The Ocean Cleanup : où en est le projet ?

Culture nautique
Par Le Figaro Nautisme

Longtemps perçu comme un pari technologique audacieux, The Ocean Cleanup est entré, en 2025, dans une phase décisive. Les chiffres s’accumulent, les systèmes fonctionnent à grande échelle et la stratégie se précise. À l’aube de 2026, l’organisation néerlandaise ne parle plus d’expérimentation, mais d’impact mesurable et d’industrialisation du nettoyage des plastiques.

Longtemps perçu comme un pari technologique audacieux, The Ocean Cleanup est entré, en 2025, dans une phase décisive. Les chiffres s’accumulent, les systèmes fonctionnent à grande échelle et la stratégie se précise. À l’aube de 2026, l’organisation néerlandaise ne parle plus d’expérimentation, mais d’impact mesurable et d’industrialisation du nettoyage des plastiques.
© Ocean Cleanup

Fondé en 2013 par Boyan Slat, The Ocean Cleanup s’est donné un objectif aussi simple que vertigineux : éliminer 90 % du plastique flottant des océans d’ici 2040. Une ambition qui repose sur une idée forte : nettoyer ce qui pollue déjà les mers tout en coupant le flux à la source, avant même que les déchets n’atteignent l’océan. Pendant plusieurs années, le projet a surtout été associé à des phases de tests, d’échecs assumés et de prototypes. Mais 2025 marque clairement la sortie de cette phase exploratoire.

 

2025 : l’année où les chiffres parlent enfin

Selon le bilan publié fin 2025, The Ocean Cleanup annonce avoir retiré plus de 25 millions de kilogrammes de plastique sur la seule année, portant le total cumulé à plus de 45 millions de kilogrammes collectés depuis le début des opérations, en mer comme dans les rivières. Ces volumes traduisent un changement fondamental : les technologies développées ne sont plus marginales, elles sont désormais déployées de manière continue, avec des rotations régulières, une logistique rodée et des systèmes de traitement en aval. En parallèle, l’organisation comptait 20 systèmes Interceptor actifs dans 9 pays fin 2025, preuve que la lutte contre la pollution plastique s’est déplacée là où tout commence : les bassins fluviaux.

La stratégie de The Ocean Cleanup repose sur une articulation claire entre deux types d’actions. En mer, les systèmes de collecte ciblent notamment les grandes zones d’accumulation, comme le Great Pacific Garbage Patch. L’approche ne consiste pas à “racler” l’océan, mais à exploiter les dynamiques naturelles des courants pour concentrer et extraire les déchets flottants, avec un suivi scientifique permanent afin de limiter l’impact sur la faune. À terre, le constat est sans appel : la majorité du plastique océanique provient des rivières. C’est là qu’interviennent les Interceptor™, des dispositifs capables de capter les déchets en continu, jour et nuit, avant qu’ils ne rejoignent la mer. En 2025, cette logique est passée d’un déploiement ponctuel à une vision territoriale complète.

 

Le “30 Cities Program” : changer d’échelle pour bloquer le plastique

L’un des tournants stratégiques récents est le lancement du 30 Cities Program, qui vise à intervenir non plus sur une seule rivière, mais sur l’ensemble du réseau fluvial de grandes métropoles. L’objectif affiché est clair : réduire d’au moins un tiers les apports de plastique vers l’océan via les rivières d’ici 2030. Pour y parvenir, The Ocean Cleanup combine cartographie par drones, modélisation des flux, intelligence artificielle et déploiement coordonné de plusieurs systèmes Interceptor sur un même territoire urbain.
Cette approche marque une évolution majeure : il ne s’agit plus seulement de nettoyer, mais de repenser la gestion du plastique à l’échelle des villes.

© Ocean Cleanup

2026 : Manille, symbole d’une nouvelle phase mondiale

Parmi les projets structurants annoncés pour 2026, le déploiement d’Interceptors dans la région de Manila occupe une place centrale. La baie de Manille est l’un des points noirs mondiaux en matière de pollution plastique, alimentée par plusieurs cours d’eau urbains parmi les plus chargés de la planète. Les études locales menées en amont montrent que plus de 90 % des déchets flottants identifiés sont des plastiques, ce qui en fait une zone prioritaire pour une action rapide et massive. Le projet repose sur une collaboration étroite entre autorités locales, partenaires privés et équipes scientifiques afin d’optimiser l’emplacement des systèmes et leur efficacité sur le long terme. Manille devient ainsi l’un des cas d’école du 30 Cities Program : une intervention ciblée, pensée à l’échelle d’un bassin urbain entier, avec un impact potentiel bien au-delà de ses frontières.

 

Au-delà du nettoyage : peser sur le système global

The Ocean Cleanup insiste de plus en plus sur un point : aucune technologie de nettoyage ne suffira sans une réduction structurelle de la production de déchets plastiques. L’organisation s’implique désormais activement dans les discussions internationales autour d’un traité mondial sur le plastique, tout en multipliant les partenariats industriels et institutionnels. L’ambition affichée reste inchangée, et volontairement provocatrice : rendre l’organisation elle-même inutile d’ici 2040, dans un monde où les océans n’auraient plus besoin d’être nettoyés en permanence.

En 2026, The Ocean Cleanup n’est plus un projet symbolique ou un simple laboratoire d’idées. C’est un acteur opérationnel majeur, capable d’aligner innovation technologique, données scientifiques et déploiements concrets à grande échelle. Les volumes de plastique retirés restent faibles face aux milliards de tonnes produites chaque année, mais la dynamique a changé : le nettoyage des océans est devenu mesurable, structuré et reproductible.

 

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L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.