Gilet de sauvetage : quand doit-on obligatoirement le porter ?

Culture nautique

Faut-il simplement avoir un gilet à bord ou le garder sur soi pendant toute la navigation ? En France, la réponse dépend du type d’embarcation, de la pratique et parfois du statut du navire. Pour un bateau de plaisance privé classique, l’obligation générale porte d’abord sur l’emport d’un équipement adapté et accessible. Mais certaines activités imposent explicitement son port permanent.

Faut-il simplement avoir un gilet à bord ou le garder sur soi pendant toute la navigation ? En France, la réponse dépend du type d’embarcation, de la pratique et parfois du statut du navire. Pour un bateau de plaisance privé classique, l’obligation générale porte d’abord sur l’emport d’un équipement adapté et accessible. Mais certaines activités imposent explicitement son port permanent.

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À bord d’un bateau privé, emport obligatoire ne signifie pas port permanent

La division 240 fixe les règles applicables en mer aux navires, embarcations et engins de plaisance d’une longueur de coque inférieure ou égale à 24 mètres. Pour un voilier ou un bateau à moteur utilisé à titre personnel, elle impose d’embarquer un équipement individuel de flottabilité, ou EIF, pour chaque personne. Le texte précise même que, lorsqu’ils ne sont pas portés, ces équipements doivent être rangés de manière à rester rapidement et aisément accessibles.

Cette formulation est essentielle : sur un bateau de plaisance privé ordinaire, il n’existe pas, à l’échelle nationale, d’obligation générale de porter en permanence son gilet quelles que soient la météo et les conditions de navigation. Le contrôle porte notamment sur la présence du bon nombre d’équipements, leur niveau de performance, leur conformité, leur état et leur accessibilité. Un gilet enfermé sous des sacs au fond d’un coffre peut donc être présent sans répondre à l’esprit de la règle.

Le chef de bord reste responsable de la sécurité de l’équipage. Il doit apprécier les circonstances et peut imposer le port du gilet dès qu’il estime que le risque le justifie : navigation de nuit, mauvais temps, mer froide, visibilité réduite, équipier inexpérimenté, travail sur le pont ou manœuvre délicate. Une consigne donnée par le chef de bord n’est pas facultative pour l’équipage.

Quel niveau de flottabilité faut-il embarquer ?

Le niveau minimal dépend de la distance d’éloignement d’un abri et non de la distance à la côte. Un abri est un endroit où le bateau et son équipage peuvent se mettre en sécurité et repartir sans assistance, compte tenu des conditions du moment et des caractéristiques de l’unité.

Jusqu’à 2 milles d’un abri, chaque personne doit disposer d’un EIF d’un niveau de performance d’au moins 50. Entre 2 et moins de 6 milles, le matériel côtier prévoit un EIF d’au moins 100 par personne. De 6 à moins de 60 milles, le matériel semi-hauturier exige autant d’EIF de niveau 150 que de personnes à bord. Au-delà, le matériel hauturier reprend cette exigence.

Les enfants de 30 kg maximum constituent un cas particulier : ils doivent disposer d’un EIF de niveau 100, quelle que soit la distance d’éloignement. L’équipement doit surtout être adapté à leur masse et à leur morphologie. Un gilet adulte serré au maximum n’est pas un substitut acceptable.

Les équipements embarqués doivent être marqués « CE » ou « barre à roue » selon leur catégorie. Un modèle gonflable doit être entretenu conformément aux indications de son fabricant : cartouche en place, percuteur opérationnel, chambre intacte et date de révision respectée lorsque le fabricant en prévoit une. La valeur en newtons ne suffit pas à juger un gilet : sa capacité à retourner une personne inconsciente, sa coupe, son système de gonflage et son adéquation aux vêtements portés comptent aussi.

Scooter des mers : le gilet doit rester porté

Pour les véhicules nautiques à moteur, la règle est sans ambiguïté. Tous les pratiquants doivent porter en permanence un équipement individuel de flottabilité, y compris à moins de 300 mètres d’un abri. Le niveau demandé est de 50 jusqu’à 2 milles d’un abri et de 100 entre 2 et 6 milles.

Depuis la modification entrée en vigueur en 2023, chacun doit également porter un équipement en néoprène d’au moins 2 millimètres d’épaisseur, sous la forme d’un short, d’un shorty ou d’une combinaison intégrale. Cette protection vise notamment les blessures graves que peut provoquer le jet de la turbine lors d’une chute à l’arrière. Lorsque le scooter est équipé d’un coupe-circuit, le conducteur doit aussi le relier à son poignet, à sa jambe ou à un point fixe du gilet dès que le moteur est allumé.

