Essai Prestige M6 : l’esprit des grands dans un format plus accessible

© Irwin Sonigo

Petite soeur des M7 et M8 EVO, la Prestige M6 reprend la philosophie des grands multicoques à moteur de la marque dans un format de moins de 15 mètres. Avec ses 6 mètres de largeur, elle privilégie clairement l’espace habitable, la lumière et le confort à bord. Nous l’avons essayé dans un mer formée d'environ un mètres, avec près de 15 nœuds de vent.

Quinze nœuds de vent pour éprouver la M6

Les conditions rencontrées étaient intéressantes pour juger le comportement de la M6. Le vent soufflait autour de 15 nœuds et le clapot atteignait environ un mètre : une météo suffisamment soutenue pour observer les mouvements de la plateforme et le confort de navigation.

Face au clapot, le volume et le poids du bateau entraînent inévitablement un certain tangage. Ce mouvement reste toutefois cohérent pour un multicoque à moteur de cette taille. Par le travers, la M6 se montre en revanche particulièrement stable et offre une assise rassurante. Lors des manœuvres de port, l’écartement des deux lignes d’arbres constitue également un avantage appréciable et permet de positionner le bateau avec précision.

La M6 présenté était équipé de deux Volvo D6 de 380 ch montés en V-Drive. Cette motorisation correspond bien à sa vocation, davantage tournée vers la croisière confortable et l’autonomie que vers la recherche de performances spectaculaires.

Les instruments de bord ont permis de relever des consommations instantanées d’environ 83 l/h à 13 nœuds, 109 l/h à 15 nœuds, 137 l/h à 18 nœuds et 158 l/h à 20 nœuds, soit approximativement 6,5 à 8 litres par mille selon l’allure. Ces valeurs restent naturellement tributaires de l’état de la mer, du vent et de la charge du bateau.

 

© Irwin Sonigo

 

La petite soeur des M7 et M8 EVO

La Prestige M6 ne donne pas l’impression d’être un simple modèle réduit. Le motoryacht reprend les codes de ses prédécesseurs : volumes généreux, circulation fluide entre les espaces, grandes surfaces vitrées et séparation claire entre les zones de vie.

Le dessin extérieur est signé Garroni Design, tandis que l’architecture navale a été confiée à Philippe Briand, avec Prestige Engineering pour les études techniques. La silhouette reste sobre et bien proportionnée, avec un pare-brise très intégré et un flybridge aux formes plus douces. Le hard-top protège efficacement le pont supérieur et participe pleinement au confort de cet espace.

Avec 14,79 mètres de longueur hors tout, la M6 offre une sensation de volume inhabituelle pour cette taille. Prestige annonce 110 m² d’espaces de vie, ce qui explique en partie l’appellation M6 : l’idée est de retrouver, sur 48 pieds de longueur, des volumes proches de ceux d’un yacht monocoque d’environ 60 pieds. C’est l’un des arguments majeurs de cette gamme.

 

© Irwin Sonigo

 

Un pont principal largement ouvert sur l’extérieur

Le cockpit arrière constitue une véritable pièce de vie. La banquette et la table permettent d’accueillir plusieurs personnes dans de bonnes conditions, avec une circulation directe vers le carré.

L’ouverture des baies vitrées crée une continuité agréable entre l’intérieur et l’extérieur. La cuisine, installée au centre de cet ensemble, dessert facilement le salon et le cockpit. Cette implantation paraît particulièrement adaptée à la vie à bord et aux repas pris en famille ou entre amis.

Le carré profite de grandes surfaces vitrées qui apportent beaucoup de lumière. Une ouverture supplémentaire favorise également la ventilation naturelle. Les volumes disponibles permettent de conserver de véritables passages autour du mobilier, sans sensation d’encombrement. Les nombreux rangements, souvent dissimulés sous les assises, montrent que le bateau a aussi été pensé pour des séjours prolongés.

Un détail mérite d’être souligné : les grilles de climatisation sont directement intégrées aux boiseries. Particulièrement discrètes, presque invisibles, elles ne viennent pas perturber l’harmonie de l’aménagement intérieur.

 

© Irwin Sonigo

 

Une cabine propriétaire particulièrement généreuse

L’organisation intérieure permet de bien séparer les espaces privés. La cabine propriétaire constitue l’un des points forts de la M6. Elle offre une largeur, une luminosité et des rangements remarquables pour un bateau de moins de 15 mètres, avec notamment des penderies supplémentaires, un canapé et un bureau.

