America’s Cup 2027 : la Sardaigne ouvre le bal et lance les grandes manœuvres
Emirates Team New Zealand : le défenseur sous pression
Emirates Team New Zealand arrive en Europe avec une cible dans le dos. Les Kiwis, tenants du titre, ont multiplié les sessions d’entraînement à Auckland pendant l’été austral et abordent cette régate avec le statut d’équipe à battre. Le flou demeure toutefois sur la composition exacte du duo à la barre. Nathan Outteridge est au cœur du dispositif, mais son partenaire reste l’inconnue majeure. Chris Draper ? Un membre prometteur de la « Class of ’26 » comme Jake Pye, Seb Menzies ou Josh Armit ? Ou encore Jo Aleh, forte d’un palmarès olympique impressionnant ? À cela s’ajoute la redistribution des rôles en contrôle de vol et en réglages, notamment depuis l’arrivée d’Iain Jensen. Andy Maloney ou Blair Tuke pourraient s’y installer. Derrière ces choix tactiques se dessine déjà une stratégie à plus long terme, avec des implications directes pour le futur AC75.
Luna Rossa : profondeur de banc et dilemme stratégique
Luna Rossa Prada Pirelli aborde la régate sarde avec un luxe rare : celui de l’abondance. Peter Burling semble assuré d’occuper le poste clé à tribord, mais à bâbord, l’incertitude alimente toutes les discussions. Ruggero Tita, double champion olympique, possède l’expérience et le sang-froid des grands rendez-vous. Marco Gradoni, triple champion du monde Optimist, incarne la jeunesse ambitieuse et déjà redoutablement aguerrie. Le choix ne sera pas seulement sportif ; il définira l’orientation du projet italien à moyen terme. À domicile ou presque, Luna Rossa sait que la pression populaire sera forte. Cagliari pourrait être le premier révélateur de ses ambitions réelles.
GB1 : l’héritage d’Ainslie et la génération montante
GB1, Challenger of Record, a clairement structuré son projet autour de Dylan Fletcher. Le Britannique est la pierre angulaire du dispositif, mais l’identité de son coéquipier reste stratégique. Sir Ben Ainslie, qui a offert à la Grande-Bretagne son meilleur résultat en 90 ans lors du cycle précédent, pourrait reprendre du service ponctuellement. Rien n’est acté. Hannah Mills, dotée d’une excellente complémentarité avec Fletcher, représente une alternative crédible. Le choix britannique dira beaucoup sur la philosophie du projet : sécuriser avec l’expérience ou accélérer la transition vers une nouvelle génération.
K-Challenge : la France face à ses propres ambitions
K-Challenge avance avec un collectif dense et ambitieux. Quentin Delapierre est le skipper désigné et incarne la continuité du projet français. À ses côtés, Enzo Balanger, leader du défi tricolore lors de la Youth America’s Cup 2024, semble un partenaire naturel. Mais des rumeurs évoquent l’arrivée prochaine d’un nouveau profil susceptible de rebattre les cartes. Les places à la barre deviennent parmi les plus disputées du plateau. Pour la France, la régate sarde sera l’occasion de démontrer que le projet a franchi un cap en maturité et en constance.
Tudor Team Alinghi : l’inconnue suisse
Tudor Team Alinghi cultive pour l’instant le mystère. Nicolas Rolaz est le seul nom officiellement confirmé. Véritable couteau suisse lors du dernier cycle, capable d’intervenir sur plusieurs postes clés, il représente un atout polyvalent. L’équipe helvétique devrait annoncer prochainement d’autres recrues. Les observateurs la considèrent comme un outsider capable de surprendre, surtout si la cohésion technique se met rapidement en place.
Cagliari, premier révélateur
La régate de Sardaigne ne désignera évidemment pas le futur vainqueur de la Coupe, mais elle donnera un premier aperçu des équilibres. Beaucoup anticipent un duel serré entre les Néo-Zélandais et les Italiens, les deux structures ayant affiché ces derniers mois une grande clarté opérationnelle. Pourtant, le plateau est d’une densité exceptionnelle. Les équipes Youth et Women, que chaque défi devrait aligner en parallèle, pourraient créer la surprise. Les jeunes talents n’auront aucun complexe face aux têtes d’affiche et chercheront à marquer les esprits. Cagliari ne sera pas seulement une régate d’ouverture. Ce sera un laboratoire stratégique, un test psychologique et un premier choc de cultures nautiques. Le cycle de la 38ᵉ America’s Cup commence réellement ici, et il promet déjà des rebondissements.
