Golden Globe Race 2026 : après 11 jours, Damien Guillou ouvre la route vers le sud

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Onze jours après le départ des Sables-d’Olonne, la McIntyre Golden Globe Race 2026 a déjà commencé à étirer sa flotte sur l’Atlantique. Damien Guillou et Pat Lawless ont franchi en tête le premier rendez-vous de Lanzarote, tandis que leurs poursuivants tentent de profiter d’un vent retrouvé avant une nouvelle période de calme annoncée au nord des Canaries.

Onze jours après le départ des Sables-d’Olonne, la McIntyre Golden Globe Race 2026 a déjà commencé à étirer sa flotte sur l’Atlantique. Damien Guillou et Pat Lawless ont franchi en tête le premier rendez-vous de Lanzarote, tandis que leurs poursuivants tentent de profiter d’un vent retrouvé avant une nouvelle période de calme annoncée au nord des Canaries.

© Don McIntyre / GGR2026

Partis des Sables-d’Olonne le 6 septembre, les marins de la Golden Globe Race n’auront pas attendu longtemps avant de connaître leurs premiers grands écarts. Après le golfe de Gascogne, le cap Finisterre puis la descente vers les Canaries, deux hommes sont parvenus à prendre les commandes : le Français Damien Guillou, sur SOLAREM, et l’Irlandais Pat Lawless, à bord de SILVERMINES HYDRO. Les deux navigateurs ont atteint Lanzarote le 16 septembre pour le premier « film drop » de cette édition. Un passage symbolique dans une course qui cherche toujours à renouer avec l’esprit de 1968 : pas d’escale traditionnelle ni d’assistance, mais un rendez-vous permettant aux concurrents de transmettre images, enregistrements et courriers avant de reprendre immédiatement leur route.

Damien Guillou premier à Lanzarote

Damien Guillou s’est présenté le premier devant Marina Rubicón, à Lanzarote, mercredi 16 septembre à 12 h 15, heure locale. Mais son passage aux Canaries ne s’est pas limité à l’interview organisée avec l’équipe de course. Le Français a profité des conditions relativement calmes pour jeter l’ancre pendant environ une heure et grimper en tête de mât. Son objectif : remplacer un réa du bloc de spi, avant de reprendre la mer. Une intervention parfaitement dans l’esprit de la Golden Globe Race. Les concurrents peuvent s’arrêter et réparer eux-mêmes leur bateau, mais toute assistance extérieure est interdite. Même à quelques encablures d’une marina, le marin doit donc rester totalement autonome.

Quelques heures plus tard, à 19 h 15, Pat Lawless apparaissait à son tour. L’Irlandais, persuadé que plusieurs Rustler 36 naviguaient devant lui, a découvert à Lanzarote qu’il occupait en réalité la deuxième position. Seulement sept heures séparaient alors les deux hommes lors de leur passage. Dès le lendemain, Guillou et Lawless avaient repris leur descente vers le sud.

© Don McIntyre / GGR2026

Une échappée construite dans le golfe de Gascogne

Si les deux navigateurs disposent aujourd’hui d’une avance importante, une partie de la course s’est jouée quelques jours plus tôt. À partir du 9 septembre, une zone de hautes pressions a progressivement fait tomber le vent dans le golfe de Gascogne. Damien Guillou, alors bien positionné près des côtes espagnoles, a réussi à conserver suffisamment de pression pour progresser vers le cap Finisterre. Pat Lawless a lui aussi trouvé une porte de sortie. Derrière, la situation était beaucoup plus compliquée.

Le contraste est spectaculaire : lorsque Guillou parcourait 162 milles nautiques en 24 heures, le Britannique Henry Wootton n’en enregistrait que 24 sur la même période. Le Canadien Isa Rosli était lui quasiment immobilisé. L’océan venait de créer la première grande cassure de cette Golden Globe Race. L’avance de Guillou n’a toutefois rien de définitif. Le 13 septembre, il comptait environ 83 milles d’avance sur Lawless. Deux jours plus tard, l’Irlandais avait repris une trentaine de milles en seulement 24 heures, ramenant l’écart à environ 50 milles.

Une situation particulièrement intéressante puisque les deux hommes connaissent déjà la cruauté de cette course : tous deux avaient dû abandonner l’édition 2022 à la suite de problèmes mécaniques.

