Ces jeunes qui larguent les amarres sans expérience nautique

Culture nautique
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Ils n’ont pas grandi dans les clubs de voile, n’ont pas forcément de parents navigateurs et découvrent parfois la mer adulte, au détour d’un stage, d’une vidéo ou d’une rencontre. Une génération se lance dans la navigation hauturière avec une expérience parfois très limitée, porté par les réseaux sociaux et les nouvelles formes d’embarquement. Leurs grands-parents avaient fait de même à la fin des années (19)60. Est-ce plus dangereux aujourd’hui ?

Ils n’ont pas grandi dans les clubs de voile, n’ont pas forcément de parents navigateurs et découvrent parfois la mer adulte, au détour d’un stage, d’une vidéo ou d’une rencontre. Une génération se lance dans la navigation hauturière avec une expérience parfois très limitée, porté par les réseaux sociaux et les nouvelles formes d’embarquement. Leurs grands-parents avaient fait de même à la fin des années (19)60. Est-ce plus dangereux aujourd’hui ?

© Illustration AdobeStock - astrosystem

Ces jeunes qui partent en solitaire sans avoir navigué avant : le phénomène des nouveaux aventuriers des mers

Dans les ports de départ des grandes traversées, le paysage change. À côté des couples de retraités qui préparent leur tour de l’Atlantique depuis dix ans, des familles en année sabbatique et des propriétaires aguerris, on croise désormais des profils plus inattendus. Une jeune femme qui a découvert la voile lors d’un stage intensif avant d’acheter un petit monocoque. Un couple urbain qui n’avait jamais dormi au mouillage avant de tout vendre. Un trentenaire en reconversion qui apprend la mécanique diesel en même temps qu’il répare son moteur. Un équipier devenu chef de bord après quelques embarquements seulement… Tous ne partent pas seuls. Aucun ne semble inconscient. Beaucoup travaillent sérieusement, s’entourent, se forment, progressent vite. Mais ils incarnent une évolution profonde : la mer n’est plus seulement l’affaire des héritiers du nautisme, des enfants de clubs ou des familles de plaisanciers. Elle attire une génération qui arrive par d’autres chemins, souvent par l’image, le récit, la quête de sens ou le besoin de reprendre la main sur sa vie.

Un phénomène qui est loin d’être anecdotique. Il se voit de plus en plus dans les mouillages et… sur les réseaux sociaux ! La grande traversée, longtemps perçue comme le sommet d’un long apprentissage, devient parfois un projet de rupture : on quitte son emploi, on achète un bateau, on se forme, on appareille. La question n’est pas de savoir si cette envie est légitime. Elle l’est. La vraie question est plus délicate : que faut-il réellement savoir avant de partir loin ?

Une génération sans port d’attache

Finie l’époque où on devenait marin par imprégnation. On commençait enfant sur un dériveur, puis on régatait en club, on embarquait en croisière familiale, on passait les vacances à tirer des bords, à prendre des ris, à mouiller dans le courant et à rentrer au port par vent de travers. Cette voie existe toujours. Mais elle n’est plus la seule. Aujourd’hui, certains arrivent au bateau par la fatigue du bureau, le coût du logement, la saturation des grandes villes, la recherche d’une vie plus simple. Le voilier devient alors plus qu’un moyen de transport : c’est une maison, un atelier, un refuge, parfois un bureau flottant. Il promet une existence resserrée autour de gestes concrets : produire son énergie, compter son eau douce, surveiller la météo, réparer, attendre, et surtout : décider. 

Cette aspiration parle fortement aux jeunes adultes. Beaucoup n’ont pas les moyens d’acheter une maison, mais peuvent parfois s’offrir un voilier ancien de 9 à 11 mètres. Ils n’ont pas grandi au bord de l’eau, mais ils ont accès à des stages, à des équipages en recherche de bras, à des formations courtes, à des récits détaillés d’autres voyageurs. Ils n’ont pas toujours un capital nautique familial, mais ils possèdent une capacité d’apprentissage rapide et une grande habitude de chercher seuls l’information. 

Le résultat est fascinant : le grand voyage devient plus ouvert, plus divers, moins codifié. On voit davantage de femmes seules, de couples sans passé maritime, de jeunes actifs en rupture, de profils venus du numérique, de l’artisanat, de la santé, de l’enseignement ou de métiers totalement éloignés de la mer. Leur point commun n’est pas l’expérience initiale. C’est l’envie d’essayer.

Les réseaux sociaux, accélérateurs de départ

Il serait impossible de comprendre ce phénomène sans parler des réseaux sociaux. Ils ont rendu visible une vie qui, autrefois, restait discrète. Avant, les grands voyageurs publiaient un livre au retour ou quelques articles dans la presse spécialisée. Aujourd’hui, ils filment l’achat du bateau, la première avarie, le départ, la peur dans le mauvais temps, les repas au mouillage, les réparations, les arrivées au soleil. Cette visibilité a un effet puissant. Elle démocratise l’imaginaire du large. Elle montre que les marins au long cours ne sont pas tous des professionnels burinés, mais aussi des gens ordinaires, avec des doutes, des erreurs, des comptes serrés, des voiles fatiguées et des batteries capricieuses. Pour un jeune lecteur, le message est clair : pourquoi pas moi ?

