Houseboats : l’alternative immobilière qui murmure à l’oreille des littoraux saturés

Yachting

Immobilier saturé, foncier rare, désir d’un quotidien tourné vers la mer : les bateaux maisons, longtemps cantonnés aux images romantiques de péniches bohèmes, s’imposent aujourd’hui comme une solution résidentielle sérieuse. Entre innovations industrielles comme Seaty du groupe Catana et les approches historiques de BENETEAU, ce mode de vie hybride séduit une diversité d’actifs et redéfinit le lien entre mer et habitat.

Immobilier saturé, foncier rare, désir d’un quotidien tourné vers la mer : les bateaux maisons, longtemps cantonnés aux images romantiques de péniches bohèmes, s’imposent aujourd’hui comme une solution résidentielle sérieuse. Entre innovations industrielles comme Seaty du groupe Catana et les approches historiques de BENETEAU, ce mode de vie hybride séduit une diversité d’actifs et redéfinit le lien entre mer et habitat.

Au-delà du fantasme, une réponse concrète

Pour beaucoup de plaisanciers, l’idée de vivre “au bord de l’eau” est un rêve ancien — une aspiration intime, nourrie par des escales mémorables, par des soirées au mouillage ou par l’appel du large. Pourtant, face à la flambée des prix de l’immobilier sur les littoraux, à la rareté du foncier des zones urbaines attractives et à la pression touristique, ce qui n’était autrefois qu’un fantasme commence à se structurer en une réponse tangible à une crise du logement.

Habiter sur l’eau n’est plus seulement l’apanage des péniches fluviales ou des communautés alternatives. Il devient une solution étudiée, pensée, industrialisée, portée par des acteurs majeurs du nautisme qui investissent ce marché autrement.

Pourquoi aujourd’hui ? Le contexte immobilier qui redessine la plage

Sur les littoraux les plus prisés, le foncier est devenu un luxe. Dans plusieurs zones de Méditerranée, d’Atlantique ou de Manche, les prix au mètre carré ont grimpé à des niveaux difficilement accessibles pour de nombreux ménages. Les résidences secondaires concentrent une part importante des biens, limitant encore davantage l’offre pour les résidents travaillant toute l’année.

C’est cette équation qui pousse certains actifs, des jeunes professionnels urbains aux retraités en quête de douceur de vivre, à envisager une autre manière d’habiter le bord de mer.

Ce mouvement se situe à l’intersection de quatre phénomènes :

- L’explosion des prix du foncier en front de mer.

- La progression du télétravail, qui libère la résidence principale de sa contrainte géographique.

- La reconfiguration des normes de location touristique.

- L’innovation industrielle des constructeurs nautiques.

Une frontière qui s’estompe entre bateau et habitat

Les bateaux-maisons ne sont pas un sujet nouveau dans l’imaginaire nautique. Les péniches en vie résidentielle urbaine existent depuis des décennies, notamment sur les canaux européens. Mais deux grandes évolutions les distinguent :

- L’entrée des constructeurs historiques de navires de plaisance dans le segment

- La conception industrielle d’unités pensées pour l’habitat, avec confort, isolation, équipements dignes d’un logement traditionnel.

- Dans ce contexte, deux trajectoires émergent particulièrement :

Seaty : l’offre “habitat flottant” selon Catana Group

SEATY de Catana
SEATY de Catana© Catana

Lors de la présentation de SEATY, les équipes de Catana ont insisté sur un point majeur : ces unités ne sont pas des bateaux aménagés pour dormir, mais des habitats flottants conçus comme des biens durables.

Le catamaran, dans ce concept, n’est plus seulement un vecteur de navigation : il devient une base de vie. La stabilité offerte par deux coques permet d’optimiser l’espace, de réduire les mouvements et d’offrir des volumes comparables à ceux d’un appartement. L’approche industrielle — standardisation, production en série, maintenance — inscrit Seaty dans une logique de durabilité, d’assurance et de revente maîtrisée.

Un propriétaire qui a réservé un modèle pilote confie : “C’est surprenant de voir à quel point on se sent chez soi. L’absence des tangages du petit temps, l’espace de vie, la modularité des pièces — tout est pensé pour que l’on puisse vivre à l’année.”