Derrière, la flotte accélère enfin

La course est pourtant loin de se résumer au duel entre Guillou et Lawless. L’Italien Andrea Lodolo, à bord de BIBI, s’est installé aux avant-postes du groupe de chasse, devant plusieurs concurrents désormais capables d’enchaîner de grosses journées. Sa position affichée sur le tracker du 17 septembre restait toutefois ancienne, l’organisation attendant alors une nouvelle donnée de positionnement. Plus loin, certaines batailles se jouent presque à vue.

Le Suisse Etienne Messikommer et l’Italien Guido Cantini n’étaient séparés que d’un demi-mille environ le 11 septembre. Quelques jours plus tard, Cantini signait une journée à 163 milles nautiques. Messikommer s’est ensuite retrouvé dans une nouvelle lutte rapprochée avec l’Israélien Daniel Pinsky : le 17 septembre, seulement 1,9 mille nautique séparait leurs deux bateaux. Pour une course autour du monde disputée en solitaire, ces rencontres au milieu de l’Atlantique donnent parfois l’impression d’une régate côtière.

Henry Wootton retrouve de la vitesse

Après un début particulièrement frustrant dans les petits airs, Henry Wootton a lui aussi changé de rythme. Le Britannique a parcouru 172 milles nautiques en 24 heures lors du pointage du 17 septembre. Même tendance pour la Norvégienne Helga Marie « Mara » Løvenskiold Kveseth, à bord de SHOWGIRL. Après avoir choisi une route plus au large, elle avait déjà signé 143 milles en 24 heures le 13 septembre. Quatre jours plus tard, elle en ajoutait 161. La flotte arrière profite désormais d’un flux de nord plus soutenu pour tenter de réduire les écarts.

Guy deBoer a lui aussi connu un net regain de vitesse. Crédité de seulement 27 milles sur une période de 24 heures quelques jours auparavant, l’Américain a ensuite parcouru 177 milles, l’une des meilleures performances quotidiennes du début de course. Son approche des Canaries est toutefois particulière. En 2022, sa Golden Globe Race s’était brutalement arrêtée sur Fuerteventura après son passage à Lanzarote. Quatre ans plus tard, il revient avec un bateau reconstruit et une nouvelle occasion de poursuivre l’aventure. Cette fois, il doit déjà composer avec des problèmes de fixation de son Hydrovane et navigue avec son système Windpilot de secours.

 

Une nouvelle zone de calme menace les retardataires

Après plusieurs journées rapides, le vent pourrait de nouveau rebattre les cartes. Les prévisions diffusées par l’organisation font apparaître une nette diminution du vent autour des 20 et 21 septembre sur la route des concurrents encore situés au nord des Canaries. Pour Damien Guillou et Pat Lawless, déjà engagés plus au sud, la situation pourrait permettre de continuer à engranger des milles. Pour les poursuivants encore proches de Madère ou plus au nord, le risque est tout autre : se retrouver bloqués dans des vents très faibles alors que les premiers poursuivent leur route.

Les derniers de la flotte sont les plus exposés. Le Suédois Pär Nyman, parti en retard après des réparations aux Sables-d’Olonne, et le Turc Selim Yalçın pourraient notamment voir l'écart se creuser s'ils n'atteignent pas rapidement les Canaries.

Mais après seulement onze jours de mer, personne ne peut encore se permettre de regarder trop longtemps le classement.

Une course où réparer compte autant qu’aller vite

Cette première partie de Golden Globe Race rappelle déjà ce qui fait la particularité de l’épreuve. Il ne suffit pas de trouver la bonne trajectoire ou de pousser son bateau. Les concurrents doivent aussi entretenir, réparer et parfois improviser avec les moyens disponibles à bord. Damien Guillou grimpe dans son mât à Lanzarote. Guy deBoer change de système de régulation. Louis Kerdelhué a dû effectuer une réparation temporaire sur son Hydrovane pour poursuivre sa route. Autant de petites histoires qui, sur plusieurs mois de navigation, peuvent progressivement peser aussi lourd que la vitesse pure.

Et contrairement au public à terre, les marins ne disposent pas librement du tracker leur indiquant la position de leurs adversaires. Ils avancent avec les moyens de navigation autorisés par la course et une vision très partielle de ce qui se passe autour d’eux. Après onze jours, Damien Guillou et Pat Lawless ont réussi le premier véritable coup de cette Golden Globe Race 2026. Mais il reste encore un tour du monde à accomplir.

Et avant même de penser aux océans Indien ou Pacifique, une nouvelle bataille se présente déjà : continuer à avancer lorsque l’Atlantique décidera, une nouvelle fois, de couper le vent.

 

 

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Nathalie Moreau
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Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.