Essai Prestige M6 : l’esprit des grands dans un format plus accessible
Les conditions rencontrées étaient intéressantes pour juger le comportement de la M6. Le vent soufflait autour de 15 nœuds et le clapot atteignait environ un mètre : une météo suffisamment soutenue pour observer les mouvements de la plateforme et le confort de navigation.
Face au clapot, le volume et le poids du bateau entraînent inévitablement un certain tangage. Ce mouvement reste toutefois cohérent pour un multicoque à moteur de cette taille. Par le travers, la M6 se montre en revanche particulièrement stable et offre une assise rassurante. Lors des manœuvres de port, l’écartement des deux lignes d’arbres constitue également un avantage appréciable et permet de positionner le bateau avec précision.
La M6 présenté était équipé de deux Volvo D6 de 380 ch montés en V-Drive. Cette motorisation correspond bien à sa vocation, davantage tournée vers la croisière confortable et l’autonomie que vers la recherche de performances spectaculaires.
Les instruments de bord ont permis de relever des consommations instantanées d’environ 83 l/h à 13 nœuds, 109 l/h à 15 nœuds, 137 l/h à 18 nœuds et 158 l/h à 20 nœuds, soit approximativement 6,5 à 8 litres par mille selon l’allure. Ces valeurs restent naturellement tributaires de l’état de la mer, du vent et de la charge du bateau.
La Prestige M6 ne donne pas l’impression d’être un simple modèle réduit. Le motoryacht reprend les codes de ses prédécesseurs : volumes généreux, circulation fluide entre les espaces, grandes surfaces vitrées et séparation claire entre les zones de vie.
Le dessin extérieur est signé Garroni Design, tandis que l’architecture navale a été confiée à Philippe Briand, avec Prestige Engineering pour les études techniques. La silhouette reste sobre et bien proportionnée, avec un pare-brise très intégré et un flybridge aux formes plus douces. Le hard-top protège efficacement le pont supérieur et participe pleinement au confort de cet espace.
Avec 14,79 mètres de longueur hors tout, la M6 offre une sensation de volume inhabituelle pour cette taille. Prestige annonce 110 m² d’espaces de vie, ce qui explique en partie l’appellation M6 : l’idée est de retrouver, sur 48 pieds de longueur, des volumes proches de ceux d’un yacht monocoque d’environ 60 pieds. C’est l’un des arguments majeurs de cette gamme.
Le cockpit arrière constitue une véritable pièce de vie. La banquette et la table permettent d’accueillir plusieurs personnes dans de bonnes conditions, avec une circulation directe vers le carré.
L’ouverture des baies vitrées crée une continuité agréable entre l’intérieur et l’extérieur. La cuisine, installée au centre de cet ensemble, dessert facilement le salon et le cockpit. Cette implantation paraît particulièrement adaptée à la vie à bord et aux repas pris en famille ou entre amis.
Le carré profite de grandes surfaces vitrées qui apportent beaucoup de lumière. Une ouverture supplémentaire favorise également la ventilation naturelle. Les volumes disponibles permettent de conserver de véritables passages autour du mobilier, sans sensation d’encombrement. Les nombreux rangements, souvent dissimulés sous les assises, montrent que le bateau a aussi été pensé pour des séjours prolongés.
Un détail mérite d’être souligné : les grilles de climatisation sont directement intégrées aux boiseries. Particulièrement discrètes, presque invisibles, elles ne viennent pas perturber l’harmonie de l’aménagement intérieur.
L’organisation intérieure permet de bien séparer les espaces privés. La cabine propriétaire constitue l’un des points forts de la M6. Elle offre une largeur, une luminosité et des rangements remarquables pour un bateau de moins de 15 mètres, avec notamment des penderies supplémentaires, un canapé et un bureau.
La salle d’eau propriétaire paraît plus mesurée que le volume exceptionnel de la cabine. Ses dimensions sont en partie imposées par son implantation dans l’une des deux coques. Les toilettes et la douche bénéficient toutefois de deux espaces séparés, une disposition appréciable au quotidien.