Planches à voile, kite et planches nautiques à moteur

Pour les planches à voile, les planches aérotractées et les planches nautiques à moteur, le port permanent d’une aide à la flottabilité de 50 ou d’une combinaison appropriée devient obligatoire à partir de 300 mètres d’un abri. Le pratiquant doit également porter un moyen lumineux individuel étanche offrant au moins six heures d’autonomie.

Dans le cadre très encadré de certaines préparations sportives ou compétitions autorisées jusqu’à 6 milles, les pratiquants doivent effectivement porter une aide à la flottabilité de niveau 50, une combinaison protégeant le torse et l’abdomen et un moyen lumineux. La présence de bateaux d’intervention et de personnel qualifié complète alors le dispositif.

Pour un engin à sustentation hydropropulsé, de type flyboard, l’utilisateur doit porter en permanence une combinaison, une aide à la flottabilité d’au moins 50 adaptée à sa morphologie et un casque. S’il évolue seul, il doit également porter un moyen de repérage lumineux.

Kayak, paddle et embarcations à énergie humaine : attention aux nuances

La règle dépend de la catégorie de l’engin et de la distance parcourue. À moins de 300 mètres d’un abri, une embarcation propulsée par l’énergie humaine n’est pas soumise à l’emport du matériel de sécurité prévu pour l’extension de navigation. Jusqu’à 2 milles, si l’embarcation répond aux critères permettant cette extension, il faut embarquer autant d’EIF d’au moins 50 que de personnes.

Le texte parle alors d’emport, pas systématiquement de port. Une combinaison humide ou sèche peut remplacer l’EIF si elle est portée en permanence et remplit les conditions de flottabilité et de protection thermique. Pour certaines activités encadrées permettant à un engin de plage d’aller jusqu’à 2 milles, chaque pratiquant doit en revanche porter effectivement un EIF de 50 ou la combinaison prévue par le texte.

Les planches à pagaie restent limitées à 2 milles d’un abri lorsqu’elles ne sont pas classées comme engins de plage et satisfont aux caractéristiques nécessaires. Une planche gonflable de petites dimensions ou ne permettant pas de rester au contact et de remonter à bord peut demeurer juridiquement un engin de plage, donc limité à 300 mètres. Le fabricant peut par ailleurs fixer des limites plus restrictives que la division 240.

Annexe : le cas qui trompe souvent les plaisanciers

Une annexe est limitée à 300 mètres d’un abri, le bateau porteur étant lui-même considéré comme un abri. Lorsqu’elle navigue à moins de 300 mètres d’un abri côtier, aucun matériel d’armement n’est imposé, mais la réglementation recommande un EIF de niveau 50 par personne.

Lorsqu’une annexe mise à l’eau depuis le bateau porteur évolue à plus de 300 mètres d’un abri côtier, elle doit embarquer un EIF de niveau 50 par personne et un moyen de repérage lumineux. Là encore, l’emport ne doit pas être confondu avec une obligation nationale permanente de port. Dans la pratique, l’annexe cumule pourtant plusieurs facteurs de chute : faible franc-bord, surcharge, débarquement sur une plage et trajet nocturne. Porter le gilet y est souvent la décision la plus raisonnable.

Les navires professionnels obéissent à une règle plus stricte

Les navires de plaisance à utilisation commerciale, comme certains bateaux transportant des passagers, relèvent de la division 241. Pour les personnes embarquées, le port d’un équipement destiné à prévenir la noyade y est obligatoire en cas d’exposition au risque de chute à la mer, notamment la nuit, par visibilité réduite, par météo défavorable et lors des trajets en annexe.

Certains navires rapides ou conçus pour la compétition imposent également aux passagers le port en navigation d’un EIF muni d’un harnais. Ces règles professionnelles ne doivent pas être présentées comme l’obligation générale applicable à tous les voiliers privés, mais elles montrent les situations dans lesquelles l’administration considère le risque comme suffisamment élevé pour rendre le port impératif.

Une règle locale peut-elle imposer le gilet ?

Oui. Les arrêtés préfectoraux maritimes, règlements portuaires, arrêtés municipaux ou règlements particuliers d’une zone peuvent ajouter des prescriptions adaptées au plan d’eau, à une activité ou à une manifestation. Un loueur ou un club peut également imposer le port dans ses conditions d’utilisation, même si la règle nationale se contente d’un emport.

Avant de partir, il faut donc vérifier à la fois la division 240 et les prescriptions locales. Sur l’eau, le réflexe le plus sûr reste simple : le gilet est porté avant que la situation ne se dégrade. Une fois tombé à l’eau, il est généralement trop tard pour aller le chercher dans un coffre.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.