
Parti depuis mardi après-midi de Carthagène, Holcim-PRB livre une bataille remarquable en tête de flotte de The Ocean Race Europe. Après une journée d’hier passée à enchainer les manœuvres dans les petits airs, l’iMOCA suisse a laissé les Baléares dans son tableau arrière cette nuit et fait désormais route vers le sud-est de l’île de Porquerolles. Leaders à plusieurs reprises hier, Rosalin Kuiper et son équipage (Nicolas Lunven, Franck Cammas et Carolijn Brouwer) sont ce matin deuxièmes, à 7 petits milles de Paul Meilhat.
La Méditerranée tient toutes ses promesses. Les conditions sont variées et assez imprévisibles. Depuis le départ, pas simple de faire des projections tant le vent réellement rencontré sur l’eau par l’équipe Holcim-PRB est différent de celui annoncé par les fichiers. « La journée a été compliquée hier car le vent fait ce qu’il veut. Il fait surtout ce qu’il n’y a pas sur les modèles. On s’en est pas mal sorti avec Biotherm. On a pris un peu de distance par rapport aux autres bateaux. Mais c’est temporaire car il va se passer beaucoup de choses. La météo est vraiment très compliquée, tordue et variable jusqu’à la fin. Il faut rester concentrés, essayer de ne pas faire de bêtises » explique Nicolas Lunven. Dans ces conditions, la moindre erreur peut coûter cher. « On vient de prendre une bascule à l’envers par exemple. Elle n’était pas prévue comme ça et du coup, Biotherm est revenu sur nous » explique Nicolas en référence à une situation vécue hier après-midi. Cette bataille à couteaux tirés n’est pas pour déplaire aux compétiteurs du bord et en particulier au double vainqueur de la Solitaire du Figaro.
Aujourd’hui, l’intensité de la régate sera la même mais le décor radicalement différent. Holcim-PRB va devoir gérer un renforcement progressif du vent pour atteindre 25 à 30 nœuds. Au près débridé, l’IMOCA va accélérer. Les marins sont prêts à gérer cette nouvelle séquence de la course. Si la fatigue se fait ressentir en raison des manœuvres qui se sont enchainées depuis le coup d’envoi de cette troisième étape, l’ambiance à bord est excellente et studieuse. « Nous sommes sérieux, concentrés. On n’a pas beaucoup le temps pour prendre l’apéro et organiser un barbecue sur la plage arrière. On a eu peu de sommeil depuis le départ. C’est un peu ambiance Solitaire du Figaro ! » s’enthousiasme Nicolas Lunven.
Les bateaux sont attendus demain à Nice.