cornouailles offre un visage plus sauvage. Les falaises, les petites criques, les ports de pêche, les plages de surf et les villages tournés vers l’océan composent une Angleterre plus atlantique, plus exposée, parfois plus rude. Newquay parle aux amateurs de glisse, Falmouth aux passionnés de voile et de patrimoine maritime, tandis que les petits ports cornouaillais gardent cette atmosphère de bout de côte, entre embruns, maisons serrées autour de l’eau et bateaux qui rentrent au port.

L’Angleterre séduit aussi par sa manière de prolonger le nautisme à l’intérieur des terres. Ses canaux et ses rivières navigables offrent une autre expérience, plus lente, plus douce, presque hors du temps. À bord des narrowboats, on avance au rythme des écluses, des ponts de pierre, des villages, des campagnes et des anciennes villes industrielles. Ce n’est pas le grand large, mais c’est une autre façon de vivre l’eau : patiente, patrimoniale, profondément attachante.

Ce rapport à la mer et aux voies navigables donne à l’Angleterre une identité nautique très complète. On peut y naviguer dans le Solent, surfer en Cornouailles, longer les falaises du sud, visiter les grands ports historiques, embarquer vers une île ou passer plusieurs jours sur un canal. Le nautisme anglais n’est pas toujours spectaculaire au premier regard, mais il a de la profondeur. Il raconte une histoire, un territoire, une culture de l’escale et une vraie fidélité à l’eau.

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L’Argentine, l’Atlantique Sud et les horizons du bout du monde

Face à cette Angleterre maritime, l’Argentine propose un tout autre rapport à l’eau. Ici, tout semble prendre une autre échelle. Le pays s’étire sur des milliers de kilomètres, des régions subtropicales du nord jusqu’aux portes de l’Antarctique. Son identité nautique se construit entre fleuves, estuaires, lacs andins, côtes atlantiques, ports de pêche et mers australes. L’Argentine ne se résume pas à un littoral : elle invite à parcourir une géographie immense.

À Buenos Aires, l’eau est d’abord celle du Río de la Plata. Cette vaste étendue, à mi-chemin entre fleuve et horizon maritime, a façonné la capitale et son ouverture vers l’extérieur. Les clubs nautiques, les voiliers, les sorties en bateau et les promenades sur les rives rappellent que la ville entretient un lien ancien avec l’eau, même si celui-ci se vit différemment de celui des grandes stations balnéaires.

Non loin de là, le delta du Paraná offre une ambiance totalement différente. Dans la région du Tigre, les canaux, les îles, les maisons sur pilotis et les embarcations dessinent un paysage fluvial singulier, presque labyrinthique. On y navigue lentement, entre végétation, pontons et petites voies d’eau. C’est une autre forme de nautisme, plus douce, plus intérieure, très éloignée des images classiques de la mer ouverte.

Plus au sud, l’Atlantique argentin change le rythme. Mar del Plata incarne l’un des grands visages balnéaires du pays, avec ses plages, son port, sa pêche, sa plaisance et son ambiance de vacances. Mais en descendant vers la Patagonie, le décor devient plus vaste, plus minéral, plus silencieux. La côte se fait plus sauvage, les vents plus présents, la mer plus froide. Autour de Puerto Madryn et de la péninsule Valdés, l’eau devient un territoire d’observation et de nature, marqué par la faune marine, les grands espaces et cette impression de se trouver face à un océan sans limite.

La Patagonie donne à l’Argentine une dimension maritime unique. À mesure que l’on descend vers le sud, le voyage prend un caractère plus aventureux. Ushuaïa, posée entre montagnes et canal Beagle, occupe une place à part dans l’imaginaire des navigateurs. Ville du bout du monde, elle évoque les départs vers les mers australes, les routes vers l’Antarctique, les conditions exigeantes et les paysages puissants de la Terre de Feu. Ici, prendre la mer n’a rien d’anodin. L’eau, le vent, le froid et la lumière composent un décor qui impose le respect.

L’Argentine possède aussi un autre visage, plus intérieur, avec ses lacs andins. Dans la région de Bariloche, les eaux profondes, les forêts et les reliefs offrent un cadre superbe pour le kayak, la navigation, la pêche ou les excursions lacustres. Là encore, l’eau dialogue avec la montagne, mais dans une version plus ample, plus sauvage, presque continentale.

Ce qui rend le nautisme argentin si particulier, c’est cette impression de distance et de liberté. On peut passer d’un delta végétal aux plages atlantiques, d’un port animé aux eaux froides de Patagonie, d’un lac andin aux routes du grand Sud. L’eau y raconte le voyage au long cours, les espaces ouverts, les départs vers l’inconnu et cette relation forte avec une nature qui reste souvent plus grande que l’homme.

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Deux pays, deux mémoires de l’eau

Angleterre-Argentine, vu depuis l’eau, ne raconte pas seulement deux façons de pratiquer le nautisme. C’est une rencontre entre deux imaginaires maritimes très puissants. L’Angleterre évoque les ports, les régates, les falaises, les canaux, les îles et une tradition maritime profondément ancrée. L’Argentine, elle, ouvre la carte vers l’Atlantique Sud, les grands fleuves, la Patagonie, les lacs andins et les horizons du bout du monde.

Avant que la demi-finale ne se joue sur le terrain, cette affiche donne donc envie de regarder plus loin : vers le Solent, la Cornouailles, les canaux anglais, le Río de la Plata, le delta du Paraná, Puerto Madryn ou Ushuaïa. Deux pays très différents, deux manières de suivre l’eau, et une même invitation : quitter un instant les tribunes pour laisser le regard filer vers le large.

 

Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock -  hardyuno

 

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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.