Pêche en float tube : la technique discrète qui séduit de plus en plus d’adeptes

Pêche en mer

À mi-chemin entre la pêche du bord et celle en bateau, le float tube s’est imposé sur de nombreux lacs et plans d’eau français. Léger, simple à transporter et très efficace pour approcher les carnassiers, il permet surtout de pêcher des zones difficiles d’accès. Mais derrière son apparente simplicité se cache une vraie technique, où placement, lecture de l’eau et sécurité font toute la différence.

À mi-chemin entre la pêche du bord et celle en bateau, le float tube s’est imposé sur de nombreux lacs et plans d’eau français. Léger, simple à transporter et très efficace pour approcher les carnassiers, il permet surtout de pêcher des zones difficiles d’accès. Mais derrière son apparente simplicité se cache une vraie technique, où placement, lecture de l’eau et sécurité font toute la différence.

© AdobeStock - Miroslav

 

Vu depuis la berge, l’engin peut d’abord surprendre. Un siège flottant, deux gros flotteurs, une paire de palmes et un pêcheur installé presque au niveau de l’eau. Pourtant, le float tube n’a depuis longtemps plus rien d’une curiosité réservée à quelques passionnés. La pratique s’est largement développée et possède aujourd’hui ses compétitions spécifiques. Son succès tient en grande partie à une promesse simple : retrouver une partie de la liberté offerte par un bateau, sans avoir besoin d’un bateau.

 

Une embarcation minimaliste pour aller là où la berge s’arrête

Le principe est rudimentaire. Le pêcheur s’installe dans un siège maintenu entre deux flotteurs et se déplace principalement grâce à des palmes. Ses jambes restent dans l’eau tandis que le haut du corps demeure suffisamment dégagé pour lancer et combattre un poisson. Depuis la rive, arbres, roseaux, propriétés privées, pentes abruptes ou végétation aquatique rendent parfois une grande partie des postes inaccessibles. En float tube, le pêcheur peut rejoindre une bordure impossible à atteindre à pied, longer une cassure, contourner une roselière ou se positionner au-dessus d’une zone profonde. C’est l’un de ses grands intérêts : il ne permet pas seulement d’aller plus loin, mais surtout de se placer différemment. Pour rechercher des carnassiers comme le brochet, la perche, le sandre ou le black-bass, ce changement de position ouvre considérablement le terrain de jeu.

 

Pêcher une cassure plutôt que simplement lancer dessus

Prenons une situation classique. Depuis la berge, le fond descend progressivement avant de tomber brutalement de trois à huit mètres. Le pêcheur à pied lance vers cette cassure et ramène son leurre vers lui. En float tube, il peut faire exactement l’inverse.

Il se place dans la partie profonde et lance vers le haut de la cassure. Le leurre travaille alors en descendant naturellement. Le pêcheur peut aussi suivre la rupture de pente sur plusieurs centaines de mètres en palmant doucement. Pour le sandre ou la perche, cette possibilité est particulièrement intéressante. Certaines techniques peuvent même être pratiquées presque à la verticale sous le float tube. Avec un sondeur, il devient également possible de repérer profondeurs, reliefs ou poissons et de revenir précisément sur une structure immergée. Le float tube devient alors moins un moyen de transport qu’un véritable poste de pêche mobile.

 

La discrétion, son meilleur atout

Autre avantage : un float tube fait peu de bruit. Pas de moteur thermique, peu de vibrations et des déplacements lents. En palmant doucement, il est possible d’approcher une bordure ou un haut-fond avec une discrétion difficile à obtenir avec une embarcation plus lourde. Le pêcheur n’est pas pour autant invisible. Les palmes déplacent de l’eau et une arrivée trop rapide peut faire fuir le poisson. Toute la différence tient donc dans la maîtrise du déplacement. Les pêcheurs expérimentés utilisent de petites impulsions de palmes pour conserver leur position face au vent ou corriger une dérive. Cette capacité à rester quelques mètres au large d’un poste et à multiplier les angles de lancer constitue l’un des grands intérêts de la technique. Une branche immergée peut être attaquée depuis plusieurs directions, une roselière longée parallèlement et une pointe prospectée depuis différentes profondeurs. Le pêcheur ne subit plus totalement la géographie de la rive.

