Parc marin d’Alonissos : quelles règles pour naviguer dans les Sporades du Nord ?
Avec une superficie de plus de 2 300 km², le parc national marin d’Alonissos et des Sporades du Nord protège un vaste ensemble d’îles, d’îlots et d’espaces maritimes de la mer Égée. Il constitue notamment un habitat majeur pour le phoque moine de Méditerranée, Monachus monachus, l’une des espèces emblématiques du parc. Cette richesse naturelle se double d’un important patrimoine sous-marin : l’ensemble du parc bénéficie également d’un statut de site archéologique marin. Pour les plaisanciers, la réglementation devient plus lisible dès lors que l’on distingue ses deux grandes zones. La zone B, autour d’Alonissos, de Peristera et des îlots voisins, est la plus ouverte aux activités nautiques. La zone A, qui s’étend davantage vers le nord et l’est et englobe notamment Kyra Panagia, Gioura, Psathoura, Skantzoura et Piperi, bénéficie d’un niveau de protection supérieur. Elle est elle-même divisée en plusieurs sous-zones dont les règles diffèrent. Une même croisière peut donc traverser successivement des secteurs où le mouillage est librement autorisé, limité à la journée ou totalement interdit.
Autour d’Alonissos et de Peristera, les plaisanciers évoluent dans la partie la moins restrictive du parc. Dans le vaste secteur B4 notamment, la navigation et le mouillage sont autorisés et la plupart des activités nautiques peuvent être pratiquées. Cette liberté ne dispense pas du respect des règles de protection du site : le camping sauvage et les feux à terre sont notamment interdits, tandis que certaines zones peuvent être soumises à des limitations particulières.
La pêche de loisir reste également réglementée. La pêche à la ligne et à la traîne est autorisée dans certains secteurs de la zone B, notamment B1 et B4, mais la chasse sous-marine répond à des dispositions plus restrictives. Le classement archéologique du parc intervient lui aussi dans les activités susceptibles d’être pratiquées sous la surface. La possibilité de naviguer ou de mouiller dans une baie ne doit donc pas être interprétée comme une autorisation générale d’y pratiquer toutes les activités nautiques.
La situation devient plus réglementée lorsque l’on remonte vers les îles septentrionales du parc. L’accès à la zone A est soumis à un droit d’entrée, qui contribue au financement de la gestion et de la protection de cet espace naturel. Mais la principale particularité de cette partie du parc réside dans son découpage : il n’existe pas une règle unique applicable à l’ensemble de la zone A. Navigation, approche des côtes, mouillage, baignade ou débarquement dépendent de la sous-zone traversée.
Cette organisation impose de préparer les escales avec davantage de précision. Plusieurs îles restent accessibles aux bateaux de plaisance, mais les conditions peuvent changer d’une baie à l’autre et certaines autorisations sont limitées aux heures comprises entre le lever et le coucher du soleil. Le mouillage nocturne, en particulier, est beaucoup plus restreint que le simple mouillage en journée.
Au cœur du dispositif se trouve Piperi, qui bénéficie du niveau de protection le plus élevé du parc. Cette île constitue un habitat essentiel pour le phoque moine de Méditerranée et notamment pour sa reproduction. Afin de préserver les animaux de toute perturbation, l’interdiction ne concerne pas uniquement le débarquement : la navigation et l’approche sont interdites dans un rayon de 3 milles nautiques autour de ses côtes.
Piperi doit par conséquent être considérée comme une véritable zone d’exclusion dans la préparation d’une route. Un bateau traversant le nord des Sporades doit contourner ce périmètre et ne peut s’en rapprocher pour une simple observation depuis la mer. Cette règle constitue l’une des restrictions les plus importantes à connaître avant de naviguer dans la partie septentrionale du parc.
D’autres îles restent accessibles, mais uniquement pendant une partie de la journée. À Psathoura, l’approche, la baignade et l’apnée sont autorisées entre le lever et le coucher du soleil. Les plaisanciers peuvent mouiller dans la baie de Psathoura et débarquer à Mandraki, mais ils ne peuvent pas rester au mouillage pendant la nuit. À terre, les déplacements sont également encadrés et doivent rester à proximité du littoral, tandis que les feux sont interdits.
Une logique comparable s’applique à Skantzoura. Les bateaux de plaisance peuvent accéder à la baie de Limani et y mouiller entre le lever et le coucher du soleil. La baignade et l’apnée y sont également permises. Plusieurs autres secteurs de la zone A fonctionnent selon ce principe : l’accès à la côte et le mouillage sont possibles pendant la journée, mais la présence des bateaux n’est plus autorisée une fois la période prévue par la réglementation terminée. Dans la préparation d’une croisière, la distinction entre une escale diurne et un mouillage autorisé pour la nuit devient donc essentielle.
