RORC Caribbean 600 2026 : des titans aux pionniers, 600 milles d’exigence autour des 11 îles

Course au large
Par Le Figaro Nautisme

La 17e édition de la RORC Caribbean 600 s’annonce comme l’un des grands rendez-vous offshore de l’année. Près de 500 marins représentant 40 nationalités se retrouveront à Antigua pour un tour de 600 milles nautiques devenu, depuis 2009, un classique de la course au large internationale.

La 17e édition de la RORC Caribbean 600 s’annonce comme l’un des grands rendez-vous offshore de l’année. Près de 500 marins représentant 40 nationalités se retrouveront à Antigua pour un tour de 600 milles nautiques devenu, depuis 2009, un classique de la course au large internationale.
© Tim Wright/Photoaction.com?

 

Organisée par le Royal Ocean Racing Club en association avec l’Antigua Yacht Club, l’épreuve conserve sa recette : un parcours sans escale autour de 11 îles des Petites Antilles, où les alizés dictent le tempo et où la moindre transition peut faire basculer le classement.

 

Un parcours aussi stratégique que spectaculaire

Le tracé serpente autour d’Antigua, Barbuda, Nevis, Saba, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, La Désirade, Guadeloupe et plusieurs autres îles volcaniques abruptes. Les zones d’accélération au large de Barbuda, Saba ou La Désirade permettent aux bateaux d’atteindre des vitesses impressionnantes, tandis que l’ombre de vent sous la Guadeloupe reste l’un des pièges tactiques majeurs. La course ne se résume jamais à une simple cavalcade sous spi dans les alizés. Les équipages doivent enchaîner manœuvres, changements de voiles et recalages stratégiques, parfois en pleine nuit, dans un relief qui perturbe le flux d’air. La précision et l’endurance comptent autant que la vitesse pure.

 

Multicoques : duel annoncé en MOD70

La flotte multicoque regroupe 11 unités, avec en tête d’affiche un affrontement très attendu entre les deux MOD70 américains. Argo, skippé par Jason Carroll, arrive en favori. Le trimaran détient la référence sur ce parcours et a récemment remporté les honneurs en temps réel sur la RORC Transatlantic Race. À bord, un équipage d’expérience avec notamment Brian Thompson, Chad Corning et Sam Goodchild.

Face à lui, Final Final – Zoulou, engagé par Jon Desmond et mené par Erik Maris, entend bien réduire l’écart. Lors de la dernière transatlantique RORC, Zoulou n’avait concédé que 2 heures 30 après 3 000 milles. Avec Ned Collier Wakefield, Thomas Le Breton et le navigateur Miles Seddon, le trimaran dispose d’un collectif capable de soutenir des moyennes supérieures à 30 nœuds. Jon Desmond, habitué du RORC Caribbean 600 en monocoque, découvre cette année la discipline en multicoque. Après une saison 2025 intense en PAC52, resté à Malte, il a saisi l’opportunité de louer Zoulou pour vivre l’expérience MOD70 : « Les étapes qui nous prenaient 8 heures peuvent se courir en 2. Il faut anticiper deux manœuvres à l’avance. L’ombre de vent sous la Guadeloupe reste un défi, mais avec cette vitesse, les options sont plus nombreuses. »

La flotte MOCRA apporte également de la profondeur avec le MG5 Wellness Training de Marc Guillemot, vice-champion de classe en 2025, le trimaran Sophia de Marcus Sirota, ancien Paradox et détenteur du record MOCRA, ou encore le Gunboat 68 Little Wing de Richard McKinney, avec à bord le recordman de vitesse Paul Larsen. Trois Ocean Fifty – Calamity, Tiana et Wa-Kan – complètent un plateau particulièrement relevé.

© Gunboat

Maxi monocoques : Leopard 3 contre Black Jack 100

En IRC Super Zero, le duel des 100 pieds cristallise l’attention. Leopard 3, le Farr 100 de Joost Schuijff skippé par Chris Sherlock, dispute sa neuvième participation. Détentrice du premier record monocoque en 2009, Leopard a signé en 2024 un triplé impressionnant : honneurs en temps réel monocoque et victoire au général sous IRC. Sherlock rappelle que l’expérience est déterminante : « Leopard donne le meilleur d’elle-même sur des parcours de reaching soutenu. Dans des alizés établis, on peut vraiment exploiter le potentiel du bateau. Ici, la connaissance du terrain compte autant que la vitesse. »

En face, Black Jack 100, RP100 de Remon Vos menée par Tristan Le Brun, arrive avec un palmarès offshore 2025 solide, dont la Rolex Fastnet Race et la Rolex Middle Sea Race. Plus légère et plus étroite, elle se montre redoutable dans le petit temps et aux allures portantes. Mais le maxi n’a encore jamais couru le RORC Caribbean 600.