 

Plus accessible qu’un bateau, mais pas forcément simpliste

Autre explication à son développement : la logistique. Un float tube dégonflé tient facilement dans un coffre de voiture et certains modèles permettent même d’accéder à pied à des mises à l’eau impossibles pour une remorque. Mais l’image du pêcheur partant simplement avec une canne et deux palmes devient vite trompeuse. Avec l’expérience viennent les accessoires : plusieurs cannes, boîtes de leurres, épuisette, pompe, porte-cannes, vêtements adaptés, matériel de sécurité et parfois électronique embarquée. Certains pêcheurs équipent aujourd’hui leur float tube d’un sondeur alimenté par une petite batterie, ce qui permet d’explorer précisément le relief d’un lac. La simplicité initiale peut donc rapidement évoluer vers une pratique très technique.

 

Brochet, perche, sandre : le royaume des carnassiers

Si le float tube est étroitement associé aux carnassiers, ce n’est pas un hasard. Le brochet fréquente volontiers bordures végétalisées, herbiers et ruptures de profondeur. La perche peut se regrouper autour de structures immergées difficiles à atteindre depuis la rive. Quant au sandre, il pousse souvent le pêcheur à rechercher précisément cassures, fosses et reliefs profonds. Le float tube permet ainsi de passer rapidement d’une pêche de bordure à une pêche plus verticale. Le combat avec le poisson participe aussi au plaisir de la pratique. Installé quasiment au niveau de l’eau, le pêcheur ressent immédiatement les accélérations d’un brochet ou les changements de direction d’une grosse perche. Sur un poisson puissant, le float tube peut même légèrement pivoter ou se déplacer. Une proximité avec l’eau qui contribue largement à son charme.

 

Le vent, principal ennemi du pêcheur en float tube

Cette légèreté a néanmoins son revers. Un float tube offre une prise importante au vent. Une petite brise peut aider à dériver lentement le long d’une zone. Lorsqu’il forcit, la partie devient en revanche beaucoup plus physique. Le pêcheur doit alors palmer continuellement pour tenir sa position et peut rapidement être déporté loin de son point de départ. Une sortie doit donc être préparée comme une véritable navigation. Météo, température de l’eau, distance à parcourir et possibilités de sortie doivent être évaluées avant la mise à l’eau. La prudence doit être renforcée près des barrages, seuils et ouvrages hydrauliques, et le port d’un équipement de flottabilité reste indispensable.

 

Peut-on mettre son float tube partout ?

C’est l’un des pièges pour les débutants : posséder un float tube ne signifie pas pouvoir l’utiliser sur n’importe quel plan d’eau. Selon les sites, la navigation peut être autorisée, limitée ou interdite. Certains lacs disposent de règles spécifiques concernant les embarcations et les float tubes, tandis que des restrictions peuvent également s’appliquer à certaines zones. Avant chaque nouvelle sortie, mieux vaut donc consulter la réglementation locale plutôt que se fier à ce que font les autres pêcheurs.

 

Une autre façon de pêcher

Réduire le succès du float tube à son prix ou à sa facilité de transport serait passer à côté de l’essentiel. Ce qui séduit surtout, c’est la manière dont il modifie la pêche elle-même. Quelques coups de palmes permettent de changer d’angle. Une zone autrefois inaccessible devient un poste. Une cassure invisible depuis la rive peut être suivie précisément. Une dérive lente permet d’explorer plusieurs centaines de mètres sans interrompre la pêche. Le float tube se situe ainsi dans un entre-deux particulièrement intéressant : suffisamment simple pour rester proche d’une pêche légère et mobile, mais assez efficace pour permettre une véritable exploration du milieu.

Et c’est probablement là que se trouve la raison de son succès. Le pêcheur ne regarde plus seulement le lac depuis sa rive : il entre littéralement dans son terrain de jeu.

 

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.