La salle d’eau propriétaire paraît plus mesurée que le volume exceptionnel de la cabine. Ses dimensions sont en partie imposées par son implantation dans l’une des deux coques. Les toilettes et la douche bénéficient toutefois de deux espaces séparés, une disposition appréciable au quotidien.

L’unité essayée était configurée avec trois cabines : une suite propriétaire avec lit double, une cabine VIP dont le lit peut être séparé en deux couchages et une cabine invités avec deux lits convertibles en lit double. Cette configuration offre six couchages, auxquels peut s’ajouter une cabine équipage en option.

 

© Irwin Sonigo

 

Un flybridge conçu comme une terrasse

Avec 18 m², le flybridge est l’un des espaces les plus marquants du bateau. Les grandes banquettes sont accueillantes et confortables, tandis que le mobilier modulable permet d’adapter facilement l’espace selon les moments de la journée. Les rangements intégrés sous les assises évitent également d’encombrer le pont.

Le poste de pilotage bénéficie d’une bonne visibilité sur l’avant et sur les côtés. L’aménagement prévoit aussi un meuble extérieur avec réfrigérateur et gril, ce qui permet de profiter réellement du flybridge sans devoir redescendre régulièrement dans la cuisine principale.

L’escalier reliant le cockpit au flybridge est large et bien intégré. Les marches en bois et les mains courantes en inox facilitent la circulation entre les deux niveaux.

 

© Irwin Sonigo

 

Des accès techniques rassurants

Pour un bateau de cette taille, l’organisation des espaces techniques est convaincante. Les moteurs sont installés sous le plancher, ce qui libère au-dessus un volume de rangement particulièrement généreux.

Cet espace permet d’embarquer de nombreux équipements, notamment des jouets nautiques et du matériel encombrant, sans empiéter sur les espaces de vie. L’unité essayée ne disposait pas de passerelle ; cet équipement est toutefois proposé sur les versions européennes.

La M6 intègre également SEANAPPS, qui permet au propriétaire de suivre à distance certaines informations et certains systèmes du bord. Sur un yacht destiné à la croisière et aux séjours prolongés, cette connectivité apporte un complément pratique à la surveillance du bateau lorsqu’il reste au port.

 

© Irwin Sonigo

 

Notre verdict

La Prestige M6 séduit avant tout par l’espace qu’il offre dans moins de 15 mètres. Son flybridge de 18 m², la luminosité du pont principal, les capacités de rangement et les dimensions de la cabine propriétaire lui donnent une véritable personnalité.

Elle reprend intelligemment plusieurs principes développés sur les M7 et M8 EVO, tout en restant plus compact et plus simple à exploiter. Cette première navigation dans près de 15 nœuds de vent a permis d’apprécier son comportement, notamment par mer de travers, et sa vocation clairement tournée vers la croisière confortable.

Contrairement aux M7 et M8 EVO, la M6 ne propose pas l’option permettant d’alimenter la climatisation sur batteries. Son format plus compact ne lui permet pas d’embarquer la même capacité énergétique : au mouillage, l’utilisation de la climatisation nécessite donc de faire fonctionner le générateur.

 

© Irwin Sonigo

 

On a aimé

- L’espace habitable exceptionnel pour un bateau de moins de 15 mètres ;

- Son comportement rassurant par mer de travers ;

- La luminosité et la circulation du pont principal ;

- La grande cabine propriétaire ;

- Le flybridge de 18 m², confortable et modulable ;

- Les accès techniques et les nombreux rangements ;

- SEANAPPS pour le suivi à distance des systèmes du bord.

On a moins aimé

- La télévision escamotable placée trop près des éviers ;

- La salle d’eau propriétaire un peu petite par rapport à la cabine ;

- La nécessité de faire fonctionner le générateur pour utiliser la climatisation au mouillage.

 

© Irwin Sonigo

 

Fiche technique

Longueur hors tout : 14,79 m

Longueur de coque : 14,37 m

Largeur : 6,00 m

Tirant d’eau : 1,20 m

Carburant : 1 200 l

Eau douce : 600 l

Motorisation : 2 x Volvo D6 380 ch V-Drive

Catégorie : B-12 / C-14 / D-16

Architectes / designers : Garroni Design / Philippe Briand / Prestige Engineering

Prix public indicatif H.T. : 1 433 880 €

Prix bateau essayé H.T. : 1 937 916 €

La Prestige F6.7 est à découvrir lors du Yachting Festival de Cannes jusqu'au 13 septembre, au Vieux Port quai Pantiero stand PAN102.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.