Dimanche 7 juin à 13h02, Sam Goodchild s'élancera des Sables d'Olonne pour l'un des rendez-vous les plus atypiques du calendrier IMOCA : la Vendée Arctique. Grande nouveauté de cette édition : le parcours n'est plus tracé. Les neuf concurrents devront rallier le cercle polaire arctique à la longitude de leur choix avant de revenir en Vendée, après 3 500 milles de navigation. Une liberté stratégique inédite qui promet une course particulièrement ouverte, où les options de route, les systèmes météorologiques et la capacité à saisir les bonnes opportunités pourraient peser autant que la performance pure. Vainqueur de la 1000 Race au mois de mai, le skipper franco-britannique de MACIF Santé Prévoyance s'apprête à relever un défi aussi engagé qu'exigeant.
Dimanche, les étraves pointeront vers le nord pour un aller-retour au départ des Sables d'Olonne. Direction une frontière symbolique située à 66°33' Nord : le cercle polaire arctique. Sur le papier, l'objectif paraît simple. Dans les faits, cette nouvelle configuration ouvre un vaste champ des possibles. Sans aucun point de passage imposé, chaque skipper devra construire sa propre trajectoire en fonction des dépressions, des systèmes météo et de ses choix tactiques. Dans les mers froides et souvent hostiles de l'Atlantique Nord, la Vendée Arctique pourrait ainsi se transformer en une immense partie d'échecs, où l'anticipation et la stratégie compteront autant que la vitesse.
Entre stratégie et grand large
« Les conditions météo peuvent être rudes et c'est ce qu'on vient chercher », sourit Sam Goodchild. Après une 1000 Race disputée début mai dans des conditions relativement clémentes, le décor change radicalement. « Cela n'a rien à voir avec la 1000 Race, durant laquelle la météo s'est montrée très gérable. Aller jusqu'au cercle polaire est en revanche exigeant et intense », explique le skipper franco-britannique. Dans ces eaux froides et ces latitudes peu fréquentées par les IMOCA, il faudra savoir composer avec les dépressions, lire les transitions, anticiper les bascules et choisir le bon moment pour grimper vers le nord. « La gestion du mauvais temps en solitaire, c'est un passage obligé de notre sport, et c'est aussi un moment où tu peux faire la différence », observe-t-il. La course s'annonce autant physique que stratégique. « Côté météo, il y a moins de statistiques que dans le Grand Sud car moins de navigations en course là-bas. On fait des routages depuis quelque temps histoire d'observer les phénomènes. On connaît la navigation jusqu'en Irlande, après on connaît moins. Dans le Grand Sud, on accompagne les dépressions, cette fois nous allons traverser les systèmes pour rejoindre le cercle polaire », analyse Sam Goodchild.
Cette phrase résume peut-être mieux que toute autre la singularité de la Vendée Arctique. Comme un alpiniste qui grimpe vers un sommet, les skippers devront traverser les systèmes météo les uns après les autres avant d'aller toucher cette ligne invisible tracée à 66°33' Nord. Une ascension océanique où l'endurance compte autant que l'inspiration, le tout sous un soleil qui ne se couche jamais…
Sam, favori assumé
Depuis le début de saison, Sam Goodchild poursuit sa montée en puissance à bord de MACIF Santé Prévoyance. Sa victoire sur la 1000 Race a confirmé son excellent niveau de performance et sa capacité à exploiter pleinement le potentiel de son IMOCA. « J'ai l'étiquette de favori, je me mets un peu de pression », confie-t-il. « Mais il faut se méfier de tout le monde. Ambrogio Beccaria et Corentin Horeau ont de bons bateaux qui peuvent aller vite dans la mer forte. Tout le monde peut tirer son épingle du jeu », prévient le skipper de MACIF Santé Prévoyance. Lucide sur la concurrence, Sam Goodchild aborde néanmoins ce rendez-vous avec davantage de confiance. « L'expérience que j'ai acquise fait que je suis plus à l'aise en IMOCA. Je suis plus en confiance, je connais mieux maintenant mes limites et mes capacités et ça change beaucoup de choses », souligne-t-il.
À quelques jours du départ, l'heure est désormais aux derniers ajustements. « Je prépare mon sac, je me prépare mentalement car cette course va nous emmener dans des contrées que l'on connaît moins bien. En solitaire, c'est costaud. J'embarque des polaires, des sous-couches, comme si je partais naviguer en hiver », raconte le marin. Dans ses mots, on sent à la fois le respect du défi et l'impatience de s'y confronter. « J’ai hâte de prendre le départ. J'ai une chance énorme de courir la Vendée Arctique sur un si bel IMOCA, parfaitement préparé. Je n’ai aucun doute sur la richesse de ces 8 à 10 jours de course. La Vendée Arctique va se jouer dans la durée. Sur la Route du Rhum, on sait d’avance que l’on aura 2-3 jours rudes au début mais ensuite ce sont les alizés. Sur la Vendée Arctique, c’est possible de passer une semaine dans le dur » conclut Sam Goodchild.
Le skipper de MACIF Santé Prévoyance part donc vers le cercle polaire avec un double objectif : performer et apprendre. Et dans les lumières du Grand Nord, les deux vont souvent de pair.
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