Port de Saint-Cyprien : « Notre objectif est de restructurer le port pour accueillir les bateaux de demain »
Premier port construit dans les Pyrénées-Orientales, Saint-Cyprien occupe une place particulière sur la façade méditerranéenne. Son plan d’eau étendu, sa lagune, son pont tournant et sa situation à quelques milles de la côte rocheuse en font une escale singulière pour les plaisanciers. À l’heure où les usages évoluent, où les bateaux deviennent plus grands et plus larges, le port engage une restructuration progressive, avec l’ambition de rester une porte d’entrée importante vers le sud.
Figaro Nautisme : Pouvez-vous nous présenter votre port en quelques mots ?
Frédéric Berliat : "Le port de Saint-Cyprien est un port assez particulier, parce qu’il ne ressemble pas à un port classique construit autour d’un bassin rectangulaire ou d’un plan très régulier. Il s’étend sur environ 42 hectares et s’organise autour de plusieurs espaces. Il y a une partie plus urbaine, directement liée à la ville et aux activités touristiques, et une autre partie tournée vers la marina et la lagune. L’équilibre est à peu près de 2 tiers des unités dans la partie portuaire et 1 tiers dans la marina. C’est ce qui donne au port une identité assez spécifique. Nous avons à la fois un port très intégré dans la ville, avec la capitainerie, les services, les restaurants, les animations et l’activité économique, et une partie plus ouverte, plus liée à la lagune. Une autre particularité importante, c’est le pont tournant. Le port est presque coupé en son milieu par ce pont, qui permet aux voitures, aux piétons et aux cyclistes de rejoindre la lagune. En revanche, son tirant d’air ne permet pas à tous les bateaux de passer librement. Il doit donc être ouvert de manière régulière, notamment l’été, toutes les heures, de 8h30 à 19h30. Chaque ouverture dure environ 10 à 15 minutes pour permettre aux bateaux d’entrer ou de sortir de la lagune. Ce pont fait partie de l’identité du port, mais c’est aussi une vraie contrainte. Quand il fonctionne, tout se passe bien. Mais en cas de panne, la situation peut rapidement devenir compliquée, aussi bien pour les bateaux que pour les usagers terrestres. S’il reste fermé, certains bateaux ne peuvent plus passer. S’il reste ouvert, ce sont des milliers de personnes qui peuvent être bloquées, notamment celles qui rejoignent les plages, les clubs nautiques, les clubs de plongée ou les activités situées de l’autre côté. C’est donc un sujet important dans notre réflexion sur l’avenir du port.é
Sylvain Bernard : "Saint-Cyprien a aussi une position très intéressante sur la côte. Nous sommes la dernière grosse structure française avant les grands points d’intérêt situés plus au sud, c’est-à-dire la côte rocheuse française, la côte espagnole et, plus loin, les Baléares. Pour un plaisancier qui quitte Saint-Cyprien, l’attractivité se situe très souvent vers le sud. Il y a Collioure, la côte Vermeille, l’Espagne, puis les Baléares pour ceux qui poursuivent plus loin. C’est ce qui rend le port stratégique. Nous recevons régulièrement des demandes pour des catamarans ou des unités plus importantes, parce que Saint-Cyprien reste une escale naturelle avant de descendre vers le sud. Ce n’est pas un port isolé, c’est un port qui se trouve au cœur d’une zone touristique, nautique et maritime très attractive."
Figaro Nautisme : Quelles sont vos priorités pour la saison 2026 ?
Frédéric Berliat : "Pour la saison 2026, notre priorité est d’abord de bien accueillir nos plaisanciers réguliers et les plaisanciers de passage. Il n’y a pas forcément une grande nouveauté visible uniquement pour cette saison, parce que nous sommes surtout au début d’un cycle de restructuration important. Tous nos efforts sont aujourd’hui orientés vers cette transformation du port, qui va se construire sur plusieurs années. Cela ne veut pas dire que l’accueil est mis de côté, bien au contraire. Il y a 3 ans, nous avons réalisé un investissement majeur avec la création d’un quai d’accueil de 200 m, situé devant la capitainerie. Pour les plaisanciers en croisière, c’est un élément essentiel. Avant, faute d’un vrai quai d’accueil structuré, les bateaux pouvaient être répartis un peu partout. Aujourd’hui, nous avons un espace beaucoup plus lisible, mieux placé et mieux adapté aux arrivées. Ce quai d’accueil est situé dans un secteur vivant du port, à proximité immédiate de la capitainerie, des restaurants, des services et des animations. Pour un plaisancier qui arrive pour 1 nuit ou quelques jours, cela change vraiment l’expérience. Il peut descendre du bateau et trouver rapidement ce dont il a besoin, sans dépendre d’un moyen de locomotion."
