Route du Rhum : une dépression aux rafales tempétueuses sur la route des skippers entre jeudi et vendredi
Pourquoi une telle dépression au cœur de l’Atlantique ?
Une brusque descente d’air polaire se produit sur le flanc est d’un anticyclone centré au large de Terre Neuve et vient à la rencontre d’air très doux remontant des latitudes tropicales. Ce conflit de masses d’air entraine le creusement rapide d’une dépression dans le nord-ouest de l’archipel des Açores. C’est vendredi matin qu’elle atteindra son stade de maturité avec une pression proche de 990 hPa. Elle n’est pas si creuse que cela mais le gradient de pression sera important sur sa façade ouest avec un anticyclone au large des côtes américaine. Résultat un fort courant de nord à nord-ouest va se mettre en place dans l’ouest de la dépression.
Du front orageux aux grains, deux passages délicats
Dès jeudi, à l’avant de la dépression, le vent de sud-est va se renforcer sur la route des class 40 et des Vintages à l’approche d’un front pluvio-orageux. Les skippers devront composer avec de fortes rafales et une visibilité réduite sous les pluies les plus intenses. La mer deviendra forte avec des vagues de plus de 3 mètres.
Pour une grande partie des Ocean 50 et Imocas, le vent de nord à nord-ouest soufflera fort sur le flanc ouest de la dépression. Dans cette zone de traîne active, les grains se succéderont, avec de brusques accélérations du vent et de violentes rafales à leur passage. C’est aussi à l’ouest des Açores que la mer sera la plus éprouvante. La mer sera forte avec des vagues y atteignant 4 à 5 mètres.
Les Ultim passent devant la dépression, les Ocean Fifty et les IMOCA temporairement concernés jeudi
Les plus rapides de la flotte s’en sortent bien puisque la plus grande partie des Ultim sera passée avant que la dépression ne se creuse. Ils effectueront une descente rapide vers le sud dans un vent de nord-est soutenu. S’ils échappent à la dépression Açorienne, ils devront se méfier d’une deuxième dépression à caractère tropicale évoluant dans le nord des Grandes Antilles. Le scénario est différent pour les Ocean Fifty et les IMOCA. Jeudi, ils devraient rencontrer pendant plusieurs heures le vent de nord qui forcira nettement avec une mer de plus en plus forte. Dans les grains, les solitaires devront réduire rapidement la toile, alors que les manœuvres deviendront délicates dans les fortes vagues.
Class40 et Vintage, deux à trois jours pour préserver les bateaux
Pour les Class40 et les Vintage, la difficulté tiendra surtout de la durée de l’épisode de temps perturbé et agité. La dépression devrait se déplacer lentement près de l’archipel. Moins rapides, ces bateaux pourraient rester deux à trois jours sous son influence et négocier plusieurs fronts actifs. Pour les marins, les grains successifs laisseront peu de répit entre les manœuvres. Tenir une allure qui limite les chocs dans les vagues deviendra alors aussi important que gagner des milles vers la Guadeloupe.
Fronts, dépressions, anticyclone des Açores ou alizés : chaque système météo peut bouleverser la hiérarchie. Tout au long de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, les experts de METEO CONSULT analysent les conditions rencontrées par les skippers et expliquent les stratégies qui se dessinent sur l’Atlantique.