L’unité essayée était configurée avec trois cabines : une suite propriétaire avec lit double, une cabine VIP dont le lit peut être séparé en deux couchages et une cabine invités avec deux lits convertibles en lit double. Cette configuration offre six couchages, auxquels peut s’ajouter une cabine équipage en option.
Avec 18 m², le flybridge est l’un des espaces les plus marquants du bateau. Les grandes banquettes sont accueillantes et confortables, tandis que le mobilier modulable permet d’adapter facilement l’espace selon les moments de la journée. Les rangements intégrés sous les assises évitent également d’encombrer le pont.
Le poste de pilotage bénéficie d’une bonne visibilité sur l’avant et sur les côtés. L’aménagement prévoit aussi un meuble extérieur avec réfrigérateur et gril, ce qui permet de profiter réellement du flybridge sans devoir redescendre régulièrement dans la cuisine principale.
L’escalier reliant le cockpit au flybridge est large et bien intégré. Les marches en bois et les mains courantes en inox facilitent la circulation entre les deux niveaux.
Pour un bateau de cette taille, l’organisation des espaces techniques est convaincante. Les moteurs sont installés sous le plancher, ce qui libère au-dessus un volume de rangement particulièrement généreux.
Cet espace permet d’embarquer de nombreux équipements, notamment des jouets nautiques et du matériel encombrant, sans empiéter sur les espaces de vie. L’unité essayée ne disposait pas de passerelle ; cet équipement est toutefois proposé sur les versions européennes.
La M6 intègre également SEANAPPS, qui permet au propriétaire de suivre à distance certaines informations et certains systèmes du bord. Sur un yacht destiné à la croisière et aux séjours prolongés, cette connectivité apporte un complément pratique à la surveillance du bateau lorsqu’il reste au port.
La Prestige M6 séduit avant tout par l’espace qu’il offre dans moins de 15 mètres. Son flybridge de 18 m², la luminosité du pont principal, les capacités de rangement et les dimensions de la cabine propriétaire lui donnent une véritable personnalité.
Elle reprend intelligemment plusieurs principes développés sur les M7 et M8 EVO, tout en restant plus compact et plus simple à exploiter. Cette première navigation dans près de 15 nœuds de vent a permis d’apprécier son comportement, notamment par mer de travers, et sa vocation clairement tournée vers la croisière confortable.
Contrairement aux M7 et M8 EVO, la M6 ne propose pas l’option permettant d’alimenter la climatisation sur batteries. Son format plus compact ne lui permet pas d’embarquer la même capacité énergétique : au mouillage, l’utilisation de la climatisation nécessite donc de faire fonctionner le générateur.
On a aimé
- L’espace habitable exceptionnel pour un bateau de moins de 15 mètres ;
- Son comportement rassurant par mer de travers ;
- La luminosité et la circulation du pont principal ;
- La grande cabine propriétaire ;
- Le flybridge de 18 m², confortable et modulable ;
- Les accès techniques et les nombreux rangements ;
- SEANAPPS pour le suivi à distance des systèmes du bord.
On a moins aimé
- La télévision escamotable placée trop près des éviers ;
- La salle d’eau propriétaire un peu petite par rapport à la cabine ;
- La nécessité de faire fonctionner le générateur pour utiliser la climatisation au mouillage.
Longueur hors tout : 14,79 m
Longueur de coque : 14,37 m
Largeur : 6,00 m
Tirant d’eau : 1,20 m
Carburant : 1 200 l
Eau douce : 600 l
Motorisation : 2 x Volvo D6 380 ch V-Drive
Catégorie : B-12 / C-14 / D-16
Architectes / designers : Garroni Design / Philippe Briand / Prestige Engineering
Prix public indicatif H.T. : 1 433 880 €
Prix bateau essayé H.T. : 1 937 916 €
La Prestige F6.7 est à découvrir lors du Yachting Festival de Cannes jusqu'au 13 septembre, au Vieux Port quai Pantiero stand PAN102.







