
Pour sa première navigation publique, le Belem s’offre, du 10 au 21 mars, un contournement de la péninsule ibérique entre Bayonne et Barcelone. Ce convoyage, propice à la contemplation, sera ponctué d’ateliers d’écriture animés par l’autrice et artiste Françoise Le Golvan. La saison se poursuivra par une tournée des ports français, permettant au public de venir célébrer au plus près ce navire légendaire et son 130ᵉ anniversaire.
3 questions à Christelle de Larauze, déléguée générale de la Fondation Belem Caisse d’Epargne…
1) Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots l’histoire du Belem ?
L’histoire du Belem peut être découpée en quatre grandes périodes. Il a tout d’abord été navire marchand de 1896 à 1914, puis yacht de luxe britannique de 1914 à 1951, navire-école italien de 1951 à 1979 et enfin, navire pour tous depuis 1979.
Le trois-mâts a été construit à la fin de la grande période des grands voiliers, alors que la machine à vapeur existait déjà. Il a donc bénéficié de toutes les innovations techniques de l’époque. Je pense à ses vergues volantes qui facilitaient les manœuvres.
Alors qu’à l’orée de la 1ère guerre mondiale, tous les grands voiliers disparaissent, faute d’utilité, le Belem est repéré par un notable fortuné, le duc de Westminster, qui le transforme en yacht pour ses loisirs. C’est à cette époque qu’il prend son apparence britannique avec ses balustres. Les luxueuses décorations sont encore visibles aujourd’hui. Le brasseur Guinness prend la relève et effectue un tour du monde en famille.
Il est ensuite racheté par le comte Vittorio Cini, de la fondation éponyme, à Venise, qui l’adapte en navire-école, une nouvelle destinée. Enfin, il est acquis par les Caisses d’Epargne qui créent une fondation pour assurer sa sauvegarde et le refaire naviguer. Il devient alors le fleuron de la marine à voile française.
Porté par sa bonne étoile, le Belem échappe miraculeusement à de nombreuses catastrophes (éruption de la montagne Pelée, incendie, tsunami ….). Le monument résiste au temps grâce à ses armateurs successifs qui ne cessent de l’entretenir. Il devient un symbole qui émerveille toutes les générations. Il est unique, irremplaçable car dernier témoin d’une époque révolue.
2) L’année « anniversaire » va débuter par l’opération 130 ans – 130 jeunes. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?
La venue de 130 jeunes dès le début de saison pour quatre navigations exceptionnelles est très symbolique de l’année des 130 ans du Belem. C’est un trait d’union entre son passé et son futur, et rien de mieux que cette opération orchestrée par la Caisse d’Epargne pour démontrer l’intemporalité du Belem. Il plaît à toutes les générations et il n’a pas pris une ride !
L’engagement des Caisses d’Epargne envers la jeunesse sera renforcé d’une part en navigation, grâce à des ateliers innovants autour des questions d’argent, favorisant la réflexion, l’autonomie et la confiance des jeunes dans la gestion de leurs finances personnelles. Et aussi à l’issue des navigations, grâce à une proposition de mentorat personnalisé. Chaque jeune pourra être accompagné sur plusieurs mois pour construire ses projets d’avenir.
3) Enfin, comment s’est déroulé le chantier hivernal à Saint-Nazaire ?
Le Belem a passé plusieurs semaines en cale sèche dans la forme de radoub de Saint-Nazaire afin d’y effectuer ses travaux d’entretien annuels, notamment de structure. Le spardeck a retrouvé son étanchéité et le mécanisme de barre a été restauré.
Pour permettre au Belem de continuer à naviguer, un entretien régulier et minutieux est essentiel. Nous prévoyons, à l’hiver 2026–2027, un important chantier de restauration de la poupe. Une partie de la coque endommagée sera remplacée, nécessitant des travaux techniques d’envergure, rares et coûteux. Ces interventions permettront au Belem de retrouver une nouvelle jeunesse et de continuer à faire naviguer les prochaines générations.
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