Thaïlande : 20 000 bahts exigés à l’entrée, Bangkok serre la vis face aux voyageurs
Depuis plusieurs semaines, les retours se multiplient aux frontières terrestres et dans les aéroports de Thaïlande. Interrogatoires plus poussés, vérification des billets retour, demande de justificatifs bancaires ou d’espèces disponibles : l’entrée sur le territoire n’est plus une simple formalité pour certains voyageurs. Au cœur des discussions, une obligation pourtant ancienne : pouvoir prouver que l’on dispose d’au moins 20 000 bahts par personne, ou 40 000 baht par famille. Soit environ 500 à 550 euros par individu. Une disposition inscrite de longue date dans la réglementation de l’immigration, mais longtemps appliquée de manière souple.
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Une tolérance qui s’efface
Pendant des années, de nombreux visiteurs entraient sans que cette condition ne soit réellement contrôlée. La Thaïlande misait avant tout sur le volume de touristes et sur son image de destination accessible. Mais le contexte a évolué. Les autorités constatent une hausse des voyageurs arrivant avec des budgets extrêmement serrés, parfois incapables d’assumer leurs dépenses sur place. Certains comptent sur des petits boulots informels, d’autres prolongent leur présence grâce aux fameux « visa runs », ces allers-retours rapides vers un pays voisin pour obtenir un nouveau tampon touristique. Cette pratique, longtemps tolérée, est désormais clairement dans le viseur de Bangkok. Le gouvernement souhaite mettre fin à ces séjours prolongés déguisés en tourisme classique.
Lutte contre les visas runs et activités illégales
Le durcissement des contrôles s’inscrit dans une stratégie plus large de rationalisation du système migratoire. Les autorités thaïlandaises veulent limiter les abus liés aux exemptions de visa et mieux encadrer les séjours de courte durée. L’idée n’est pas de fermer les portes, mais de s’assurer que les visiteurs respectent le cadre légal. Exiger une preuve de ressources suffisantes permet d’écarter ceux qui envisageraient de travailler illégalement ou de s’installer sans statut adapté. Cette approche répond aussi à une logique économique. La Thaïlande cherche à favoriser un tourisme plus qualitatif, capable de soutenir durablement l’hôtellerie, la restauration, les transports et l’ensemble des services liés aux voyages. Les profils considérés comme financièrement fragiles sont perçus comme un risque, tant pour leur propre situation que pour l’image du pays.
Polémique et incertitudes
Sur les réseaux sociaux, la polémique enfle. Beaucoup découvrent l’existence de cette règle des 20 000 baht et s’étonnent qu’elle soit désormais appliquée avec autant de rigueur. Les questions pratiques abondent : faut-il impérativement du liquide ? Un relevé bancaire suffit-il ? Les cartes de crédit sont-elles acceptées comme preuve ? Dans les faits, l’appréciation reste à la discrétion des agents d’immigration. La capacité à démontrer la cohérence globale du séjour; billet retour, hébergement, durée prévue; peut aussi peser dans la décision. Cette marge d’interprétation alimente un sentiment d’incertitude chez certains voyageurs indépendants.
Un signal adressé aux voyageurs du monde entier
Le message envoyé par Bangkok est clair : la Thaïlande demeure ouverte, mais elle attend des visiteurs qu’ils arrivent préparés et financièrement autonomes. La règle des 20 000 baht n’est pas une nouveauté, c’est son application stricte qui change la donne. Pour les futurs voyageurs, la prudence s’impose. Disposer des fonds requis, conserver un justificatif bancaire récent et présenter un projet de séjour cohérent devient essentiel pour éviter toute mauvaise surprise à l’arrivée. Entre volonté de préserver son attractivité et nécessité de contrôler les abus, la Thaïlande cherche aujourd’hui un équilibre délicat. Une chose est certaine : l’époque où l’on pouvait improviser son entrée sur le territoire semble désormais révolue.
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