Sylvain Bernard : "L’accueil, c’est aussi l’accompagnement humain. Nous avons un fonctionnement qui peut s’apparenter aux marineros en Espagne. Les agents ne sont pas postés en permanence à attendre sur le quai, parce qu’ils ont aussi d’autres missions dans le port, mais lorsqu’un plaisancier prévient qu’il a besoin d’aide, notamment en cas de houle, de difficulté à entrer ou de manœuvre plus délicate, nous pouvons intervenir pour l’accompagner. C’est un point important, parce que beaucoup de plaisanciers ne savent pas toujours qu’ils peuvent demander cette aide. Il suffit de prévenir, d’appeler ou de venir à la capitainerie. S’il y a plusieurs demandes en même temps, il peut évidemment y avoir un peu d’attente, mais le service existe et il est utile. L’autre sujet important pour 2026, c’est l’accès au port. Les travaux de désensablement de la passe viennent d’être terminés. Pendant un temps, il y avait eu des restrictions, avec un avis aux navigateurs pour signaler la situation. Aujourd’hui, l’accès est rétabli, y compris pour les voiliers. C’est une information importante pour les plaisanciers qui envisagent une escale à Saint-Cyprien."
Figaro Nautisme : Avez-vous des projets ou des nouveautés à venir pour les prochaines années ?
Frédéric Berliat : "Oui, et ce sont même des projets structurants pour l’avenir du port. Notre objectif est d’arriver à l’horizon 2030 avec un port restructuré, capable de répondre aux évolutions du marché de la plaisance. Les bateaux deviennent plus grands, plus larges, et cette tendance devrait continuer. Nous devons nous y adapter. L’idée n’est pas d’agrandir les bassins ou de transformer complètement le port. Nous voulons le restructurer à partir de l’existant, sans donner un seul coup de pelle, comme je le dis souvent. Cela signifie mieux organiser les espaces, créer de nouveaux pontons, remplacer progressivement les ouvrages vieillissants et préparer l’accueil de bateaux plus adaptés à la demande actuelle. La première étape consiste à créer de nouveaux pontons dans la partie située autour du pont tournant. Un premier ponton doit permettre d’accueillir environ 180 places en s’appuyant sur les ouvrages existants. Un autre ponton sera prolongé pour accueillir des bateaux à moteur de moins de 9 m, qui ne sont pas concernés par la contrainte du tirant d’air du pont tournant et peuvent passer sous le pont. Pour cette première phase, nous parlons d’un investissement d’environ 1,9 million d’euros TTC, soit près de 2 millions d’euros. Ensuite, nous devons intervenir sur un ancien ponton en béton datant des années 70. Ce n’est pas un choix de confort, c’est une nécessité. Le béton vieillit, la mer l’a usé, et même si nous le surveillons attentivement, il faudra le déconstruire et le remplacer par un ponton flottant. Ce ponton concerne environ 70 bateaux. C’est justement pour cela que nous construisons d’abord de nouvelles capacités, afin de pouvoir déplacer les bateaux concernés sans demander à nos clients d’aller ailleurs pendant les travaux. Notre logique est claire : nous voulons garder nos plaisanciers et leur proposer une solution.
La dernière étape, et sans doute la plus importante, concerne l’avant-port. Aujourd’hui, il y a 5 pontons anciens, eux aussi issus des années 70. L’objectif, probablement autour de 2029, sera de libérer cet avant-port, de retirer les bateaux qui s’y trouvent, de déconstruire les anciens pontons et de ne pas reconstruire à l’identique. Nous voulons créer de nouveaux pontons flottants pensés pour accueillir des bateaux de 15 à 20 m. Pour Saint-Cyprien, ce sont déjà de belles unités. Sur la Côte d’Azur, certains souriraient peut-être en entendant cela, mais ici, sur notre littoral, c’est une évolution importante. Nous voyons déjà se développer la demande pour les catamarans et les bateaux plus larges. Nous sommes voisins de Canet, où cette culture du catamaran est bien présente, et nous devons être capables de répondre à cette évolution. À terme, l’avant-port doit devenir un espace d’accueil beaucoup plus attractif, à la fois pour les plaisanciers et pour l’image touristique du port. L’investissement global n’est pas encore totalement arrêté, mais il pourrait approcher les 5 millions d’euros. L’enjeu n’est pas seulement d’ajouter des places. Ce qui compte aujourd’hui, c’est d’avoir des places adaptées aux bateaux qui naviguent réellement et à ceux que nous devrons accueillir demain."
