Une émergence rare et précieuse s’est jouée ces derniers jours à Saint-Leu. Sur la plage artificielle de Kélonia, une centaine de bébés tortues vertes ont quitté le sable pour rejoindre l’océan, sous l’œil attentif des équipes scientifiques. Un événement à la fois émouvant et riche d’enseignements pour la connaissance et la protection de cette espèce emblématique. Depuis plusieurs semaines, les équipes de Kélonia observaient des indices inhabituels au petit matin. Des traces caractéristiques marquaient régulièrement le sable de la plage artificielle, laissant supposer une activité de ponte. Les images issues de la vidéosurveillance ont rapidement confirmé ces soupçons : deux femelles tortues vertes sont effectivement montées sur la plage pour y déposer leurs œufs, un comportement rare dans un site aménagé.
Cette confirmation visuelle a permis de déclencher rapidement un protocole de suivi renforcé, essentiel pour maximiser les chances de succès de l’incubation et documenter précisément l’événement.
Une surveillance scientifique minutieuse des nids
Une fois les zones de ponte identifiées, l’équipe du centre de soins a mis en place une surveillance adaptée, combinant observation de terrain et outils scientifiques. Certains nids ont été équipés de thermomètres enregistreurs, afin de mesurer en continu la température du sable durant l’incubation. Ces données sont précieuses. Chez les tortues vertes, la température d’incubation joue un rôle déterminant, non seulement sur la durée du développement embryonnaire, mais aussi sur le sexe des nouveau-nés. Un paramètre clé dans un contexte de changement climatique, où la hausse des températures peut déséquilibrer les populations à long terme. Après plusieurs semaines sous le sable, l’attente a pris fin avec l’émergence d’environ une centaine de petites tortues, en pleine forme. Un moment toujours spectaculaire, où les nouveau-nés percent la surface avant de s’orienter instinctivement vers la mer.
Conformément aux pratiques de conservation, les tortues ont été relâchées le soir même. Ce choix n’est pas anodin : la tombée de la nuit correspond à une période où les prédateurs sont moins actifs, augmentant ainsi les chances de survie lors des premières minutes, cruciales, de leur vie en milieu naturel.
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