Dimanche 6 septembre, 16 skippers quitteront Les Sables-d’Olonne pour prendre le départ de la Golden Globe Race 2026. Devant eux, 30 000 milles nautiques, près de huit mois de mer et un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Une course volontairement hors du temps, disputée sans GPS ni électronique moderne.

Aux Sables-d’Olonne, les derniers préparatifs touchent à leur fin. Dimanche 6 septembre, les pontons de la Marina du Vendée Globe vont progressivement se vider pour laisser place à l’une des aventures les plus singulières de la course au large. Seize marins doivent prendre le départ de la quatrième édition de la Golden Globe Race, avec une promesse restée presque inchangée depuis sa création : faire le tour du monde seul, sans escale et avec des moyens de navigation dignes de la fin des années 1960.
Un départ à partir de 14 h 30
Pas question cette fois d'une flotte alignée sur une même ligne en attendant le traditionnel coup de canon. La journée débutera par une parade nautique à 14 heures, avant que les 16 concurrents ne quittent la marina les uns après les autres, toutes les deux minutes, à partir de 14 h 30.
Ils descendront le chenal des Sables-d’Olonne au moteur, à trois nœuds, avant de pouvoir envoyer leurs voiles à proximité de la sortie du port. Les bateaux devront ensuite contourner la cardinale sud de La Nouch, mettre le cap vers celle de Petit Barge puis revenir vers La Nouch avant de prendre définitivement le large.
Un départ inhabituel qui constitue un clin d’œil à la toute première Golden Globe Race. En 1968, il n’existait en effet ni ligne de départ commune ni date unique : les neuf participants s’étaient élancés depuis différents ports et à différentes dates. En 2026, les chronos individuels permettront donc, là encore, de départager les marins à leur retour.
30 000 milles et près de huit mois en mer
Une fois les côtes vendéennes derrière eux, une autre histoire commencera. Les concurrents s'engageront pour environ 30 000 milles nautiques autour de la planète, avec un parcours passant par les cinq grands caps avant un retour aux Sables-d’Olonne.
Le principe de la Golden Globe Race tient en quelques règles aussi simples que radicales : naviguer en solitaire, sans escale et sans assistance extérieure. Les skippers peuvent se mettre à l’abri ou mouiller pour effectuer des réparations, mais ils ne peuvent ni entrer dans un port ni recevoir une aide matérielle extérieure.
Surtout, la technologie moderne reste à terre. Pas de GPS ni de traceur électronique pour déterminer sa position : les concurrents naviguent au sextant, au compas et sur cartes papier. Les bateaux eux-mêmes doivent rester fidèles à l'esprit de la course, avec des voiliers de série traditionnels répondant à des critères précis, notamment des modèles conçus avant 1988.

Une course née en 1968
Pour comprendre cette philosophie, il faut revenir près de soixante ans en arrière. En 1968, le journal britannique The Sunday Times lance la première course autour du monde en solitaire et sans escale. Neuf navigateurs tentent l'aventure. Un seul parvient à la terminer.
À bord de Suhaili, Robin Knox-Johnston boucle son tour du monde après 312 jours de mer et devient le premier homme à réaliser une circumnavigation en solitaire et sans escale. Bernard Moitessier écrit de son côté une autre page de cette histoire : alors qu'il peut encore prétendre à la victoire, le Français poursuit sa route après le cap Horn et entame un nouveau passage dans les mers du Sud avant de rejoindre Tahiti.
Cinquante ans plus tard, la Golden Globe Race renaît aux Sables-d’Olonne en 2018, avec la volonté de retrouver cette navigation d'une autre époque. Jean-Luc Van Den Heede s'impose alors en 211 jours, établissant le temps de référence de la nouvelle GGR.
Seize skippers, mais combien à l'arrivée ?
La statistique donne peut-être la meilleure idée de ce qui attend les marins. Lors des trois précédentes éditions de la Golden Globe Race, 43 concurrents ont pris le départ et seulement neuf ont réussi à terminer.
Les 16 skippers de 2026 le savent. Les derniers jours aux Sables-d’Olonne ont donc été consacrés aux inspections de sécurité, aux ultimes réglages et au chargement des provisions. Certains ont prévu autour de 250 jours de nourriture.
Dimanche après-midi, tout cela sera derrière eux. Il restera un marin, un voilier, le sextant, les cartes papier et plusieurs mois d'océan avant d'espérer revoir le chenal des Sables-d’Olonne.
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