« Il faut que l'on soit capables d'attirer plus de jeunes » : le nautisme français cherche un nouveau souffle après le tassement de 2024-2025

Economie
Par Le Figaro Nautisme / AFP

La production et les ventes de bateaux de plaisance en France ont de nouveau reculé durant la saison 2024-2025. Réunie en assemblée générale annuelle à Paris, la Fédération des industries nautiques a dressé le constat d’un marché en retrait, tout en affirmant sa volonté de relancer la filière en attirant davantage de jeunes vers la navigation.

La production et les ventes de bateaux de plaisance en France ont de nouveau reculé durant la saison 2024-2025. Réunie en assemblée générale annuelle à Paris, la Fédération des industries nautiques a dressé le constat d’un marché en retrait, tout en affirmant sa volonté de relancer la filière en attirant davantage de jeunes vers la navigation.
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Une saison marquée par un net ralentissement de l’activité

Le nautisme français a traversé une nouvelle saison de repli. Entre septembre 2024 et août 2025, la production de voiliers et de bateaux à moteur en France a chuté de 16 % pour s’établir à 7.063 unités, a indiqué mardi la Fédération des industries nautiques à l’occasion de son assemblée générale annuelle à Paris. Dans le même temps, le chiffre d’affaires de la filière a reculé de 17 %, à 1,49 milliard d’euros, retrouvant un niveau proche de celui de 2021, après la forte embellie observée au sortir de la crise sanitaire. « 2024-25 a été une année de tassement, de recalage, c’est aussi une année de transition », a indiqué à l’AFP le président de la FIN, Jean-Paul Chapeleau. Le responsable de la fédération veut toutefois retenir quelques signaux un peu plus encourageants.
« Les salons d’automne pour les professionnels ont été meilleurs qu’il y a un an ou deux, et l’année en cours a démarré avec une meilleure visibilité hors effet guerre au Moyen-Orient », s’est-il félicité. « Néanmoins, la saison n’est pas finie, nous sommes dans une période compliquée avec beaucoup d’inconnues pour notre métier qui repose sur le loisir », a-t-il ajouté.

L’export toujours solide, malgré un marché intérieur sous pression

L’an passé, le taux d’exportation a encore progressé pour atteindre 80,8 % de la production française de voiliers et yachts. La filière s’appuie sur plusieurs acteurs de premier plan, parmi lesquels Beneteau, basé à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Fountaine Pajot, installé à La Rochelle, Catana Group, au Cannet-en-Roussillon, ainsi que Grand Large Yachting, à La Grande-Motte. Toutes les catégories n’ont pas été touchées avec la même intensité. Les voiliers monocoques ont accusé le plus fort recul, avec une baisse de 30 % des ventes, devant les multicoques, en repli de 19 %. Ces derniers restent toutefois les principaux contributeurs au chiffre d’affaires du secteur, avec 759,2 millions d’euros. Les bateaux à moteur ont mieux résisté. Le chiffre d’affaires des unités de moins de 9 mètres a reculé de 18 %, à 79,5 millions d’euros, tandis que celui des bateaux de plus de 9 mètres n’a baissé que de 3 %, à 389,9 millions d’euros.
« Les petits bateaux souffrent plus que les gros, car leurs ventes dépendent d’une clientèle plus sensible à l’inflation des prix », a souligné Jean-Paul Chapeleau. De plus, « les modes de consommation du nautisme ont changé, avec une jeune génération plus intéressée par la location que par l’achat », a-t-il expliqué. Pour autant, la pratique, elle, ne s’effondre pas. Le nombre de sorties en mer dans les ports français, la consommation de carburant et le nombre de permis délivrés, soit environ 100.000 par an, restent stables depuis 10 ans, signe que « l’attrait est là », a-t-il ajouté.
Cette stabilité confirme que le nautisme continue d’attirer, même si la relation à la propriété évolue. L’accès à la navigation passe désormais davantage par la location, le partage ou l’usage occasionnel, notamment chez les plus jeunes.

Attirer les jeunes, un enjeu stratégique pour l’avenir de la filière

C’est précisément sur ce point que la fédération veut agir. « Ceux qui pratiquent la voile lorsqu’ils sont jeunes, continuent plus tard, et deviennent encore plus tard des acheteurs de bateaux. Mais les jeunes générations actuelles sont très sollicitées par beaucoup d’activités différentes, il faut qu’on soit capables de plus les attirer », a-t-il indiqué à l’AFP. Pour la profession, l’enjeu dépasse la conjoncture immédiate. Il s’agit de préparer le renouvellement des pratiquants et de maintenir un socle de passionnés capables, à terme, de soutenir le marché.
En parallèle, la filière poursuit sa mutation environnementale. Depuis 2019, le nautisme français a engagé une stratégie de décarbonation qui passe notamment par le recyclage des bateaux en fin de vie, avec la création d’un éco-organisme et d’une quarantaine de centres de déconstruction.  Nous avons déconstruit un peu plus de 3.000 bateaux par an sur le territoire métropolitain », a indiqué Jean-Paul Chapeleau.
Le secteur mise aussi sur le réemploi et sur l’allongement de la durée de vie des unités, aujourd’hui estimée autour de 40 ans. « Tout un écosystème de startups et de grands groupes sont en train de s’organiser pour que les bateaux continuent de naviguer au-delà de cet âge », a ajouté le président de la FIN.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.