Faut-il opter pour une manivelle de winch électrique ?

Samedi 15 septembre 2018 à 16h02

Nous avons testé la manivelle de winch électrique Ewincher sur trois bateaux différents. Quel intérêt à bord ? Cette dernière est actuellement présentée au Yachting Festival de Cannes. Découvrez notre avis.

Avec Ewincher, on a affaire à une nouvelle conception, faisant appel aux techniques modernes. ©Albert Brel
Nous avons testé la manivelle de winch électrique Ewincher sur trois bateaux différents. Quel intérêt à bord ? Cette dernière est actuellement présentée au Yachting Festival de Cannes. Découvrez notre avis.

La manivelle électrique n’est pas en soit un produit récent. Il en existe depuis plusieurs dizaines d’années, certaines sont toujours présentes, d’autres n’ont fait qu’un passage éphémère. Pour être objectif, bien qu’ayant testé pratiquement tous les modèles présents sur le marché, sans considérer ce produit dénué d’intérêt, aucun ne nous avait paru être le produit indispensable à bord. Les raisons principales : l’alimentation électrique avec des batteries qui ne tiennent pas la charge, ou avec un câble, ou encore une mécanique qui ne résiste pas à l’environnement. Avec Ewincher, on a affaire à une nouvelle conception, faisant appel aux techniques modernes. Lorsque nous l’avons repéré dans les salons, en particulier au METS d’Amsterdam, nous avons tout de suite compris que le concepteur, étant navigateur, avait pensé cette manivelle comme une manuelle assistée électriquement. Elle nous a semblé bien adaptée au plaisancier qui trouve que les efforts deviennent de plus en plus importants lorsqu’il faut wincher, car il n’y a pas que le bateau qui prend de l’âge.

Les possibilités offertes

Avant d’entrer dans les détails d’utilisation, trois points ont retenu notre attention : sa longueur identique au standard manuel (250 mm), la possibilité de l’utiliser comme une manuelle sur tous les winchs (carré standard) et son étanchéité IPX6. Maintenant, entrons dans les détails. Sur le pommeau de la manivelle, un bouton donne accès au mode manuel ainsi qu’à l’inversion de sens. Un deuxième bouton sur la poignée assure la rotation (assistance électrique) : plus on appuie, plus elle est rapide. Un autre bouton placé à l’avant permet le déverrouillage du carré de blocage sur le winch et la mise sous tension, et enfin un quatrième placé latéralement permet de sortir la batterie.

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La manivelle positionnée sur un winch.© Albert Brel

Les trois possibilités offertes sont :

- Le mode manuel : il suffit d’appuyer sur le pommeau et de l’utiliser comme une manivelle manuelle.

- Le mode assisté (voyant vert allumé) : il suffit d’appuyer sur le bouton de la poignée. La rotation est fonction de l’appui (15 à 80 t/mn).

- Le mode combiné : en utilisation assistée, on peut tourner la manivelle comme une standard pour embraquer plus vite.

On peut choisir le sens de rotation pour passer à la vitesse 2 du winch. Cela se fait par simple appui sur le bouton du pommeau ou en positionnant la manivelle de l’autre côté du winch (le voyant passe en violet).

La prise en main

Le mode d’emploi décrit bien toutes les possibilités que nous venons de voir avec des illustrations pour chaque utilisation. En pratique, nous pensions l’utiliser sur un bateau pour juger de son efficacité et de son intérêt, en fait, nous avons opté pour une utilisation sur des bateaux différents en notant les remarques des propriétaires. Tout d’abord, nous l’avons essayée sur un First 35 et un Océanis pour mettre les voiles à poste et utilisée en lieu et place d’une manivelle manuelle. Il est évident que l’utilisation en mode manuel et assisté ne pose pas de difficultés. Lorsque l’on entre en mode inversion de sens de rotation et mode combiné, c’est moins évident la première fois et ce d’autant plus que le voyant (vert ou violet) n’est guère visible au soleil et masqué par la main. L’autre utilisation s’est faite sur un dériveur de 12 m équipé d’une dérive de 800 kg. Devant la difficulté pour relever cette dérive, le propriétaire a doublé le palan (passé de 4 à 8 brins) puis a opté pour une manivelle électrique (dont on taira la marque) qui lui donnait satisfaction mais dont la batterie ne tient plus la charge au bout de deux ans de service. Pour lui qui avait la pratique d’une manivelle électrique, la Ewincher l’a surpris par sa puissance et sa rapidité.

