Essai Highfield ADV9 : un 4x4 des mers, entre usage réel et montée en gamme
Présenté en début d’année 2026 à Düsseldorf, ce modèle marque une évolution claire pour le chantier, historiquement positionné sur des semi-rigides robustes, reconnus pour leur usage utilitaire et leur fiabilité. Avec l’ADV9, Highfield franchit un cap, en visant un bateau capable de couvrir un spectre plus large : loisir, activité professionnelle ou accompagnement de grandes unités.
Dès les premiers pas à bord, une chose ressort : le bateau est cohérent. Pour un numéro un, les finitions sont homogènes, sans surprise, avec un niveau de rigueur déjà notable. On sent un produit réfléchi, maîtrisé, avec un vrai souci de cohérence globale. Le sérieux du chantier se ressent dans cette capacité à proposer un bateau déjà abouti, avec une logique d’ensemble claire et assumée.
À bord, tout est simple. Les déplacements sont évidents, naturels. Pensés dans un esprit proche des bateaux pilotes, les passavants sont dégagés, les mains courantes sont nombreuses et bien placées, efficaces en matière de sécurité, notamment celles situées à l’avant, hautes et enveloppantes sans casser la ligne du bateau grâce à une intégration particulièrement réussie. Elles facilitent naturellement les manœuvres d’embarquement et de débarquement en mode « touch and go », un choix cohérent avec l’intégration de l’ancre sous l’étrave afin de libérer complètement l’accès avant.
La zone avant est probablement l’un des points les plus intéressants du bateau. Sans les coussins, elle devient une plateforme fonctionnelle, parfaitement adaptée aux phases d’embarquement et de débarquement. Avec le bain de soleil en place, elle devient un espace agréable pour la détente. Cette capacité à passer d’un usage à l’autre sans compromis est clairement une réussite. On aurait toutefois apprécié un renfort sur l’étrave pour protéger le liston lors des manœuvres.
À l’arrière, le cockpit confirme cette approche pragmatique. Le carré en U permet d’accueillir six personnes confortablement. La table centrale descend manuellement pour former un bain de soleil, avec une solution simple et efficace. Deux petites plateformes arrière complètent l’ensemble, facilitant les accès à l’eau. Le cockpit comme la plage avant bénéficient de zones abritées, avec une casquette arrière vitrée et un rideau de protection proposé en option.
L’espace cuisine reste basique mais fonctionnel : évier, réfrigérateur de série, tiroir de rangement, avec possibilité d’un second frigo ou d’un ice maker. La bouteille de gaz, actuellement positionnée sous la console, devrait être déplacée vers l’arrière, libérant ainsi du volume de rangement supplémentaire.
Le poste de pilotage est équipé de trois sièges baquets offrant un bon maintien. En navigation, la protection est réelle. À 40 nœuds, le cockpit et le pare-brise jouent parfaitement leur rôle. Le vent passe au-dessus, la position reste confortable. L’électronique Simrad est bien intégrée, avec une lecture simple et efficace.
Le regard se porte rapidement sur le hard-top. Sans être massif, il apparaît robuste et bien conçu. Avec ses mains courantes solides et sa galerie intégrée, il renforce cette sensation de bateau prêt à tout. On imagine facilement embarquer du matériel, des équipements ou des jouets nautiques. Porte-cannes, arceau arrière pour wake ou bouée confirment la polyvalence du modèle.
Dès les premières accélérations, le comportement est clair. Le bateau est stable, posé, rassurant. Il ne cherche pas à impressionner. Il avance proprement, sans brutalité. On sent un bateau plutôt lourd, dans le bon sens du terme, qui donne confiance.
À 40 nœuds, la navigation reste confortable. Les conditions d’essai étant calmes, il n’a pas été possible de juger pleinement le comportement en mer formée. Mais au vu du gabarit et de la construction, le potentiel semble évident.
Sous le pont, la cabine reste fidèle à l’esprit du bateau. Compacte, mais exploitable, elle permet une nuit à bord ou une sieste. Jusqu’à quatre couchages sont possibles, avec une cabine pouvant être chauffée ou climatisée selon les besoins. L’éclairage propose plusieurs ambiances, avec différentes couleurs. La présence de toilettes et d’un petit lavabo complètent l’ensemble.
Le modèle essayé était équipé d’un moteur Honda 250 V6, offrant des performances en accord avec le programme.
Vitesse max observée : environ 40 nœuds
Consommation max : ~170 l/h
Croisière : 25 nœuds
Consommation croisière : ~60 l/h
Le chantier propose des configurations plus puissantes, jusqu’à deux moteurs de 300 ch, permettant d’approcher les 50 nœuds. Avec 450 litres de carburant, l’autonomie est adaptée à des navigations étendues.
L’ADV9 ne cherche pas à séduire par le spectaculaire. Il s’impose par sa cohérence. Le sérieux du chantier se ressent dans la conception, la circulation et la logique d’ensemble. Nous sommes face à un bateau pensé pour être utilisé, et pour durer. Polyvalent, stable et rassurant, il trouve naturellement sa place entre bateau de travail et unité de loisir. Un véritable 4x4 des mers.
Points positifs
• Concept polyvalent (loisir / pro / chase boat)
• Très bonne stabilité et sentiment de sécurité
• Circulation sécurisée avec nombreuses mains courantes
• Zone avant très bien pensée (double usage)
• Cockpit protégé, même à vitesse élevée
• Hard-top robuste avec galerie
• Nombreuses options
• Autonomie cohérente
Points négatifs
• Cabine compacte
• Protection d’étrave perfectible
• Absence de panneaux solaires
Longueur hors tout : 9,20 m
Largeur : 3,27 m
Déplacement lège : 3 600 kg
Motorisation max. : 300 ch x 2 ou 450 ch x 1
Autonomie en navigation : 185 milles nautiques
Vitesse max. : 50 noeuds
Carburant : 450 l
Design : VOM Creations
Prix : à partir de 140 900 euros H.T. (avec un moteur Mercury V10 400 ch)
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