Conseils pour bien choisir son annexe

Equipements

Lorsque l’on pratique les mouillages forains, pour débarquer, pour se rendre au village pour faire les courses, etc., l’annexe est l’équipement incontournable. Dans ce premier article, nous verrons le choix en fonction du programme et le rangement à bord. Nous consacrerons un deuxième article à son entretien et aux réparations.

Lorsque l’on pratique les mouillages forains, pour débarquer, pour se rendre au village pour faire les courses, etc., l’annexe est l’équipement incontournable. Dans ce premier article, nous verrons le choix en fonction du programme et le rangement à bord. Nous consacrerons un deuxième article à son entretien et aux réparations.
© Albert Brel

La bonne taille : tenir compte des dimensions intérieures

Dans les catalogues, sont indiqués les dimensions extérieures (longueur, largeur), le diamètre des boudins, le nombre de personnes maximum, mais rarement la surface utile à l'intérieur de l'annexe. Celle-ci dépend pour la longueur de l'emplacement du tableau arrière et pour la largeur du diamètre des boudins. A noter que plus ce diamètre est important, plus l'annexe est stable et les passagers moins exposés aux embruns. A titre indicatif, un modèle standard à fond latté de 2,25 x 1,31 m. hors-tout, boudins de 35 cm, charge utile 270 kg, a des dimensions intérieures de 1,41 x 0,61 m.

L'annexe standard

L'annexe standard est à fond gonflable ou à lattes. Elle est légère et a l'avantage de pouvoir se ranger dans un coffre. Le plancher à lattes ne se justifie que sur les petites annexes. Ils ont l'avantage d'être légers, pratiquement toutes les marques le proposent en composite, et de bien supporter la répartition des poids dans l'annexe. En revanche, au moteur, la souplesse du fond fait que l'annexe n'est pas très aérodynamique sur l'eau. Ses principaux atouts sont : la légèreté (18 kg pour un modèle de 2,25 m), la simplicité de mise en œuvre et l'encombrement minime. Une fois pliée (102x58x29 cm), elle trouve sa place dans un coffre. 

L'évolution de ce modèle est le plancher en composite, en mousse stratifiée, avec une quille gonflable. On gagne en comportement à la mer, mais le poids est plus important, comptez 30 kg pour une 2,40 m. Une autre alternative sur les petites annexes est le fond gonflable haute pression. La structure de ces planchers est constituée d'un sandwich dans lequel est emprisonné une multitude de fils polyester verticaux. Une fois gonflé sous haute pression, on a un plancher rigide. Les avantages sont : un poids comparable à un plancher à lattes, un comportement à la mer proche d'un plancher rigide et un faible encombrement un fois plié. Toutefois, avec ce type d'annexe, il faut être conscient que le fond reste une toile qui a comme inconvénient : la fragilité.

L'annexe semi-rigide

C'est le modèle d'annexe idéal pour un bateau de croisière. Elle est stable, a un bon comportement à la mer et elle déjauge facilement avec un moteur de petite puissance. La liste des avantages est longue, celle des inconvénients peut se résumer à son encombrement. Sur ce type d'annexe, on retrouve une carène proche de celle d'un bateau moteur à coque rigide avec un V à l'avant. Le fond peut être sans ou avec contremoulage. Ce dernier permet d'avoir un fond plat. L'inconvénient est l'espace entre le plancher et la carène. Le moindre petit trou et il se remplit d'eau. Il faut vérifier régulièrement qu'il n'y en a pas sous le plancher. Un bouchon est prévu à cet effet. Sans contremoulage, l'annexe est plus profonde et on a un accès direct à la carène ce qui facilite les réparations. 

Ranger une semi-rigide

Avec un fond rigide, il est hors de question de la ranger dans un coffre, à moins d'avoir un bateau de plus de 15 m.  Certains ont un compartiment à annexe sous le cockpit. Plusieurs possibilités sont envisageables. Parmi celles-ci nous trouvons : la plage avant si elle est dégagée, sur la timonerie (bateaux à moteur) et, la plus courante, sur des bossoirs ou un portique. Lorsque l’on retient cette solution, il faut que l’annexe soit relativement haute pour qu'une vague ne puisse pas la remplir et bien sanglée afin qu'elle ne bouge pas et, en aucun cas, le moteur ne doit être à poste en navigation. Les avantages sont de pouvoir la remonter au mouillage et, en cas de besoin, une mise à l’eau rapide. 

 

Le portique, la solution idéale
Le portique, la solution idéale© Albert Brel

 

Quels tissus choisir ?

Sur le marché, on trouve principalement des annexes en PVC (chlorure de polyvinyle) et en Hypalon. 

Le PVC a conquis la majorité des constructeurs pour une raison simple : sa mise en œuvre. Un bateau en PVC est construit à la chaîne sur des machines qui découpent la toile et la collent sous haute fréquence. Sur la finition PVC, il n'y a rien à redire, elle est esthétiquement parfaite. Le PVC n’a pas que des adeptes, certains le considère fragile, résistant mal au soleil et aux hydrocarbures et c’est en partie vrai sur les engins de plage. Les annexes ne sont pas des engins de plage, les tissus utilisés par les grandes marques reconnues sont de qualité et la mise en œuvre pour la fabrication fait appel à des machines qui nécessitent un investissement important. Mais, en présence d’hydrocarbures, le PVC a tendance à durcir et à se déplastifier. 

