Naviguer à Ventotene et Santo Stefano en 2026 : les règles à connaître dans l’aire marine protégée

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Par Le Figaro Nautisme avec le Bloc Marine

Autour de Ventotene et Santo Stefano, entrer dans l’aire marine protégée ne signifie pas que toute navigation est interdite. En revanche, zone, type de bateau, mouillage, pêche et plongée obéissent à des régimes différents. Voici ce qu’un plaisancier doit vérifier avant d’approcher ces îles du Latium.

Trois zones, trois niveaux de protection

L’aire marine protégée couvre 2 799 hectares autour de Ventotene et Santo Stefano. Son zonage distingue une zone A de protection intégrale, une zone B de réserve générale et une zone C de réserve partielle. La première règle consiste donc à ne jamais raisonner à l’échelle de l’archipel entier : une activité autorisée près du port de Ventotene peut être interdite quelques encablures plus loin.
La zone A est la plus stricte. La navigation de plaisance, l’ancrage, l’amarrage, la pêche et les activités récréatives ordinaires n’y sont pas permis. Des opérations scientifiques et quelques activités très encadrées peuvent bénéficier d’autorisations spécifiques, mais elles ne concernent pas le plaisancier de passage. Les limites doivent être contrôlées sur la cartographie officielle à jour, notamment à proximité de Santo Stefano : l’apparence ouverte du plan d’eau ne dispense jamais de lire le zonage.


Peut-on naviguer en zones B et C ?

Oui, sous conditions. Le règlement impose une navigation en déplacement et des vitesses réduites près de la côte : au maximum 5 nœuds dans les 300 premiers mètres et 10 nœuds entre 300 et 600 mètres. Les règles détaillées dépendent ensuite de la catégorie de l’unité, de son mode de propulsion et de la zone. Pour certaines unités ou activités, une autorisation de l’organisme gestionnaire est nécessaire.
Les véhicules nautiques à moteur ne disposent pas d’une liberté de circulation comparable à celle d’un bateau classique. Leur transit est limité à la zone C, sur une route perpendiculaire à la côte et uniquement pour rejoindre les eaux extérieures à l’aire protégée, dans le respect des vitesses imposées. Dans tous les cas, les zones de baignade balisées sont interdites à la navigation, au mouillage et à l’amarrage du 1er mai au 30 septembre. En 2026, le règlement identifie notamment des secteurs balisés à Calanave, Parata Grande et Calarossano.


Peut-on jeter l’ancre ?

Pas librement. En zone A, la réponse est non. En zones B et C, l’ancrage est soumis à autorisation et doit se faire dans les secteurs définis par le règlement annuel, sur des fonds compatibles. Les prairies de posidonie et les formations coralligènes ne doivent jamais recevoir l’ancre. Le document 2026 délimite six ensembles d’ancrage : Parata Grande-Pascone, Moggio di Terra-Punta dell’Arco, Punta dell’Arco-Calabattaglia, un secteur au large de Santo Stefano, Punta Eolo en zone C et une bande de zone C entre Calabattaglia et Calanave.
Ces noms ne suffisent pas pour choisir son point de chute : chaque aire est délimitée par des coordonnées WGS84 publiées dans le règlement. Elles doivent être reportées ou consultées sur la cartographie officielle avant la manœuvre. Pour les navires de plaisance de 30 mètres et plus, l’ancrage est limité au secteur n° 5 de Punta Eolo. Une autorisation d’ancrage obtenue pour la zone B vaut également pour la zone C.
En 2026, les droits journaliers affichés pour un non-résident sont de 15 euros en zone B et 10 euros en zone C pour un natante, c’est-à-dire une petite unité relevant de la catégorie italienne correspondante. Pour une imbarcazione da diporto, ils sont de 25 euros en B et 20 euros en C. Les catégories juridiques italiennes ne se traduisent pas exactement par le seul critère de longueur utilisé en France : il faut sélectionner la bonne catégorie sur le formulaire officiel.

 

© Ministerio della tranzione ecologica

 


Peut-on pêcher depuis le bateau ?

La pêche sous-marine est interdite dans toute l’aire protégée. Pour la pêche sportive et récréative de surface, la situation dépend du lieu de résidence. En 2026, un non-résident peut pêcher uniquement en zone C, après autorisation ; le tarif affiché est de 5 euros pour une journée. Les résidents et certaines personnes assimilées disposent d’un régime différent, leur permettant notamment des autorisations en zones B et C.
Le règlement annuel limite les prises cumulées à 5 kg par bateau et 3 kg par personne et par jour, sauf capture d’un spécimen unique plus lourd. Depuis une unité, sont autorisés le bolentino avec au maximum deux hameçons d’au moins 14 mm, deux lignes de traîne au plus, ou deux lignes destinées aux céphalopodes. La pêche est ouverte d’avril à décembre, dans la limite de 90 jours par personne sur l’année, sous réserve de restrictions supplémentaires décidées par le gestionnaire. Les tailles minimales et les protections d’espèces nationales et européennes restent applicables.


Baignade, snorkeling et plongée

La baignade et le snorkeling de simple observation sont les activités les plus accessibles, à condition de rester en dehors des secteurs interdits et de ne rien prélever. En zone A, l’accès récréatif ordinaire demeure exclu. Il faut aussi respecter les distances de sécurité autour des bateaux, des plongeurs signalés et des chenaux.
La plongée avec bouteille, comme certaines immersions en apnée organisées, est réglementée et soumise à autorisation sur des sites identifiés. Le règlement 2026 fixe une liste de 18 points et limite à six le nombre d’immersions autonomes quotidiennes autorisées par site ; les visites guidées sont également contingentées. Pour un non-résident, le tarif individuel journalier indiqué est de 40 euros en zone B et 30 euros en zone C. Passer par un centre local autorisé reste la manière la plus simple d’éviter une erreur de site ou de formalité.


Comment obtenir l’autorisation ?

Le gestionnaire met à disposition l’application BlueDiscovery ainsi que des formulaires et un paiement PagoPA. Pour les procédures par formulaire, la copie du paiement et la demande complétée doivent être transmises à l’adresse dédiée aux autorisations ; le document reçu doit pouvoir être présenté lors d’un contrôle. Les autorisations 2026 sont personnelles, incessibles et expirent au plus tard le 31 décembre 2026.
Avant l’arrivée, il faut donc télécharger la cartographie, identifier la zone traversée, vérifier la catégorie italienne de son bateau et demander séparément les autorisations réellement nécessaires. Il faut également consulter les ordonnances de la Capitainerie de Ponza-Gaeta et les éventuels avis temporaires. Dans une aire marine protégée, la règle annuelle peut évoluer et une autorisation générale ne remplace jamais un contrôle de la zone exacte où l’on compte naviguer, mouiller ou pêcher.
 

 

 

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Nathalie Moreau
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Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.