BENETEAU : une démarche progressive

Le groupe BENETEAU n’est pas étranger à cette logique. Depuis plusieurs années, il a structuré ses offres autour du concept d’habitat sur l’eau. Des segments comme Sea Loft ont été positionnés à mi-chemin entre bateau de croisière et habitat flottant, avec une approche clairement orientée “usage quotidien”.

Sea Loft 480
Sea Loft 480© Jeanneau

Pour des responsables du groupe, l’enjeu est double :

- répondre aux aspirations d’une clientèle désireuse de vivre au bord de l’eau,

- proposer des produits qui s’insèrent dans un cadre réglementaire cohérent.

Ce dialogue entre vision nautique et réalité urbaine place BENETEAU dans une dynamique singulière : celle de réconcilier plaisance et habitat.

Témoignages : au-delà des brochures, la vie à bord

Pour comprendre ce qui motive ces nouveaux habitants de l’eau, il faut écouter ceux qui ont sauté le pas.

Sophie et Marc : deux télétravailleurs face à la vie d’eau

Installés sur un bassin portuaire de Méditerranée depuis maintenant deux ans, Sophie et Marc ont échangé leur appartement urbain contre un houseboat aménagé.

“Nous n’avons jamais autant travaillé avec une vue inspirante. Il y a bien sûr des contraintes : il faut apprendre à gérer l’énergie, l’eau et le stationnement. Mais la sensation de liberté et de lien avec la mer est incomparable.”

Ils soulignent surtout deux points essentiels :

- l’importance d’un emplacement bien relié aux services,

- la nécessité d’un bon système de gestion de l’humidité — facteur clé pour la durabilité du logement

Pierre, retraité breton : une transition réfléchie

Pour d’autres, comme Pierre, 63 ans, vivre sur un bateau-maison n’a rien d’une fuite.

“C’est un choix raisonné. J’ai réduit mes frais, je suis au contact de l’eau tous les jours et j’ai gardé ma proximité avec mon club nautique. Mais je ne cache rien : il faut être prêt à bricoler, à anticiper l’entretien, et à accepter une vie moins standard.”

Ces récits montrent clairement que l’habitat flottant n’est pas une évasion utopique. C’est un compromis assumé entre confort, mobilité, nature et contraintes techniques.

Les défis qui demeurent

Ce succès émergent ne masque pas des défis réels :

- L’administratif : La vie sur l’eau implique une série de règles d’occupation, d’autorisations et de contrats. Selon les juridictions et les zones, un bateau-maison peut être assimilé à :

un objet nautique,

un bien immobilier flottant,

ou une catégorie hybride dépendant de conventions spécifiques.

Cette diversité normative impose vigilance et préparation.

- L’entretien : Même immobilisé, un bateau-maison reste un navire. Corrosion, accessoires, gestion électrique, ventilation : les besoins sont constants et nécessitent une maintenance proactive.

- L’emplacement : Là où l’immobilier terrestre est rare, l’espace nautique aménageable l’est aussi. Les places dans les ports et bassins sont limitées, et la demande croissante va entraîner une tension comparable à celle des terrains urbanisés.

Perspectives : une nouvelle manière d’habiter le littoral

L’intérêt croissant pour les bateaux-maisons illustre une transformation du rapport entre immobilier et nautisme. Ces habitats flottants ne remplacent pas la pierre, mais ouvrent une alternative crédible à ceux qui veulent concilier vie quotidienne, liberté maritime et proximité des services littoraux.

Pour les collectivités, l’enjeu est d’accompagner ce mouvement par des cadres réglementaires, des offres de places adaptées et des services intégrés. Pour le secteur nautique, c’est une opportunité de réinventer des usages, de penser l’eau comme un espace de vie à part entière.

Les bateaux-maisons ne sont plus de simples objets de curiosité. Ils incarnent une réponse innovante à des dynamiques territoriales, économiques et sociales fortes. Entre qualité de vie, contraintes techniques et passion de la mer, ce mode d’habiter ouvre des perspectives nouvelles, qui méritent d’être explorées, discutées et comprises par tous les acteurs du littoral.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
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METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.