Cet été, Tavira offre une Algarve plus douce loin des foules de Faro

Charline David
Par Charline David

À une trentaine de kilomètres de Faro, Tavira dévoile en été un visage plus paisible de l’Algarve. Entre ruelles blanches, terrasses ombragées, lagune préservée et plages accessibles en bateau, cette petite ville traversée par le Gilão permet de profiter pleinement du soleil portugais sans subir l’agitation des stations les plus fréquentées.

Une Algarve au rythme plus doux

À Tavira, personne ne semble vraiment pressé. Le matin, les cafés installent leurs tables près du fleuve Gilão, les façades couvertes d’azulejos captent les premiers rayons du soleil et quelques barques glissent lentement vers la lagune. L’ambiance tranche avec celle de Faro, capitale régionale plus animée et principal point d’entrée de l’Algarve. Ici, pas de grands ensembles touristiques alignés face à l’océan. La ville a conservé une dimension humaine, presque confidentielle. On la découvre à pied, en passant d’une rive à l’autre, au gré des petites places, des jardins et des passages pavés. Tavira ne cherche pas à impressionner : elle séduit progressivement, par son élégance discrète et son art de vivre. Son centre historique rassemble maisons blanchies à la chaux, toits de tuiles, balcons en fer forgé et nombreuses églises. Une silhouette typiquement portugaise, enrichie par les traces laissées au fil des siècles par les civilisations romaine et musulmane.

 

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Le Gilão comme fil conducteur

Le fleuve Gilão traverse Tavira avant de rejoindre les eaux de la Ria Formosa. Il constitue le véritable cœur de la ville. Ses quais invitent à la promenade, notamment en fin de journée, lorsque la lumière devient plus douce et que les façades se reflètent dans l’eau. Le célèbre pont aux arches de pierre, souvent appelé « pont romain » malgré ses nombreuses transformations, relie les deux parties du centre. De là, il suffit de suivre les ruelles en pente pour gagner les hauteurs de Tavira. Les vestiges du château offrent l’un des plus beaux points de vue sur les toits. Son petit jardin, entouré de murailles, forme une halte bienvenue pendant les chaudes journées estivales. À proximité, l’église Santa Maria do Castelo et la tour de l’horloge dominent un dédale de rues paisibles, où les boutiques indépendantes côtoient les tables familiales.

 

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Une plage qui se mérite en bateau

Tavira possède une particularité : son centre-ville ne donne pas directement sur une plage. Pour atteindre l’océan, il faut traverser la Ria Formosa et rejoindre l’Ilha de Tavira, longue île-barrière couverte de dunes.

En été, des bateaux partent du centre-ville ou de l’embarcadère de Quatro Águas. La traversée, courte et agréable, fait déjà partie du voyage. On longe les marais, les salines et les chenaux avant de débarquer sur une île où le sable s’étire sur plusieurs kilomètres. Les liaisons sont plus fréquentes pendant la haute saison, tandis que Quatro Águas reste le principal point de départ tout au long de l’année. Près de l’embarcadère, la plage est aménagée et animée. Mais il suffit généralement de marcher quelques minutes le long du rivage pour retrouver de grands espaces. Praia de Tavira, Terra Estreita et Praia do Barril offrent toutes de longues bandes de sable blond, bordées par un Atlantique souvent plus calme que sur la côte occidentale de l’Algarve. 

 

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La Ria Formosa, un paysage vivant

Entre Tavira et l’océan s’étend le parc naturel de la Ria Formosa, vaste succession de lagunes, de vasières, de dunes et de marais salants. Les îles-barrières protègent cet ensemble fragile des assauts directs de l’Atlantique et dessinent un paysage qui évolue continuellement avec les marées. On peut l’explorer en bateau, en kayak ou à pied depuis les abords de la ville. La région constitue aussi un territoire privilégié pour l’observation des oiseaux. Aigrettes, échasses blanches et flamants roses fréquentent ses zones humides, en particulier autour des salines.

À quelques kilomètres de Tavira, Santa Luzia prolonge cette atmosphère maritime. Ce village de pêcheurs est connu pour sa tradition liée au poulpe, omniprésent sur les cartes des restaurants. Depuis le front de mer, un petit train mène également jusqu’à Praia do Barril. Sur place, l’impressionnant « cimetière des ancres » rappelle l’époque où la pêche au thon faisait vivre une partie du littoral.

À table, le poulpe est roi

Tavira se découvre aussi dans l’assiette. La proximité de la lagune et de l’Atlantique garantit une place de choix aux produits de la mer. Poulpe grillé, riz au poulpe, palourdes, poissons du jour ou cataplana composent une cuisine franche, généreuse et peu sophistiquée.

Le marché municipal permet de prendre le pouls de cette vie locale. On y trouve poissons, fruits, légumes et produits régionaux dans une ambiance plus authentique que folklorique. Aux heures les plus chaudes, les terrasses ombragées du centre deviennent le meilleur endroit pour ralentir autour d’un café ou d’un verre de vin portugais. Le soir, Tavira s’anime sans perdre son calme. Les promeneurs se retrouvent sur la Praça da República, quelques musiciens investissent les quais et les restaurants se remplissent progressivement. Loin des grandes stations balnéaires, la ville conserve une vie nocturne légère, davantage tournée vers les longues soirées en terrasse que vers les fêtes jusqu’à l’aube.

 

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Une escapade facile depuis Faro

Tavira se trouve à environ trente kilomètres à l’est de Faro, sur la route de la frontière espagnole. Elle est accessible en voiture, mais également en train depuis la capitale de l’Algarve. Cette proximité permet de profiter facilement de l’aéroport de Faro tout en séjournant dans un environnement plus paisible. En plein été, les températures sont élevées et le soleil très présent. Les matinées sont donc idéales pour parcourir le centre historique, avant de rejoindre la plage ou la lagune dans l’après-midi. La brise maritime contribue souvent à rendre la chaleur plus agréable près de l’eau.

Tavira n’est plus tout à fait un secret et ses plages attirent naturellement davantage de visiteurs en juillet et en août. Pourtant, elle conserve ce supplément d’espace et de sérénité qui manque parfois aux destinations les plus connues de l’Algarve. Dès que l’on s’éloigne des embarcadères ou des rues centrales, le calme revient rapidement.

Tavira, le luxe de prendre son temps

Tavira ne possède ni les falaises spectaculaires de Lagos ni l’effervescence de Faro. Son charme repose ailleurs : dans le passage d’un bateau sur le Gilão, dans l’ombre fraîche d’un jardin, dans une assiette de poulpe dégustée face à la lagune ou dans une marche sans fin sur le sable de l’Ilha de Tavira. Cette ville de l’est de l’Algarve offre finalement ce que beaucoup viennent chercher au Portugal : du soleil, l’océan et une douceur de vivre encore préservée. Une destination qui ne se visite pas au pas de course, mais qui se savoure lentement, entre ville blanche, marais salants et horizon atlantique.

 

 

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Nathalie Moreau
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Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.