Cette ancre ne veut plus remonter : comment la libérer sans aggraver la situation

Culture nautique
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Une ancre peut se coincer sous une roche, dans une épave, autour d’une chaîne ou simplement rester profondément enfouie. La force brute est rarement la meilleure réponse. Avant de solliciter le guindeau ou de mettre quelqu’un à l’eau, il faut réduire les tensions, comprendre la direction du blocage et procéder par étapes.

Une ancre peut se coincer sous une roche, dans une épave, autour d’une chaîne ou simplement rester profondément enfouie. La force brute est rarement la meilleure réponse. Avant de solliciter le guindeau ou de mettre quelqu’un à l’eau, il faut réduire les tensions, comprendre la direction du blocage et procéder par étapes.

Commencer par arrêter de tirer

Lorsque la chaîne devient verticale et que l’ancre refuse de décoller, insister au guindeau peut endommager le moteur électrique, l’embrayage, le davier ou les fixations de pont. Le guindeau sert à virer le mou de la ligne de mouillage ; il ne doit pas remorquer le bateau ni arracher à lui seul une ancre coincée.

On stoppe la manœuvre, on éloigne mains et pieds de la chaîne tendue et l’on transfère l’effort sur un taquet ou une bitte dimensionnée, au moyen d’un dispositif adapté. Personne ne se place dans l’axe d’un cordage sous charge. Le barreur et l’équipier d’avant conviennent de signes simples, car le moteur et le vent rendent les paroles difficiles à entendre.

Revenir à la verticale avec le bateau

Dans une récupération normale, le moteur déplace doucement le bateau vers l’ancre pendant que l’équipier reprend le mou. Une fois à la verticale, une traction vers le haut décolle souvent une ancre qui était seulement bien enfouie. Le clapot et le mouvement du bateau peuvent aider, à condition de garder la tension maîtrisée.

Si l’ancre ne vient pas, on redonne un peu de mou puis on approche lentement depuis une autre direction. Tirer à l’opposé de la direction dans laquelle elle s’est engagée peut libérer une patte prise sous une roche ou un objet. La manœuvre doit rester lente : une accélération brutale transforme la chaîne en projectile potentiel et peut faire embarquer de l’eau par l’étrave.

Changer l’angle, pas multiplier la puissance

Le pilote observe la direction de la ligne et évite que le bout ou la chaîne passe sous la coque. Sur un bateau à moteur, la proximité de l’hélice impose une attention absolue : au moindre doute, on remet au point mort et on laisse retomber la tension. On ne recule jamais à l’aveugle sur une ligne flottante.

Une rotation progressive autour du point de blocage permet parfois de retrouver l’angle de sortie. Si la marée est en train de monter, on peut aussi reprendre la ligne sur un point solide et laisser l’augmentation de flottabilité créer une traction douce, sous surveillance constante. Cette méthode n’est acceptable que par mer calme, avec assez de hauteur d’eau et sans charge excessive sur l’accastillage.

La ligne de orin : utile si elle a été préparée

Une ligne fixée au diamant, c’est-à-dire à l’arrière de l’ancre, permet de la tirer en sens inverse. Elle peut rejoindre une petite bouée en surface ou être ramenée discrètement le long de la ligne principale. Lorsque l’ancre est bloquée, cette traction arrière est souvent efficace.

Mais un orin improvisé après le problème n’existe pas : il aurait fallu l’installer avant de mouiller. Une bouée d’orin peut gêner les autres bateaux, se prendre dans une hélice ou s’emmêler avec la ligne principale. Dans un mouillage fréquenté ou soumis à un fort courant, le remède peut devenir un danger. Le montage doit être dimensionné, clairement identifié et adapté au lieu.

 

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.