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Bouton inversion de sens et commande© Albert Brel

Qu’en est-il de la puissance ?

Une personne fournit un effort moyen de 15 à 25 kg sur une manivelle de winch. Il en résulte sur un modèle 40 une force moyenne résultante de 100 à 140 kg sur la première vitesse et de 615 kg à 820 kg sur la deuxième vitesse, par exemple sur une écoute. Ewincher en standard est livrée réglée sur 23 kg. Cette force permet d’obtenir au maximum de 157 à 943 kg sur notre winch de 40. En fonction des winchs que vous avez à bord, à l’aide d’une application gratuite (smartphone), vous pouvez régler cette force entre 10 et 32 kg. Sur le réglage maximum 32 kg, on obtient sur un winch de 40 une force de 274 kg (vitesse 1) et de 1312 kg (vitesse 2). Mais, dans ce cas, si la puissance est importante, la force de l’équipier qui retient la manivelle doit l’être aussi. Une valeur maximum à ne pas mettre entre toutes les mains et pas sur tous les winchs au risque de détériorer la mécanique. Ce réglage doit être utilisé non pas pour aller au-delà de 23 kg mais plutôt en dessous en fonction des winchs.

L’importance d’une longueur standard

La longueur de 254 mm et la forme que l’on retrouve sur les modèles manuels n’ont pas été choisies au hasard. La forme a été étudiée en fonction de l’anatomie de l’être humain et la longueur est liée à la puissance du winch. Tous les fabricants de winchs ont retenu cette valeur de 254 mm pour indiquer les rapports de puissance. Si nous prenons un winch 40 (poupée de 37 mm) donné pour des rapports de vitesse de 1/1 et 6/1, cela donne des rapports de puissance avec une manivelle de 254 mm de : 254/37 X 1 = 6.85 et 254/37 x 6 = 41 en deuxième vitesse. Avec une manivelle plus petite, il en existe des 200 mm, on a une perte 20%. Avec une plus grande, par exemple le double, on doublerait la puissance mais au risque de détériorer la pignonerie des winchs. En exerçant une force de 3 kg sur la manivelle, sur le winch de 40, on obtient une force de 20 Kg (6.85 x 3) sur la première vitesse et de 123 kg (3x41) sur la deuxième. Si Ewincher a retenu 254 mm c’est avant tout pour une question pratique, les winchs étant généralement positionnés de telle sorte qu’une manivelle de 254 mm puisse tourner. Quant à la forme, on retrouve une poignée proche d’une manuelle mais avec un corps ayant plus d’embonpoint dû à la présence du moteur.

Passer à la manivelle électrique ou motoriser les winchs

Le prix de 2 600 euros pour la manivelle et 290 euros pour la batterie supplémentaire peut rebuter certains. En fait, il faut raisonner par rapport à la motorisation d’un winch (possibilité offerte sur certains modèles). Si on prend comme exemple la motorisation d’un modèle ST40 Lewmar, le prix est de 2 100 euros et un modèle électrique 40EST Lewmar de 2 900 euros. Avec la Ewincher, on est proche de ces prix mais elle permet de motoriser sur tous les winchs du bord.

L’application smartphone

La manivelle peut être connectée en Bluetooth à un smartphone (application gratuite en anglais). Elle permet de régler la force maximale (10 à 32 kg) et donne des informations sur le temps d’utilisation, l’effort max, etc.

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Conditionnement de la manivelle© Albert Brel

Notre avis

Pour nous et les différents plaisanciers qui ont pu voir cette manivelle en action, ils sont tous unanimes pour reconnaître son intérêt à bord. L’utilisation reste simple pour celui qui l’utilise souvent. Si vous avez des équipiers, il est impératif de bien leur montrer le fonctionnement qui n’est pas aussi évident sur un bateau que dans un salon, en particulier, pour le changement de sens et la bonne tenue de la manivelle.

Les plus

  • Le sérieux de la construction.

  • Les fonctions offertes.

  • La protection (coupe-circuit thermique).

  • Les moyens de contrôle (charge de la batterie).

Les moins

  • Le prix.

  • L’utilisation qui demande une certaine pratique.

Tension

25.2 V

Batterie

Li-Ion 3000 mAh

Puissance max

350 W

Recharge moyenne

90 mn

Vitesse à vide

15/80 t/mn

Couple max

80 Nm

Longueur poids

250 mm 2.2 kg

Etanchéité

IPX6

Prix

2600

Garantie

2 ans

Fabrication

Française

Retrouvez le stand Ewincher PAN364.

L'équipe
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.