C’est une chance pour le nautisme. Cette nouvelle parole rend le bateau moins intimidant. Elle attire des profils que les ports, les salons et les clubs ne touchaient plus forcément. Elle donne envie de se former, d’embarquer, d’oser une première navigation de nuit ou une première traversée vers les Baléares, la Corse, les Canaries ou les Antilles. Mais cette mise en récit a aussi son revers. Une vidéo de vingt minutes ne montre pas toujours les semaines de préparation, les heures passées dans les coffres, les devis refusés, les erreurs corrigées, les nuits blanches à surveiller un mouillage. Une panne y devient parfois un épisode. En mer, une panne n’est pas un épisode : c’est une situation qui peut dégénérer. Une pompe de cale qui ne démarre pas, un filtre à gazole bouché, un pilote automatique hors service ou un mouillage qui chasse ne relèvent pas du décor. Ce sont des moments où l’expérience, le calme et la méthode font toute la différence. Le danger n’est donc pas de regarder des vidéos. Le danger est de croire qu’elles remplacent la pratique.

Peut-on apprendre la mer en quelques mois ?

La réponse tient en deux mots : oui, mais. Oui, parce qu’un adulte motivé, bien formé, bien encadré, humble et méthodique peut progresser très vite. Mais non, si l’on pense qu’un stage, quelques sorties côtières et une bonne application météo suffisent à devenir chef de bord hauturier. 

La mer ne demande pas seulement des connaissances. Elle demande des automatismes. Savoir prendre un ris à quai n’est pas savoir le prendre de nuit, sous grains, avec un équipier malade et le bateau qui tape. Savoir lire une carte n’est pas forcément savoir décider de renoncer. Savoir mouiller par beau temps n’est pas savoir gérer une ancre qui décroche à trois heures du matin dans une baie encombrée. La formation minimale d’un candidat au large devrait couvrir quatre domaines. D’abord la conduite du bateau : manœuvres de port, réduction de toile, navigation de nuit, mouillage, récupération d’un homme à la mer. Ensuite la navigation : carte, estime, marées, préparation de route, zones de repli, lecture météo. Puis la sécurité : VHF, balise, radeau de survie, incendie, voie d’eau, pharmacie, premiers secours. Enfin la maintenance : moteur diesel, électricité de base, plomberie, gréement courant, pilote automatique. 

Ce dernier point est souvent sous-estimé. Pourtant, en grande croisière, le marin devient aussi mécanicien, électricien, plombier et parfois couturier. Un bateau de voyage est un système vivant, soumis au sel, aux vibrations, à l’humidité et aux efforts. Il ne suffit pas de savoir barrer. Il faut savoir comprendre ce qui se passe quand quelque chose ne fonctionne plus. La météo mérite une place à part. Un départ hauturier ne se décide pas sur une impression ou une simple fenêtre aperçue sur un écran. Il impose de comprendre les fronts, les dépressions, les alizés, les effets de côte, les accélérations entre les îles. Les outils modernes sont précieux, mais ils doivent être croisés avec une source fiable. Pour les plaisanciers français, METEO CONSULT Marine reste une référence utile pour préparer une navigation, suivre l’évolution des phénomènes et éviter de transformer une première traversée en épreuve brutale.

Ce que disent les chiffres de sécurité

Les statistiques ne permettent pas d’isoler précisément les accidents impliquant de jeunes navigateurs inexpérimentés. Les bilans officiels classent les opérations par type de navire, zone, cause ou gravité, rarement par parcours du chef de bord. Il faut donc rester prudent. Mais les données disponibles rappellent une évidence : la plaisance reste une activité exposée. En France, les centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage déclenchent chaque année plusieurs milliers d’opérations liées à la plaisance et aux loisirs nautiques. Les causes sont souvent classiques : avarie moteur, voie d’eau, échouement, démâtage, chute à la mer, malaise, difficulté au mouillage. Rien de spectaculaire au départ, mais des situations qui deviennent graves lorsqu’elles sont mal anticipées.

Les bilans étrangers, notamment nord-américains, montrent eux aussi le poids du facteur humain : manque d’expérience, défaut de veille, mauvaise appréciation de la situation, inattention, non-port du gilet, décisions tardives. Ce sont souvent l’excès de confiance, la fatigue ou une succession de petites erreurs qui génèrent les soucis. Soyons clairs : être jeune n’est pas un risque. Être débutant n’est pas une faute. En revanche, partir sans marge, sans formation suffisante, sans préparation du bateau et sans capacité à renoncer peut devenir dangereux.

Un phénomène salutaire, à condition de rester humble

Faut-il se réjouir de voir arriver ces nouveaux profils ? Oui. Le nautisme a besoin de cette ouverture. Il a besoin de jeunes, de femmes seules, de couples venus d’ailleurs, de parcours différents, de récits moins intimidants. La mer ne doit pas rester un club fermé. Elle appartient aussi à ceux qui n’en ont pas hérité. Mais cette démocratisation ne doit pas affaiblir l’exigence. On peut venir de nulle part et devenir marin. On ne peut pas faire semblant de l’être. L’océan accepte les débutants, mais il exige qu’ils le sachent. Il récompense la curiosité, la patience, la prudence, la capacité à demander conseil et à recommencer.

A la fin des années 60, les grands-parents de ces jeunes s’étaient, eux aussi, lancés dans l’aventure nautique, souvent sans expérience. Beaucoup avaient même construits eux-mêmes leurs bateaux et faire des tours du monde remarquables. Pourquoi les jeunes d’aujourd’hui ne pourraient-ils pas faire de même tout en offrant un vent frais dans un monde – le nautisme – parfois trop étriqué ?

Et c’est sans doute la meilleure leçon à transmettre à ceux qui rêvent de partir vite : le vrai départ ne commence pas quand on largue les amarres. Il commence quand on accepte que la mer sera toujours plus grande que l’envie que l’on a d’elle.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.
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