Sylvain Bernard : "Il faut aussi dire que le marché change. Il y avait auparavant beaucoup de bateaux de 6 m ou 6,50 m, des unités de promenade utilisées pour sortir à la journée, aller pêcher ou naviguer quelques heures. Cette typologie de bateaux existe toujours, mais elle diminue progressivement. Les propriétaires vieillissent, les usages changent, le pouvoir d’achat évolue et la demande se déplace vers des bateaux plus grands. Cela ne veut pas dire que tout est bloqué pour les plaisanciers qui cherchent une place. Il existe parfois une idée selon laquelle il est impossible d’obtenir une place dans un port. C’est peut-être vrai dans certains secteurs de Méditerranée, mais ce n’est pas exactement notre réalité ici. Nous avons des demandes, bien sûr, mais nous restructurons le port pour pouvoir y répondre. Il ne faut pas hésiter à venir nous voir, à nous appeler, à se renseigner. Nous avons eu le cas d’un plaisancier qui avait acheté un catamaran sans être certain d’avoir une place. Nous avons fini par lui trouver une solution en 2 mois. Cela montre qu’il ne faut pas partir du principe que c’est impossible. Notre message, c’est plutôt : venez nous demander, et nous ferons le maximum pour vous accueillir dans les meilleures conditions."
Figaro Nautisme : Quelle est votre politique environnementale ?
Frédéric Berliat : "Notre politique environnementale est très concrète. Nous ne voulons pas seulement afficher de grands principes. Nous voulons mettre en place des solutions utiles, directement applicables dans la vie du port et dans l’usage des plaisanciers. Le premier grand sujet, ici, c’est l’eau. Nous sommes dans les Pyrénées-Orientales, un département qui a connu plusieurs années de fortes restrictions. Pendant près de 3 étés, les limitations d’eau ont été très importantes, y compris pour les ports. Or, pour un plaisancier, rincer son bateau après une sortie en mer est un besoin réel. Nous avons donc cherché une solution qui permette de continuer à rendre ce service sans utiliser d’eau potable. Nous avons été le premier port du département à installer un dessalinisateur. Nous avons commencé avec un petit équipement, puis nous avons installé un système plus important, ce qui nous a permis de créer 5 postes de rinçage alimentés par de l’eau dessalée. Concrètement, les plaisanciers qui ne pouvaient plus rincer leur bateau avec de l’eau du réseau pouvaient venir sur ces emplacements et utiliser de l’eau dessalée, donc non concernée par les restrictions d’eau potable. À notre connaissance, nous étions les seuls à proposer cela dans le département, et probablement parmi les seuls sur cette partie de la côte. Cela a rendu un vrai service aux plaisanciers, mais aussi aux professionnels. Certains plaisanciers d’autres ports ont même essayé de venir chez nous pour profiter de cette solution.
La prochaine étape pourrait être la réutilisation des eaux usées traitées. La communauté de communes Sud Roussillon est très avancée sur ce sujet. L’eau issue de la station d’épuration, après traitement et filtration, peut être réutilisée dans le respect de normes très strictes. À terme, l’objectif serait de remplacer l’eau dessalée par cette eau réutilisée pour certains usages portuaires, notamment sur la zone technique, lorsque toutes les autorisations seront réunies. Nous avons aussi investi dans des bornes électriques avec gestion des fluides. Là encore, l’objectif est de mieux suivre les consommations et d’inciter à réduire l’usage de l’eau et de l’électricité. Notre approche, c’est de proposer des alternatives plutôt que de sanctionner. Nous voulons permettre aux plaisanciers et aux professionnels de continuer à travailler, entretenir leurs bateaux et utiliser le port, mais avec des solutions plus responsables. Un autre sujet important est le carénage. Une entreprise privée s’est installée dans le port, dans le cadre d’une autorisation d’occupation temporaire, pour proposer une station de carénage à flot. Le principe ressemble un peu à un lavage automatique de voiture, mais pour les bateaux. Le plaisancier entre dans la machine, sans sortir son bateau de l’eau, et la carène est nettoyée avec des rouleaux. La station peut accueillir des bateaux jusqu’à 16 m de long, 5 m de large et 2,40 m de tirant d’eau. L’intérêt environnemental est de limiter l’usage des produits biocides liés au carénage classique. Nous avons évidemment des systèmes de récupération des déchets sur la zone technique, mais si l’on peut réduire l’utilisation de produits chimiques dès le départ, c’est encore mieux. C’est pour cela que nous avons accueilli ce projet avec intérêt.
