
Le skipper de Freelance.com poursuit sa découverte du Vendée Globe. Alors qu’il dispute déjà sa 3e semaine en mer, il a franchi symboliquement l’équateur puis débuté sa descente vers le Cap de Bonne Espérance. Actuellement 32e de la course, Guirec s’accroche, même s’il a dû faire face ces derniers jours à une fuite d’huile et des zones sans vent. Surtout, Guirec profite de tout et n’hésite pas à le partager. Récit de ses derniers jours de course.
Cela fait déjà 17 jours que Guirec Soudée a commencé ce Vendée Globe. Pour beaucoup, c’est une éternité, pas pour le skipper de Freelance.com qui a passé cinq ans à traverser les mers du globe alors qu’il avait un peu plus de 20 ans. Depuis, Guirec a bien grandi, il a appris à manier un IMOCA et s’est jeté dans le grand bain de la compétition. Un apprentissage à vitesse grand V qui porte ses fruits jour après jour au fil de ce tour du monde.
Des sargasses et du bricolage
Certes, il a fallu intégrer que les plus rapides allaient s’échapper quand les conditions seraient plus propices et c’est le cas depuis la fin de semaine dernière. Qu’importe, Guirec reste bien concentré et progresse pas à pas, bien conscient que la course est encore longue. Cette semaine encore, il a fallu faire preuve de sang-froid. Ça a été le cas en traversant de grandes zones remplies de sargasses, ces algues qui prolifèrent partout. « Je suis obligé de me mettre à la barre, il y en a partout ! » Et Guirec d’ajouter : il faut jongler entre les bancs de sargasses et les grains. Le bateau n’est plus manoeuvrant, j’ai de la sargasse dans le safran, dans la quille et la dérive ! »
Vigilant, Guirec l’a également été à propos de son moteur. Celui-ci permet de faire fonctionner l’électronique du bord. Sauf que dimanche, c’est ce fameux moteur qui l’a obligé à sortir sa caisse à outils et sa lampe frontale. « J’ai une fuite d’huile dans le moteur donc je suis en train de bricoler », dit-il dans une vidéo ». Pourtant, rien ne semble entraver sa progression au jour le jour.
L’Atlantique Sud pour horizon
Ainsi, Guirec a franchi l’équateur, samedi dans l’après-midi, une première étape particulièrement symbolique dans ce tour du monde. Il y est parvenu après 13 jours, 2 heures et 39 minutes de course. Il s’agissait déjà de son 3e franchissement de l’équateur mais le premier à bord de Freelance.com et le premier sans Monique ! Comme le veut la tradition, le skipper a offert une offrande à Neptune, en l’occurrence du jus de pommes bio qu’affectionne Guirec. Ensuite, Freelance.com a poursuivi sa route dans l’Atlantique Sud. Guirec est passé à proximité de Fernando de Noronha. L’archipel brésilien, inscrit au patrimoine de l’UNESCO, a une place à part dans ses souvenirs : l’aventurier s’y est rendu il y a six ans avec Monique. Cette année, hors de question de s’arrêter (le règlement l’interdit).
Guirec a poursuivi son effort et bénéficié d’un couloir de vent au large du Brésil pour bifurquer vers l’Est afin de se diriger vers le Cap de Bonne Espérance. Objectif : contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène. Rien d’évident, d’autant qu’il faut parfois composer avec des zones sans vent qui mettent les nerfs à rude épreuve. « Le vent n’est pas régulier du tout et pas conforme à ce qu’annonce les fichiers, confiait-il ce jeudi matin. Cette nuit, j’ai dû faire cinq changements de voile en quelques heures ! »
En attendant (impatiemment) les mers du Sud
Conséquence : les concurrents directs de Guirec se sont légèrement échappés. Mais il en faut beaucoup plus pour démotiver le marin de Freelance.com. « Je n’ai qu’une hâte, c’est de retrouver les mers du Sud, du vent fort et régulier. C’est dans ces conditions que j’arrive bien à me défendre. Et j’espère que ça me permettra de revenir sur les autres ! » En attendant, Guirec assure « aller très bien » et être heureux « d’être dans le bon cap ».
Quand Éole n’est pas à la fête, il en profite parfois pour immortaliser le spectacle qui l’entoure. C’était le cas ce mardi soir, en plein coucher de soleil. Le marin filme et commente aussi : « Je suis retombé dans la pétole mais c’est magnifique. Je crois que je n’ai pas vu des lumières d’un coucher de soleil aussi belles depuis mon séjour en Australie (en 2011) puis au Groenland pendant l’hiver polaire (en 2015). Quand tu as ça en face de toi, tu ne t’en lasses pas ». Et le mieux, c’est que ça va continuer : le ciel et le large n’ont pas encore révélé toutes leurs beautés à Guirec Soudée.
Retrouvez chaque jour notre analyse météo de la course avec METEO CONSULT Marine dans notre dossier spécial Vendée Globe.