Naviguer à Miramare : les règles à connaître avant d’approcher la réserve marine

Par Le Figaro Nautisme avec Bloc Marine

À quelques kilomètres de Trieste, le château de Miramare domine l’une des plus anciennes aires marines protégées d’Italie. Un site spectaculaire que les plaisanciers peuvent découvrir depuis la mer, mais pas sans quelques précautions. Navigation, mouillage, baignade, plongée ou pêche : selon l’endroit où se trouve le bateau, les règles changent complètement. Avant d’approcher la côte, mieux vaut donc savoir lire la zone.

Longer le golfe de Trieste et apercevoir le château de Miramare depuis la mer donne naturellement envie de s’en rapprocher. Posé au bord de l’Adriatique, entouré de son vaste parc, l'édifice est l’un des paysages les plus reconnaissables de cette partie du littoral italien. Pour un plaisancier, la tentation serait grande de chercher un endroit où jeter l’ancre, se baigner ou partir explorer les fonds. Mais Miramare n’est pas un mouillage côtier comme les autres. Devant le château s’étend une aire marine protégée créée en 1986, aujourd’hui gérée par le WWF Italie. Elle couvre 120 hectares et protège une portion particulièrement riche du golfe de Trieste. La réglementation y est stricte, sans pour autant fermer totalement le secteur aux plaisanciers.

Toute la difficulté tient en réalité à une distinction : Miramare est divisée en deux zones, A et B, et passer de l’une à l’autre change presque entièrement ce que l’on a le droit de faire.

Avant toute chose, repérer les bouées jaunes

La réserve s’étend entre le petit port de Grignano et le secteur du Sticco. En mer, son périmètre est matérialisé par seize bouées jaunes qu’il faut impérativement repérer en arrivant. Au plus près de la côte se trouve la zone A, le cœur de la réserve. Cette zone de protection intégrale couvre environ 30 hectares et s’étend jusqu’à quelque 200 mètres du rivage. Elle est entourée par une seconde ceinture de 90 hectares, la zone B, qui forme une zone tampon sur environ 400 mètres supplémentaires. Ce découpage est essentiel pour naviguer à Miramare. Le bateau peut évoluer dans la zone B, mais il ne doit pas pénétrer dans la zone A. La proximité du château ou la présence d’autres embarcations ne constituent donc jamais de bons repères : ce sont bien les limites réglementaires qu’il faut prendre en compte.

 

Dans le cœur de la réserve, le principe est simple : on reste à l’extérieur

La zone A est celle où la protection est la plus forte. Pour le plaisancier, la règle peut se résumer assez facilement : on n’y entre pas avec son bateau. La navigation y est interdite, qu’il s’agisse d’une embarcation à moteur ou non motorisée. Il n’est donc pas davantage possible de franchir la limite avec une annexe ou un kayak. Le mouillage est lui aussi interdit. Impossible, par exemple, de venir poser l’ancre au plus près du château pour profiter du paysage ou déjeuner à bord.

La protection concerne également ce qui se passe dans l’eau. La baignade libre n’est pas autorisée, pas plus que la pêche ou la plongée pratiquée de manière indépendante. L’accès à la plage protégée et toute activité susceptible de perturber les espèces ou les habitats sont également interdits. Cette partie de Miramare doit donc être considérée comme le véritable sanctuaire de la réserve. Le principe n’est pas d’y organiser les usages nautiques, mais de préserver au maximum le milieu marin.

Peut-on tout de même découvrir les fonds de Miramare ?

Oui, et c’est justement l’une des particularités intéressantes du site. Protection intégrale ne signifie pas que personne ne peut observer ce qui se passe sous la surface. Des activités de snorkeling et de plongée sont organisées sous le contrôle du gestionnaire de la réserve. Elles permettent de découvrir les fonds de Miramare dans un cadre défini, notamment à des fins de sensibilisation et d'éducation à l'environnement.

Pour un plaisancier plongeur, la nuance est importante. Il n’est pas possible d’arriver avec son bateau, de mouiller dans la zone A puis de partir explorer les fonds avec son propre équipement. Pour plonger dans le cœur protégé de Miramare, il faut passer par les activités autorisées et encadrées par la réserve.

 

En zone B, la plaisance retrouve davantage de liberté

Autour de ce sanctuaire se trouve la zone tampon. Et pour les plaisanciers, le changement est important. La navigation est autorisée en zone B, y compris avec une embarcation motorisée. Il est également possible d’y mouiller. Cette partie de l’aire protégée reste donc accessible à un voilier ou à un bateau à moteur qui souhaite s'arrêter dans le secteur, à condition évidemment de rester en dehors de la zone A.

La baignade et la plongée sous-marine y sont également autorisées. Pour une escale en bateau, c’est donc essentiellement dans cette ceinture extérieure que se concentrent les possibilités : naviguer, jeter l’ancre, se mettre à l’eau ou partir plonger.

Il ne faut toutefois pas confondre cette plus grande liberté avec une absence de réglementation. La zone B appartient toujours à l’aire marine protégée et certaines activités y demeurent strictement encadrées.

Une canne à pêche à bord ? Attention à la limite

C’est notamment le cas de la pêche. Et sur ce point, la règle peut facilement piéger un plaisancier qui n’aurait pas préparé son passage. Dans la zone B, la pêche depuis la mer est interdite sous toutes ses formes. On ne peut donc pas profiter du mouillage pour sortir une ligne depuis le bateau, ni traverser la réserve en pêchant. La pêche depuis une embarcation reste interdite même si la navigation, elle, est parfaitement autorisée.

Une exception existe néanmoins dans cette zone tampon : la pêche sportive peut être pratiquée depuis la côte.

La distinction est importante, car elle résume assez bien la philosophie de Miramare. La zone B permet de conserver certains usages de loisirs autour de la réserve, mais sans transformer ses eaux en secteur de pêche. Dans la zone A, la règle est encore plus simple : aucune pêche n’est autorisée.

 

Une réglementation exigeante, mais finalement facile à retenir

Pour le plaisancier de passage, Miramare n’impose donc pas une longue liste de règles impossibles à mémoriser. Il faut surtout savoir dans quelle zone se trouve le bateau. Dans la zone A, la protection est intégrale : pas de navigation, pas de mouillage, pas de pêche, pas de baignade libre et pas de plongée indépendante. Les activités de découverte du milieu marin qui y sont proposées passent par l’organisme gestionnaire. Dans la zone B, le bateau peut circuler et mouiller. La baignade et la plongée sont également possibles, mais la pêche depuis la mer reste interdite.

C’est finalement le meilleur réflexe à adopter avant d’arriver devant Miramare : ne pas improviser son approche simplement parce que la côte semble accessible. Identifier les bouées, vérifier sa position et savoir de quel côté de la limite on se trouve permettent ensuite de profiter du secteur sans difficulté.

Car la réserve n’a pas vocation à tenir les plaisanciers éloignés de Miramare. Elle impose simplement une autre manière d’approcher ce morceau du littoral adriatique : le bateau reste à distance du cœur protégé, tandis que la zone périphérique permet de naviguer, de mouiller et de profiter de la mer sans empiéter sur le sanctuaire.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.