Nous travaillons aussi sur la connaissance du milieu. Nous allons être associés à une expérimentation avec le CNRS et une entreprise locale autour de l’analyse de l’eau et de l’ADN environnemental. L’idée est de mieux comprendre la vie présente dans le port. En analysant l’eau, il est possible d’identifier les espèces qui sont passées ou qui vivent dans le secteur. Cela nous permettra d’avoir une vision plus précise de la faune et de la flore, mais aussi de vérifier que les travaux engagés n’ont pas d’impact négatif sur le milieu. Nous faisons déjà des analyses, notamment sur la salinité, en lien avec l’utilisation de l’eau dessalée. Les résultats sont bons, mais cette expérimentation ira plus loin. Elle permettra de mieux démontrer que le port n’est pas un espace mort, mais un milieu dans lequel il y a de la vie. Nous accueillons également une association qui travaille avec des laboratoires et qui forme des plaisanciers à certains gestes de prélèvement. L’idée est de constituer une sorte de réserve citoyenne ou scientifique. Plutôt que de demander systématiquement à des chercheurs de se déplacer, des plaisanciers peuvent être formés pour prélever de l’eau à tel endroit, à tel moment, selon un protocole précis. Ensuite, les échantillons sont transmis aux laboratoires. Cela peut concerner l’eau, la météo, des balises ou d’autres observations. Pour certains plaisanciers, cela donne aussi un but supplémentaire à une sortie en mer.
Nous appelons cela une écologie constructive. Nous ne voulons pas punir, interdire ou restreindre par principe. Nous préférons compter sur l’intelligence collective, proposer des outils, réagir vite quand il y a une difficulté et faire en sorte que le port continue à fonctionner tout en réduisant son impact."
Figaro Nautisme : Comment préparer sa venue au port ? Comment un plaisancier peut-il vous joindre ?
Sylvain Bernard : "Le plus simple est de prévenir avant son arrivée. Les plaisanciers peuvent nous contacter directement par téléphone ou par mail. En saison, lorsque la météo est favorable, il vaut mieux anticiper, surtout si l’on souhaite une place au quai d’accueil. Si ce quai est complet, nous essayons de trouver une solution ailleurs dans le port, mais plus nous sommes prévenus tôt, plus c’est facile. C’est aussi important pour l’aide à l’arrivée. Comme je le disais, les agents ne sont pas en permanence à attendre sur le quai, mais ils peuvent venir aider lorsqu’un plaisancier signale une difficulté ou souhaite être accompagné. En revanche, si 3 bateaux demandent une assistance au même moment, il peut y avoir un délai. Prévenir facilite donc beaucoup les choses.
Pour les plaisanciers de passage, le port dispose de sanitaires situés près de la capitainerie. Les toilettes et les douches ont été refaites récemment. Lorsqu’un bateau arrive après l’heure d’ouverture, si le plaisancier a prévenu, il peut récupérer son badge grâce à un système de boîte à clés, un peu comme dans certains hébergements. Cela permet d’accéder aux services même en dehors des horaires de la capitainerie. La station d’avitaillement est également un point important. Elle dispose d’un système automatisé, ce qui permet de faire le plein plus facilement, y compris en dehors de certains horaires. C’est une information utile pour les navigateurs, notamment ceux qui préparent une route vers le sud ou qui arrivent en fin de journée. Il faut simplement être attentif aux périodes où plusieurs bateaux peuvent arriver en même temps, par exemple lorsque les bateaux de location rentrent en fin d’après-midi."
Frédéric Berliat : "Saint-Cyprien est aussi une escale intéressante parce que tout est accessible rapidement depuis le quai d’accueil. Les restaurants, les animations et les services sont dans un périmètre très réduit. En été, l’After Beach, une grande animation de fin de journée, se tient à environ 200 m du quai d’accueil et attire beaucoup de monde. Les restaurants sont eux aussi à quelques centaines de mètres. Le port est au cœur de la ville. Il n’a pas été construit à l’écart, puis relié à la commune ensuite. C’est presque l’inverse : la ville s’est développée autour de lui. Cela donne une escale très vivante, avec des services, de l’activité et des loisirs accessibles rapidement. Il y a aussi encore une petite activité de pêche artisanale, avec 7 bateaux. C’est un élément important de l’identité maritime du lieu. Pour un plaisancier de passage, cela donne une atmosphère différente, plus ancrée dans la vie du port.
À terre, Saint-Cyprien dispose aussi d’un golf international, d’un centre de tennis et de padel, d’un grand centre sportif et du Jardin des Plantes. Pour ceux qui restent 1 nuit ou quelques jours, cela permet de faire autre chose que simplement passer au port. Enfin, il faut rappeler que Saint-Cyprien peut être une très bonne escale avant de poursuivre vers l’Espagne ou les Baléares. Pour les navigateurs qui descendent vers le sud, c’est souvent une étape naturelle. Et pour ceux qui souhaitent venir ponctuellement, notamment lors des grands événements comme le feu d’artifice, il est vraiment préférable d’anticiper, car une partie du quai d’accueil peut être libérée pour des raisons de sécurité liées au périmètre de tir. Notre conseil est donc assez simple : contacter la capitainerie, prévenir de son arrivée, expliquer son besoin et ne pas hésiter à demander. Que ce soit pour une escale, une aide à l’arrivée, une place à l’année ou une question technique, nous préférons que les plaisanciers nous sollicitent plutôt qu’ils partent du principe qu’il n’y aura pas de solution."
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