Réserve marine des Freus d’Eivissa et Formentera en 2026 : les règles à connaître
Le passage des Freus concentre en quelques milles plusieurs des paysages les plus recherchés des Pitiüses : la pointe sud d'Ibiza, les îlots des Penjats, s'Espalmador, s'Espardell et le nord de Formentera. Cette beauté explique une fréquentation nautique intense, mais aussi une protection juridique particulièrement dense. L'erreur la plus courante consiste à parler d'une seule « zone protégée » comme si une même règle s'appliquait partout.
Créée en 1999, la réserve marine des Freus d'Eivissa et Formentera est un outil de gestion des ressources halieutiques. Elle couvre 15 353 hectares marins, dont 442 hectares de protection maximale et 2 890 hectares placés sous fermeture de la pêche récréative. Elle coïncide presque entièrement avec la partie marine du parc naturel de Ses Salines d'Eivissa i Formentera, qui couvre pour sa part 14 028 hectares marins. À ces deux couches s'ajoutent les règles de protection de la Posidonia oceanica et les prescriptions générales de sécurité maritime.
Il faut donc raisonner activité par activité. La réserve marine fixe principalement ce qui peut être extrait, pêché ou pratiqué sous l'eau. Le parc naturel encadre notamment le mouillage, l'accès aux îlots et certains usages récréatifs. La réglementation sur la posidonie interdit l'ancrage sur l'herbier. Enfin, la carte nautique et les avis maritimes restent indispensables pour les dangers, les chenaux, les zones de baignade et les restrictions temporaires.
La carte officielle du Govern baléare distingue trois régimes. La plus grande partie du périmètre constitue la réserve marine ordinaire. Une zone hachurée, située entre s'Espalmador, s'Espardell et le nord de Formentera, correspond à la fermeture de la pêche récréative. Enfin, un petit secteur à l'est de s'Espardell forme la zone de protection maximale, assimilable à une réserve intégrale.
Dans cette zone de protection maximale, toute extraction de ressources est interdite. Le mouillage et la plongée avec scaphandre autonome le sont également. Le simple fait que la navigation ne soit pas présentée comme uniformément interdite par le texte de création ne transforme pas ce secteur en raccourci ordinaire : il faut éviter toute activité incompatible avec la protection, respecter les balisages et vérifier les prescriptions du parc et de l'autorité maritime.
La zone de fermeture de la pêche récréative n'est pas une extension de la réserve intégrale. Elle interdit la pêche récréative depuis la terre comme depuis une embarcation, mais ne crée pas à elle seule une interdiction générale de transit. Cette fermeture a été renouvelée pour trois ans par une résolution publiée le 7 décembre 2023. Elle reste donc en vigueur en 2026, sous réserve d'un nouveau texte qui viendrait l'abroger ou la modifier.
La présence d'une réserve marine ne signifie pas que tout bateau doit contourner l'ensemble du passage. La navigation de transit demeure possible dans les secteurs où aucun texte ou balisage ne l'interdit. En revanche, le parc naturel prohibe la circulation des motos nautiques et impose de respecter les zones de baignade, les chenaux d'accès et les limitations publiées par l'autorité maritime.
Le débarquement sur les îlots situés entre Ibiza et Formentera est interdit au public. S'Espalmador constitue l'exception encadrée : le débarquement doit se faire par les passages autorisés et la fréquentation terrestre se limite au domaine public côtier et au chemin signalé. Les bains de boue dans la lagune sont expressément interdits. Une arrivée en annexe ne permet donc pas de transformer n'importe quelle crique ou îlot en point de débarquement.
Le passage est aussi soumis à un trafic important de ferries, navires à passagers et unités rapides. La réglementation environnementale ne remplace pas les règles de route. Avant de traverser les Freus, le chef de bord doit vérifier les conditions de vent et de mer, les routes des ferries, les hauts-fonds, les zones balisées et les avis locaux. La carte de zonage reproduite plus loin n'est pas conçue pour assurer la navigation.
Le principe est simple : dans les eaux des Baléares, le mouillage sur la posidonie, Posidonia oceanica, est interdit. Dans le parc naturel de Ses Salines, l'ancre ne peut être posée que sur un fond sableux autorisé, en dehors des zones où le mouillage est prohibé. Il ne suffit pas que l'eau paraisse claire ou que quelques plaques de sable soient visibles : l'ancre, mais aussi la chaîne dans son rayon d'évitage, doivent rester hors de l'herbier.
