GLOBE40 au point Nemo : traverser l’endroit le plus isolé de la planète

Course au large
Par Le Figaro Nautisme

La GLOBE40 signe une séquence hors norme dans le Pacifique Sud. En franchissant le point Nemo, les Class40 engagés sur cette transpacifique express entrent dans une autre dimension de la course au large, là où la géographie disparaît et où seule la mer dicte sa loi.

La GLOBE40 signe une séquence hors norme dans le Pacifique Sud. En franchissant le point Nemo, les Class40 engagés sur cette transpacifique express entrent dans une autre dimension de la course au large, là où la géographie disparaît et où seule la mer dicte sa loi.

 

Dans la soirée d’hier, le Class40 BELGIUM OCEAN RACING - CURIUM, mené par Benoît Hantzperg et Djemila Tassin, a franchi un cap symbolique rarement cité mais universellement fascinant : le point Nemo. Popularisé au fil des éditions du Vendée Globe, ce repère mathématique trouve aujourd’hui une résonance toute particulière dans la 4e étape de la 2e édition de la GLOBE40.


Point Nemo, là où la Terre s’efface

Derrière ce nom presque romanesque se cache une réalité brute. Le point Nemo est le pôle maritime d’inaccessibilité : l’endroit de l’océan le plus éloigné de toute terre émergée. Aucun continent, aucune île à moins de 2688 km. À l’ouest, les premières terres néo-zélandaises à près de 4000 km. Au nord, Pitcairn et l’île de Pâques. À l’est, le Chili. Au sud, l’Antarctique. Ici, le vide est total, presque abstrait. À tel point que les humains les plus proches ne sont parfois pas sur Terre, mais à bord de la Station spatiale internationale, à 300 km au-dessus de la surface.
Dans cet océan Pacifique devenu sidéral, la course change de nature. Les skippers n’ont pas besoin de nommer ce point pour comprendre qu’ils naviguent aux confins du monde connu.


Une transpacifique à la limite de l’humain et du matériel

Depuis le départ de Sydney le 1e? janvier, l’immensité s’impose sans filtre. 3820 milles déjà avalés sur la route directe, encore 2400 milles avant d’apercevoir les façades colorées de Valparaiso. La trajectoire flirte régulièrement avec la limite des 50° Sud autorisés par le parcours, dans un univers où les dépressions s’enchaînent sans répit. Horizons de vagues aux allures de montagnes, lumière grise, froid persistant : la toute-puissance maritime se rappelle à chaque instant.
Et pourtant, au cœur de cette rudesse, subsiste une ivresse rare. Celle d’évoluer dans un monde inaccessible, réservé à quelques marins, une expérience que beaucoup décrivent comme celle d’une vie.


Des chiffres qui donnent le vertige

La GLOBE40 ne ralentit pas pour autant. Bien au contraire. Le rythme est effréné : 14,37 nœuds de moyenne depuis le départ, un nouveau record sur 24 heures, et des journées à 400 milles qui deviennent presque ordinaires. La flotte se transcende dans ce Pacifique austral, au point que certains gestes semblent irréels : monter en tête de mât au milieu de la nuit, dans la tempête, pour revisser une pièce essentielle du gréement, comme l’a vécu l’équipage de WILSON.
Les projections les plus sérieuses évoquent une arrivée à Valparaiso autour du 21 janvier. Si ce scénario se confirme, les concurrents auront parcouru près de 7000 milles en trois semaines : l’équivalent de deux transatlantiques en un temps record.


Un duel toujours aussi tendu

Sportivement, la bataille reste intense. Le duel belgo-français se poursuit en tête, avec un léger avantage pour l’équipage belge, fort d’une avance d’environ 25 milles au dernier pointage de 22h00. Plus au sud, BARCO BRASIL maintient sa position de leader chez les pointus, tandis que WILSON, JANGADA RACING et WHISKEY JACK ont opté pour une route plus nord dans la dernière dépression particulièrement violente.
En arrière de la flotte, FREE DOM attend son nouveau safran pour repartir au plus vite, pendant que NEXT GENERATION a officialisé un retour vers l’île de La Réunion avant de rallier Recife afin de reprendre la course.
Ainsi va la GLOBE40 : une course où la stratégie, la performance et l’engagement humain se mesurent à l’échelle d’un océan, jusque dans l’endroit le plus isolé de la planète.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.