
Fondé en 2013 par Boyan Slat, The Ocean Cleanup s’est donné un objectif aussi simple que vertigineux : éliminer 90 % du plastique flottant des océans d’ici 2040. Une ambition qui repose sur une idée forte : nettoyer ce qui pollue déjà les mers tout en coupant le flux à la source, avant même que les déchets n’atteignent l’océan. Pendant plusieurs années, le projet a surtout été associé à des phases de tests, d’échecs assumés et de prototypes. Mais 2025 marque clairement la sortie de cette phase exploratoire.
2025 : l’année où les chiffres parlent enfin
Selon le bilan publié fin 2025, The Ocean Cleanup annonce avoir retiré plus de 25 millions de kilogrammes de plastique sur la seule année, portant le total cumulé à plus de 45 millions de kilogrammes collectés depuis le début des opérations, en mer comme dans les rivières. Ces volumes traduisent un changement fondamental : les technologies développées ne sont plus marginales, elles sont désormais déployées de manière continue, avec des rotations régulières, une logistique rodée et des systèmes de traitement en aval. En parallèle, l’organisation comptait 20 systèmes Interceptor actifs dans 9 pays fin 2025, preuve que la lutte contre la pollution plastique s’est déplacée là où tout commence : les bassins fluviaux.
La stratégie de The Ocean Cleanup repose sur une articulation claire entre deux types d’actions. En mer, les systèmes de collecte ciblent notamment les grandes zones d’accumulation, comme le Great Pacific Garbage Patch. L’approche ne consiste pas à “racler” l’océan, mais à exploiter les dynamiques naturelles des courants pour concentrer et extraire les déchets flottants, avec un suivi scientifique permanent afin de limiter l’impact sur la faune. À terre, le constat est sans appel : la majorité du plastique océanique provient des rivières. C’est là qu’interviennent les Interceptor™, des dispositifs capables de capter les déchets en continu, jour et nuit, avant qu’ils ne rejoignent la mer. En 2025, cette logique est passée d’un déploiement ponctuel à une vision territoriale complète.
Le “30 Cities Program” : changer d’échelle pour bloquer le plastique
L’un des tournants stratégiques récents est le lancement du 30 Cities Program, qui vise à intervenir non plus sur une seule rivière, mais sur l’ensemble du réseau fluvial de grandes métropoles. L’objectif affiché est clair : réduire d’au moins un tiers les apports de plastique vers l’océan via les rivières d’ici 2030. Pour y parvenir, The Ocean Cleanup combine cartographie par drones, modélisation des flux, intelligence artificielle et déploiement coordonné de plusieurs systèmes Interceptor sur un même territoire urbain.
Cette approche marque une évolution majeure : il ne s’agit plus seulement de nettoyer, mais de repenser la gestion du plastique à l’échelle des villes.

2026 : Manille, symbole d’une nouvelle phase mondiale
Parmi les projets structurants annoncés pour 2026, le déploiement d’Interceptors dans la région de Manila occupe une place centrale. La baie de Manille est l’un des points noirs mondiaux en matière de pollution plastique, alimentée par plusieurs cours d’eau urbains parmi les plus chargés de la planète. Les études locales menées en amont montrent que plus de 90 % des déchets flottants identifiés sont des plastiques, ce qui en fait une zone prioritaire pour une action rapide et massive. Le projet repose sur une collaboration étroite entre autorités locales, partenaires privés et équipes scientifiques afin d’optimiser l’emplacement des systèmes et leur efficacité sur le long terme. Manille devient ainsi l’un des cas d’école du 30 Cities Program : une intervention ciblée, pensée à l’échelle d’un bassin urbain entier, avec un impact potentiel bien au-delà de ses frontières.
Au-delà du nettoyage : peser sur le système global
The Ocean Cleanup insiste de plus en plus sur un point : aucune technologie de nettoyage ne suffira sans une réduction structurelle de la production de déchets plastiques. L’organisation s’implique désormais activement dans les discussions internationales autour d’un traité mondial sur le plastique, tout en multipliant les partenariats industriels et institutionnels. L’ambition affichée reste inchangée, et volontairement provocatrice : rendre l’organisation elle-même inutile d’ici 2040, dans un monde où les océans n’auraient plus besoin d’être nettoyés en permanence.
En 2026, The Ocean Cleanup n’est plus un projet symbolique ou un simple laboratoire d’idées. C’est un acteur opérationnel majeur, capable d’aligner innovation technologique, données scientifiques et déploiements concrets à grande échelle. Les volumes de plastique retirés restent faibles face aux milliards de tonnes produites chaque année, mais la dynamique a changé : le nettoyage des océans est devenu mesurable, structuré et reproductible.
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