Épaves à portée de palmes : les plus beaux spots de snorkeling sur les côtes françaises

Plongée

Partir à la découverte d’une épave sans s’équiper lourdement, juste en apnée, relève du rêve. La majorité d’entre-elles reposent trop profond, ou dans des zones où le courant et la houle réduisent la fenêtre de visite. Mais en cherchant bien, il existe, sur nos côtés, quelques épaves accessibles en apnée…

Partir à la découverte d’une épave sans s’équiper lourdement, juste en apnée, relève du rêve. La majorité d’entre-elles reposent trop profond, ou dans des zones où le courant et la houle réduisent la fenêtre de visite. Mais en cherchant bien, il existe, sur nos côtés, quelques épaves accessibles en apnée…

En apnée, oui mais…

Parler “d’épaves accessibles en apnée” oblige à être honnête : la France est un pays d’épaves, certes, mais pas un pays de snorkeling sur épaves au sens tropical du terme. Entre la profondeur, la visibilité et la puissance de la mer, l’épave spectaculaire se mérite souvent… en plongée bouteille. La bonne nouvelle, c’est que le littoral français a développé, parfois sans le dire, une approche plus compatible avec le grand public : faire découvrir le patrimoine immergé par des parcours peu profonds, sécurisables, souvent proches du rivage, et compatibles avec une navigation côtière.

Avant de se mettre à l’eau : le triptyque sécurité, respect, météo

Sur une épave peu profonde, le risque n’est pas “la profondeur”. Le risque, c’est le métal coupant, les restes de filets, la surfréquentation de surface, et la dérive. Même, et surtout, en apnée, la règle est de ne jamais chercher à entrer, ni à se faufiler. Les épaves proches du rivage peuvent être les plus piégeuses, parce qu’on se sent “en terrain facile”.

Deuxième point, le respect du site : en France, une découverte de bien culturel maritime impose de le laisser en place et de ne pas y porter atteinte, avec une obligation de déclaration dans les 48 h. Ce rappel n’est pas théorique, il structure toute l’archéologie sous-marine française.

Enfin, la météo décide de tout, surtout pour la visibilité. Vent, mer du vent, houle résiduelle, courant, coefficient de marée, tout se lit avant de partir.

7 spots français accessibles en apnée, et pourquoi ils valent le détour

Olbia, Hyères : une tartane à 3 m, et un sentier archéologique pensé pour le masque, palmes et tuba

Ici, l’épave ne se “chasse” pas au hasard, elle s’inscrit dans un parcours archéologique. Le sentier d’Olbia se situe entièrement par moins de 5 m de fond, au droit du site antique, avec une lecture patrimoniale assumée. Le point fort de la plongée, c’est cette tartane naufragée dans les années 1860, visible par environ 3 m, avec sa cargaison de blocs encore identifiable, ce qui rend la scène très lisible au plongeur en palmes, masque et tuba. Pour un plaisancier en croisière, c’est typiquement le genre de sortie courte qui se cale entre 2 navigations, à condition de choisir une mer peu agitée et une visibilité correcte.

La Tour Fondue, presqu’île de Giens : une épave romaine “reconstruite” à 6 m

Le paradoxe est assumé : on ne vous promet pas un gisement intact. On vous propose une restitution. Sur ce sentier, une épave antique a été reconstituée autour d’amphores et d’éléments de cargaison, visible autour de 6 m de fond, ce qui reste jouable en apnée pour un pratiquant à l’aise, avec un intérêt évident : comprendre, visuellement, à quoi ressemble un chargement, sans aller sur un site fragile. C’est exactement l’idée moderne du patrimoine sous-marin : montrer, sans livrer à l’érosion… ni au pillage.

Giens : l’émotion des amphores, remise à la bonne profondeur

Dans le même esprit, la remise à l’eau d’amphores vise à recréer une sensation de découverte “à hauteur d’apnéiste”. Le principe est clairement formulé : évoquer la vision d’une cargaison et valoriser l’archéologie auprès d’un large public, sur un site accessible, parce qu’un gisement réel intact à faible profondeur est devenu quasi introuvable.  Ici encore, le message est important : si l’on veut encore voir quelque chose demain et que nos enfants puissent en profiter, il faut accepter que certains sites soient scénarisés, plutôt que “consommés”.

Cap d’Agde : la réplique d’épave antique, un choix politique autant que touristique

Le Cap d’Agde a franchi un cap en 2024 en inaugurant une réplique d’épave antique sur un sentier sous-marin, avec une promesse simple : quelques mètres de profondeur, accessible en apnée pour tout le monde, et un mobilier factice pour éviter la tentation du prélèvement. Pour les novices, c’est l’un des rares endroits où l’on peut parler d’“épave” en snorkeling véritablement accessible à tous.

Cavalaire, site du Tell Roche Fouras : 5 à 12 m, une vraie épave “de terrain”

On change de registre. Ici, on est sur une épave citée avec une profondeur de 5 à 12 m. Cela reste de l’apnée, mais une apnée sérieuse, avec une fenêtre météo plus stricte à respecter et une nécessité de bien gérer la dérive. 
L’intérêt, pour un pratiquant qui veut passer du “sentier balisé” au “site réel”, c’est d’expérimenter une lecture d’épave sans descendre profond, tout en restant lucide sur les limites : visibilité, fréquentation nautique, et nécessité de ne jamais se rapprocher des zones dangereuses.

Corse, golfe de Valinco : l’épave du Mario, 8 à 9 m, le bon compromis pour apnéistes confirmés

Sur la côte corse, la visibilité peut offrir ce que beaucoup cherchent : une épave visible sans bouteille. Le Mario repose autour de 8 à 9 m, de profondeur, ce qui le place dans la catégorie “snorkeling technique” : faisable, mais pas “familial”.  L’intérêt est évident pour un équipage en croisière : en choisissant un créneau de mer plate et une zone abritée, on obtient une sortie très marquante, sans logistique lourde, à condition de rester strict sur la sécurité.

Arromanches : les épaves du débarquement, un patrimoine immense, mais une mer qui ne pardonne pas

Si l’on veut parler d’épaves sur toutes les côtes françaises, la Normandie s’impose. Mais pas pour les mêmes raisons. Le site des épaves du Débarquement est documenté comme un patrimoine voué à disparaître, soumis à de multiples facteurs de dégradation, et étudié sur la durée. 
En snorkeling, l’intérêt tient surtout à l’idée de voir, quand les conditions le permettent, les traces du port artificiel et des structures associées. L’avertissement est clair : ce secteur combine courant, visibilité variable, ferraille et météo changeante. C’est typiquement un endroit où l’on n’improvise pas, même si “ce n’est pas profond”.

Des épaves, une histoire !

Ce qui est finalement intéressant, ce n’est pas le côté exceptionnel de ces épaves (même si la plongée restera dans vos mémoires), mais la façon dont les municipalités organisent l’accès. Entre Olbia et le Cap d’Agde, c’est finalement une forme de snorkeling patrimonial qui se construit et se découvre, où l’on accepte l’idée de la réplique, du balisage, du mobilier factice, parce que c’est le prix pour garder l’histoire sous la surface.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.