Trois secteurs du parc disposent de champs de bouées réglementés : la baie de s'Alga à s'Espalmador, la partie sud du Caló de s'Oli à Formentera et la plage de Ses Salines à Ibiza. Dans ces périmètres, le patron doit utiliser les bouées prévues à cet effet et ne pas mouiller sur le fond. La disponibilité, la réservation, la taille admise et les conditions d'usage doivent être vérifiées auprès du gestionnaire au moment du séjour.
Le parc indique que la nuit au mouillage est possible sous réserve de demander le permis prévu, journalier ou annuel. Cette autorisation ne dispense ni de respecter la posidonie ni d'observer une éventuelle interdiction locale. Pour préparer l'approche, le Govern propose un visualiseur cartographique de la posidonie ; il s'agit d'une aide, non d'un substitut au contrôle visuel, au sondeur et à une veille attentive pendant toute la manœuvre.
La pêche récréative depuis la côte ou depuis une embarcation est interdite dans la zone de protection maximale de s'Espardell et dans la zone de fermeture hachurée sur la carte. Dans le reste de la réserve, elle demeure possible uniquement avec les licences, autorisations, engins et limites applicables. Pour pêcher depuis un bateau, une autorisation spécifique triennale est exigée en plus de la licence de pêche récréative.
Depuis une embarcation, les modes généralement admis comprennent la traîne de fond, la traîne de surface dite fluixa, la turlutte à céphalopodes, la palangrotte ou la canne, avec les plafonds indiqués par le Govern : une ligne par personne et quatre hameçons pour la canne ou la palangrotte ; une ligne équipée de deux turluttes au maximum par pêcheur pour les céphalopodes. Les hameçons de palangrotte doivent mesurer plus de 7 mm d'ouverture intérieure, ou plus de 5,7 mm pour le raor. L'emploi d'un poisson vivant comme appât et les compétitions sont interdits.
Le propriétaire du bateau autorisé doit consigner les captures, soit sur le registre prévu, soit dans l'application Diario de Pesca Recreativa. Le défaut de remise du registre peut entraîner la perte de la licence. Des limites supplémentaires s'appliquent à certaines espèces et saisons ; elles doivent être contrôlées juste avant la sortie, car la page de synthèse ne remplace pas l'ensemble des textes halieutiques.
Depuis le 9 avril 2026, une mesure spécifique interdit pendant cinq ans la fluixa et la traîne dans l'Estany des Peix de Formentera. Le motif est double : protéger une zone de nourricerie pour des espèces commerciales et éviter les conflits avec la baignade. Cette restriction concerne aussi bien la pêche récréative que professionnelle pour ces deux techniques.
La plongée avec scaphandre autonome est autorisée dans la réserve marine, sauf dans la zone de protection maximale de s'Espardell, mais elle nécessite un permis individuel ou collectif délivré par l'administration compétente. Lorsque le site se trouve également dans le parc naturel, l'autorisation correspondante doit être vérifiée. Une réservation auprès d'un centre de plongée ne doit pas être confondue avec l'autorisation administrative exigée.
L'apnée d'observation est libre dans la réserve marine. Toutefois, le plongeur, en bouteille comme en apnée, ne peut porter ni conserver à bord un instrument susceptible de servir à la pêche ou à l'extraction d'espèces, à l'exception du couteau de sécurité. Cette règle vise à rendre immédiatement identifiable une activité d'observation sans prélèvement.
La pêche sous-marine est interdite dans le parc naturel. Le fusil sous-marin ne doit donc pas être utilisé dans ce périmètre. Plus généralement, transporter du matériel de pêche sous-marine dans une zone où cette pratique est prohibée peut susciter un contrôle et ne doit jamais être traité comme un détail de rangement.
En cas d'incertitude, le Service des ressources marines du Govern et l'administration du parc naturel sont les interlocuteurs officiels. Pour la sécurité de navigation, les avis et instructions de la capitainerie maritime restent prioritaires. La bonne pratique consiste à vérifier le dossier juste avant le départ : une capture d'écran ancienne ou une carte téléchargée une saison précédente peut ne plus refléter les fermetures et autorisations du moment.
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