L'Hypalon qui n'est autre qu'un caoutchouc synthétique, demande pour sa mise en œuvre un personnel qualifié, le collage se faisant manuellement à froid. L'Hypalon/Néoprène est souvent considéré comme la matière par excellence, insensible aux UV et aux hydrocarbures. Il est vrai que les UV sont moins néfastes sur ce produit que sur le PVC. Quant aux hydrocarbures, ils ont tendance à le faire gonfler. PVC ou Hypalon, ce ne sont pas les quelques traces d’hydrocarbures que l’on rencontre dans les ports ou les mouillages qui vont la détériorer.       

Alors que choisir ? Il est difficile de répondre à cette question, mais, un point est certain, avec une annexe en PVC, compte tenu des moyens importants mis en œuvre pour la réalisation, vous êtes assuré d'avoir des soudures parfaites. Les petits constructeurs ne réalisent pas d'annexe en PVC. C'est également le cas pour une en Hypalon/Néoprène réalisée dans une structure importante. En clair, c'est avant tout un problème de matière première. Il existe des tissus en PVC comme en Hypalon de bonne qualité, de qualité moyenne et de qualité médiocre. Lorsque l'on examine deux bateaux, l'un en Hypalon/Néoprène, l'autre en PVC, s'ils sont bien réalisés, il est souvent difficile de les différentier. Un point également à prendre en considération est le prix. Le PVC est moins coûteux que l'Hypalon/Néoprène. Restent l'entretien et la réparation. Là aussi, il y a beaucoup d'idées reçues. Dans les catalogues, l’unité donnée pour la fabrication que ce soit pour le PVC ou l’Hypalon, est le décitex (Dtex). C’est la résistance du tissu, il est égal à 1 gramme pour 10.000 mètres de fils. Par exemple, lorsqu’il est indiqué pour une annexe 1100 Dtex cela signifie 1100 gr pour 10.000 m de fil. Plus le nombre est élevé plus le fil est épais. Donc une de 1100 Dtex est souple et légère, une de 1300 Dtex plus résistante à la traction, à l’abrasion mais plus rigide. Pour un usage classique, on optera pour une de 1100 Dtex, pour un usage intensif dans des zones chaudes, un modèle de 1300 Dtex est plus solide et plus durable.

Réparer son annexe

L'annexe est très sollicitée sur un bateau de croisière et un incident arrive fatalement un jour, trou ou déchirure donc il faut réparer. Contrairement à certaines idées reçues, quel que soit le matériau (Hypalon/Néoprène ou PVC) utilisé pour la construction, la réparation est envisageable. Nous reviendrons sur ce point dans un prochain article.

Les bonnes options et les points à vérifier

 

© Plastimo

 

Une annexe est généralement vendue avec deux avirons, le gonfleur, la trousse de réparation, un banc et le sac de rangement. Le banc en standard se résume bien souvent à une planche, un modèle gonflable, proposé en option, est plus confortableEn résumé, les options utiles sont :

Une banquette gonflable.

Une trousse de réparation complète.

Un gonfleur (dégonfleur) de qualité à gros débit.

Des sacs ou des bidons étanches.

Des roues de mise à l’eau, il existe des modèles escamotables en plastique qui se fixent sur le tableau arrière.

Une housse pour la protéger du soleil.

Naviguer en règle, ce qu’impose la réglementation 

Une annexe peut s’éloigner d’une distance maximum de 300 m d’un abri, le bateau auquel elle est rattachée est considéré comme abri. Une annexe motorisée de plus de 2,50 m peut naviguer au-delà des 300 m, la distance de navigation étant sous la responsabilité du chef de bord. Entre 300 m et 2 milles d’un abri, le matériel de sécurité obligatoire doit être présent à bord (article 240-A.01). Il faut : un équipement individuel de flottabilité, un dispositif lumineux, des moyens mobiles de lutte contre l’incendie, un dispositif d’asséchement manuel et un de remorquage, une ligne de mouillage si plus de 250 kg, un annuaire des marées (si zone à marées), un pavillon national (hors des eaux territoriales) et, si le moteur est au-dessus de 6 CV, le permis bateau. Au-delà d’une longueur de 2,50 m, les annexes doivent être conformes à la directive européenne 2013/53/EY et avoir un marquage CE.

 

© Plastimo

 

L'annexe idéale : dimensions et tissus

C'est comme pour le bateau, elle n'existe pas. Toutefois, si vous en avez la possibilité, le choix d'un modèle semi-rigide d'une longueur comprise entre 2,80 et 3,30 m pouvant être équipé d'un moteur de 6 CV ne peut que vous donner satisfaction. 

Pour les tissus, là, c'est une affaire de prix. A l'usage mieux vaut un PVC de bonne qualité qu'un Hypalon/Néoprène bas de gamme. Si vous naviguez beaucoup dans les zones où le soleil est violent, vous pouvez protéger les boudins avec une toile amovible. Elle protège tout autant des UV que de la salissure. Un bon compromis, le fond gonflable haute pression, il apporte confort et stabilité.

Les 10 points importants à vérifier 

Le diamètre des boudins, plus ils sont importants plus l’annexe est stable.

La surface intérieure, elle dépend du diamètre des boudins et de la position du tableau arrière.

Les dimensions pliées si modèle pliable.

Le nombre de compartiments.

Le nombre de personnes et la charge utile.

Le poids.

La puissance max du moteur si vous souhaitez la motoriser.

La présence d’anneaux de remorquage.

La présence de cadènes si vous souhaitez la ranger sur bossoirs.

Le rangement des avirons. La solution de fixation sur les boudins est l’idéal.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.