Kyra Panagia constitue un cas particulièrement intéressant pour les plaisanciers, car plusieurs de ses baies sont accessibles sans être soumises exactement aux mêmes règles. Les bateaux peuvent rejoindre Planitis, Monastiri et Agios Petros, où la baignade et l’apnée sont également autorisées. À Monastiri, toutefois, l’approche, le débarquement et le mouillage restent limités à la journée, notamment dans le cadre de l’accès au monastère.
La situation est différente à Planitis et Agios Petros, où le mouillage nocturne est autorisé. Ces deux baies occupent ainsi une place particulière dans l’organisation d’une navigation au nord d’Alonissos : elles permettent d’envisager une véritable escale de nuit là où une grande partie des autres mouillages de la zone A ne peuvent être utilisés qu’en journée. La réglementation du parc se joue donc parfois à l’échelle de quelques milles, voire entre deux baies d’une même île.
La création du parc n’a pas entraîné une interdiction générale de la pêche de loisir, mais celle-ci est étroitement liée au zonage. Dans la zone A, la pêche à la ligne et à la traîne est autorisée dans le secteur A9, avec une restriction notable autour de Psathoura : ces pratiques sont interdites dans un rayon de 1,5 mille nautique autour de l’île. Dans la zone B, elles sont notamment permises dans les secteurs B1 et B4.
La chasse sous-marine fait l’objet de restrictions supplémentaires et n’est autorisée que dans certains espaces déterminés. À cela s’ajoutent les contraintes liées au statut archéologique du parc, qui concerne également les activités pratiquées sous l’eau. Pour un plaisancier souhaitant pêcher au cours de son séjour, la réglementation doit donc être vérifiée en fonction de la position exacte du bateau plutôt qu’à la seule échelle du parc.
La distinction est également importante pour les activités sous-marines. La baignade et l’apnée sont expressément autorisées dans plusieurs secteurs de la zone A, notamment autour de certaines îles accessibles aux visiteurs. La plongée avec bouteille relève en revanche d’un cadre plus restrictif, notamment en raison de la présence de nombreux vestiges archéologiques sous-marins.
Les documents du parc indiquent ainsi que la plongée sous-marine n’est autorisée que dans certaines parties de la zone B. Une baie ouverte au mouillage, à la baignade ou à l’apnée ne doit donc pas automatiquement être considérée comme accessible à la plongée bouteille. Pour cette activité, comme pour la chasse sous-marine, il convient de vérifier les dispositions propres au secteur concerné avant la mise à l’eau.
La présence du phoque moine de Méditerranée explique une part importante des mesures de protection appliquées dans l’archipel. Une rencontre avec l’animal doit rester une observation à distance : il ne faut ni tenter de s’en approcher, ni le nourrir, ni chercher à attirer son attention. Cette prudence est encore plus importante à proximité des grottes utilisées par l’espèce pour se reposer ou se reproduire.
L’entrée de ces cavités doit rester libre et les bateaux comme les nageurs doivent éviter toute présence susceptible de perturber les animaux. Cette règle prend tout son sens dans un parc créé précisément pour permettre la coexistence entre les activités humaines et la conservation d’un milieu naturel particulièrement fragile.
Le parc marin d’Alonissos et des Sporades du Nord n’est donc pas fermé à la plaisance, loin de là. Sa réglementation repose plutôt sur une gradation des usages : navigation relativement ouverte autour d’Alonissos et de Peristera, restrictions croissantes dans la zone A, mouillages nocturnes concentrés dans quelques baies et protection intégrale autour de Piperi.
Pour préparer une croisière dans l’archipel, connaître le nom de l’île ou de la baie choisie ne suffit pas toujours. Il faut également identifier la sous-zone correspondante et vérifier les règles applicables au mouillage, au débarquement et aux éventuelles activités prévues sur place. Une précaution particulièrement importante pour la pêche et la plongée, dont les autorisations ne suivent pas nécessairement celles de la navigation.
Cette organisation permet finalement de maintenir une grande partie des Sporades du Nord accessible aux navigateurs tout en préservant leurs secteurs les plus vulnérables. Un équilibre qui donne au parc sa particularité : ici, la découverte reste possible, mais elle s’inscrit dans un cadre précisément défini par la protection d’un patrimoine naturel et sous-marin exceptionnel.
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