Faut-il se déchausser avant de monter sur un bateau ? Une question simple en apparence, mais loin d’être anodine

Culture nautique

Sur les pontons, la scène se répète inlassablement. Une personne s’apprête à monter à bord, hésite une fraction de seconde, regarde ses pieds, puis le cockpit. Faut-il enlever ses chaussures ou les garder ? Cette hésitation, presque universelle, montre à quel point la question n’est jamais totalement évidente.

Sur les pontons, la scène se répète inlassablement. Une personne s’apprête à monter à bord, hésite une fraction de seconde, regarde ses pieds, puis le cockpit. Faut-il enlever ses chaussures ou les garder ? Cette hésitation, presque universelle, montre à quel point la question n’est jamais totalement évidente.
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Car contrairement à une idée répandue, se déchausser avant de monter sur un bateau n’est ni une règle maritime officielle, ni une simple question de politesse. C’est un sujet qui mêle sécurité, confort, entretien du bateau, usages nautiques et parfois même vision très personnelle de la navigation. Et c’est précisément pour cela qu’il n’existe pas de réponse unique.

 

Une question qui dépend avant tout du type de bateau

Le premier critère, et sans doute le plus déterminant, reste le bateau lui-même. Tous ne sont pas conçus pour être vécus de la même façon, ni utilisés dans les mêmes conditions. Sur un voilier de croisière hauturière, un bateau de travail, un semi-rigide ou une unité orientée sport, les chaussures sont généralement considérées comme un élément de sécurité. Les déplacements sont fréquents, parfois rapides, et les surfaces peuvent devenir glissantes avec l’humidité ou les embruns. Dans ces conditions, un pied protégé et bien maintenu fait toute la différence. Éric, habitué aux navigations engagées, ne laisse aucune place au doute. « Sur mon bateau, garder ses chaussures est une évidence. On manœuvre beaucoup, on se déplace en permanence, et il y a du matériel partout. Être pieds nus n’apporte rien, au contraire. Ce que je demande simplement, c’est que les chaussures soient adaptées au bateau. » À l’inverse, sur un bateau à moteur orienté vers la plaisance, un day-boat ou une unité équipée d’un pont en teck, le rapport au pont change complètement. Le bateau devient aussi un lieu de vie, de détente, parfois même un prolongement du salon. Le pont n’est plus seulement un espace fonctionnel, mais un espace que l’on partage, sur lequel on s’assoit, on s’allonge, on circule pieds nus. Dans ce contexte, les chaussures peuvent rapidement devenir indésirables, non par principe, mais pour préserver les matériaux et le confort général à bord.

 

Navigation active ou moment de détente : l’usage fait la règle

Un bateau peut servir à mille choses différentes, parfois au cours d’une même journée. Et c’est là que la question des chaussures devient encore plus subtile. Lorsqu’il s’agit de naviguer activement, de manœuvrer, de gérer des amarres, de surveiller la route ou de se déplacer fréquemment sur le pont, les chaussures apportent une sécurité évidente. Elles protègent le pied, améliorent l’adhérence et réduisent le risque de glissade ou de choc. Mais dès que le bateau passe en mode détente, au mouillage ou lors d’une navigation paisible, la logique change. Le pont devient un espace de vie, et le pied nu participe au confort et à la sensation de liberté recherchée par de nombreux plaisanciers. Jean-Luc, qui privilégie les sorties tranquilles, l’assume pleinement. « Sur mon bateau, on enlève les chaussures dès qu’on monte. Le pont reste propre, on circule librement, et on se sent immédiatement plus détendu. Pour moi, ça fait partie intégrante du plaisir d’être sur l’eau. »

 

Chaussures, hygiène et propreté : un équilibre à trouver

La question des chaussures touche aussi à un aspect souvent sous-estimé : l’hygiène à bord. Les pontons ne sont pas toujours propres. Sable, poussière, traces grasses, humidité, parfois même résidus de carburant, tout cela finit sous les semelles. Monter à bord sans se déchausser peut rapidement salir le pont, rendre certaines surfaces glissantes et compliquer la vie quotidienne, surtout lorsque l’équipage circule ensuite pieds nus. Sur des matériaux sensibles comme le teck, l’impact est encore plus visible. Pour autant, se déchausser systématiquement n’est pas toujours la meilleure option. En plein été, certains ponts deviennent brûlants. Après une baignade, l’humidité peut rendre les surfaces glissantes. Et la présence de taquets, rails, charnières ou équipements divers augmente le risque de blessures pour des pieds non protégés. C’est pour cette raison que beaucoup de plaisanciers choisissent une solution intermédiaire : des chaussures réservées exclusivement au bateau. Toujours propres, antidérapantes et adaptées au milieu marin, elles permettent de préserver le pont tout en garantissant sécurité et confort.

 

Une question de culture autant que de technique

Se déchausser ou non relève aussi d’une culture nautique, souvent transmise avec l’expérience. Certains plaisanciers ont toujours navigué chaussures aux pieds et ne conçoivent pas le bateau autrement. D’autres associent instinctivement le pied nu à la plaisance et à la liberté. Ces différences s’expliquent aussi par les zones de navigation, les types de bateaux fréquentés et les habitudes acquises au fil du temps. Sur un bateau, il n’y a pas de règle générale valable pour tous, mais des usages propres à chaque bord.
Et comme souvent en mer, le bon sens et l’observation priment sur toute autre considération.

 

Respect des règles du bord : un point essentiel

Un bateau reste un espace privé, avec ses propres codes. Le propriétaire fixe les règles, parfois explicitement, parfois de manière implicite. Respecter ces usages fait partie intégrante de la vie à bord, au même titre que respecter les consignes de sécurité ou les règles de navigation. Les situations inconfortables naissent rarement du fait de garder ou non ses chaussures, mais plutôt de l’absence de communication. Une simple question avant d’embarquer suffit presque toujours à éviter toute ambiguïté.

 

Faut-il se déchausser avant de monter sur un bateau ? Une réponse forcément nuancée

Il n’existe pas de réponse universelle à cette question. Selon le type de bateau, l’activité prévue, les conditions de navigation et la philosophie du bord, se déchausser peut-être une évidence ou une mauvaise idée. Ce qui fait consensus, en revanche, c’est la nécessité de s’adapter. Observer le bateau, comprendre son usage, respecter les habitudes du propriétaire et faire preuve de bon sens restent les meilleures règles à suivre. Sur l’eau, plus encore qu’ailleurs, ce sont souvent ces petits gestes, presque invisibles, qui conditionnent le confort, la sécurité et la qualité de l’expérience à bord.

 

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.