Le Mills 72 Balthasar de Louis Balcaen, récent vainqueur IRC de la Middle Sea Race 2025, ajoute de la densité au plateau, tout comme plusieurs ex-Volvo Ocean Race 65 – Il Mostro, Cockatoo, Jajo et Sisi – qui apportent une solide expérience des grandes traversées.

 

IRC Zero et IRC One : finesse et exécution

En IRC Zero, trois Carkeek s’affrontent : Rán (Niklas Zennström), vainqueur de classe en 2025, Daguet 5 (Frédéric Puzin) et Ino Noir (James Neville). En 2025, Daguet 5, lancé seulement quatre mois plus tôt, avait terminé à moins de 8 minutes de Rán après 600 milles de course, confirmant l’extrême densité de la classe. Mach 50 Palanad 4, récent vainqueur au général de la RORC Transatlantic Race, vise également les avant-postes. Selon Frédéric Puzin, « autour des îles, tout se joue dans les transitions. L’adaptabilité et la clarté tactique feront la différence. » En IRC One, 13 bateaux composent une flotte éclectique mêlant ambition professionnelle et esprit Corinthien. Hagazussa III (Shipman 63), Maxitude avec Alexi Loison, Afazik Impulse ou encore le Swan 58 WaveWalker avec Dee Caffari incarnent cette diversité.

L’histoire la plus singulière viendra de Speedy Maltese, premier Mini 6.50 à tenter l’aventure. Radicalement transformé en scow moderne, le prototype sera mené en double par Timothée Villain-Amirat et Antonin Chapot. Face à des unités deux fois plus grandes, le pari est audacieux. « Avec du vent fort et beaucoup de reaching, on peut peut-être écrire une histoire à la David contre Goliath », confie le skipper, qui a grandi dans les Caraïbes.

 

IRC Two et Class40 : densité maximale

IRC Two, avec 14 bateaux, constitue la plus grande classe. Les écarts de rating sont infimes : Xp 44 Heart of Gold et J/121 Whistler sont à égalité, talonnés par le GS46 Belladonna avec seulement 32 secondes par heure d’écart. Mojito, Bella J ou encore le Farr 36 High Tension, présent depuis la première édition en 2009, complètent une flotte extrêmement homogène. La présence de Blueprint, le First 36.7 de Luke Spink, apporte une dimension humaine forte. Moins d’un an après un accident l’ayant laissé paralysé, le skipper américain est revenu à la compétition, remportant en 2024 le championnat US de voile handisport. « En mer, les barrières s’effacent. La performance repose sur la décision, le travail d’équipe et le sens marin », explique-t-il.

Cinq Class40 seront également de la partie. Épreuve officielle du calendrier de la classe, la course constitue une étape clé vers la Route du Rhum 2026. Le record établi en 2018 par Catherine Pourre en 2 jours, 13 heures et 15 secondes reste une référence. Matéo Le Calvic (FPFP), Robin Follin (Solano) et Mike Hennessy (Scowling Dragon) affichent clairement leurs ambitions.

 

L’examen caribéen par excellence

Pour Antigua & Barbuda, le RORC Caribbean 600 est devenu un rendez-vous majeur. « Nous sommes fiers d’accueillir la communauté internationale de la voile et de mettre en valeur la beauté de nos eaux », souligne le ministre du Tourisme Charles ‘Max’ Fernandez. Au-delà des chiffres et des records, l’épreuve reste un test complet : 600 milles sans répit, 11 îles, des transitions incessantes et des alizés implacables. Titans des 100 pieds, multicoques volants, Class40 affûtés ou pionniers en Mini 6.50 partageront le même parcours et la même mer. Le 23 février 2026, au large d’Antigua, une nouvelle page de la grande course au large caribéenne s’écrira, portée par la vitesse, la stratégie et l’inusable souffle des alizés.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.