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Le mot tong vient de l’anglais « thong « qui signifie lanière. Pourtant la tong n’a rien d’américain ! Elle est d’ailleurs appelée « flip flops » dans les pays anglo-saxons.
En réalité c’est à l’Egypte que nous devons cet indispensable de notre dressing. La tong a en effet été inventée, il y a plus 5000 ans av. JC, par les égyptiens. On trouve ainsi des représentations de l’ancêtre de la claquette dans d’anciennes gravures murales datant de l’Egypte ancienne. Faites avec une semelle de papyrus à l’époque, elle était un objet de luxe réservé aux pharaons et à sa famille. Pendant l’Antiquité, les romains et les grecs adoptèrent eux aussi la tong. Mais contrairement aux égyptiens, les romains optèrent pour une tong avec une lanière située entre le deuxième et le troisième orteil !
On retrouve des ancêtres de la tong moderne dans presque toutes les cultures : chez les Masai, les indiens mais aussi en Chine et au Japon. La traditionnelle et symbolique chaussure indienne à haute plateforme, la Paduka, du sanskrit « petit pied », par exemple, reprend le principe de la tong égyptienne mais remplace la lanière par un bouchon.
La chaussure qui arrive aux Etats-Unis et en Europe dans les années 50-60 s’inspire non pas de la tong égyptienne mais de la tong asiatique, la z?ri d’origine japonaise. Elle est ramenée par les soldats américains après la seconde guerre mondiale et par les premiers immigrés indochinois. La tong japonaise était à la base une « chaussure outil », faite en bois et portée par les paysans japonais pour circuler dans les rizières. Elle devient par la suite la z?ri, en quittant le bois pour la paille de riz plus légère, et en s’équipant d’un petit talon pour les courtisanes.
C’est donc vers 1960 que la chaussure débarque en France et prend son nom définitif de tong. Propulsée par le mouvement hippie, les tongs, si pratiques et si légères, se multiplient sur les plages. Les industriels français ne veulent pas passer à côté de la tendance et la tong française avec semelle en PVC débarque dans les années 70.
Pourtant, lorsqu’on pense à la tong, on pense d’abord et avant tout au Brésil et non à l’Asie. En effet, la tong et le Brésil sont aujourd'hui associés dans l'esprit des consommateurs grâce à une marque icônique : Havaianas. En 1964, un industriel brésilien dépose le brevet de sa chaussure en pneu recyclé, simple et peu chère, portée par les habitants des bidonvilles. La tong Havaianas est initialement constituée d’une semelle blanche et bleu ornée d’une bride bleue. Mais une année, une erreur de fabrication rend la bride de la tong verte. Catastrophe ? Pas du tout ! Cette tong verte un peu différente plait beaucoup aux consommateurs. La marque décide alors de diversifier et de développer toute une gamme de tongs aux couleurs variées. En 1998, la marque surfe sur la coupe du monde de 98 et insère sur sa bride un petit drapeau brésilien… C’est le début d’un succès mondial. Les consommateurs du monde entier adoptent rapidement cette tong, désormais reconnaissable entre toutes.
Avec plus de 200 millions de ventes, et des prix allant de 20 à 120 euros, la tong Havaianas est sur tous les pieds. Auparavant destinée aux habitants des bidonvilles, elle est désormais portée par les célébrités. Avec des strass, à pois, à paillettes ou bien encore compensée, la tong se renouvèle chaque année, s’offrant même le luxe de collaborer avec les plus grands créateurs : Gauthier, Castelbaljac, Missoni, Swarovski et dernièrement Charlotte Olympia ! Parions que vous ne verrez désormais plus vos tongs de la même manière !